Chers Amis,
Aujourd’hui nous sortons du mois de Nissan pour aborder le mois de Iyar désigné dans la Torah par le « deuxième mois » le nom de IYAR n’étant pas connu aux temps bibliques. Les Sages ont trouvé un « péroush » ou signification à ce mot en le décortiquant ainsi : le alef étant l’initiale du mot ANI, les deux youd suivants désignant HaShem et le « resh » étant l’initiale du mot ROF’EKHA = ton médecin. soit : Moi, HaShem, Je suis ton Médecin.
Les Sages du Talmud prêtent à ce mois une ségoula toute particulière de rétablissement ou de guérison et, s’il pleut pendant ce mois, il est vivement conseillé de s’exposer un peu pour recevoir quelques gouttes de pluie sur soi à des fins de guérison et/ou de boire quelques gouttes de cette pluie bienfaitrice.
Ce mois est, dans la Torah, le mois de la seconde chance car, si pour des raisons de pureté il n’a pas été possible à quelqu’un de célébrer Pessah, il est alors possible de faire « Pessah Sheni » : voir nos explications.
C’est aussi au cours de ce mois d’Iyar qu’auront lieu les Hilouloth de deux
Grands Maîtres du Judaïsme : Rabbi Méïr baâl HaNess et Rabbi Shim’ôn bar Yohay, c’est encore lors de ce mois que le 33ème jour de la supputation de l’Omer s’est arrêtée brutalement l’épidémie qui décima les rangs des 24,000 élèves du grand Rabbi Akiva ce qui permet alors de reprendre les célébrations de mariages notamment à partir du 33ème jour de l’Omer ou Lag BaOmer..
En souhaitant à tous une excellente santé et de bonnes nouvelles à partager.
Cordialement à tous.  Caroline Elishéva REBOUH

LA PURETÉ ET LE LASHON HARA (LA MÉDISANCE)

Ces deux péricopes sont couplées et il y sera question de la pureté et de la médisance et des retombées de cette médisance qui, sous des aspects inoffensifs peut avoir des conséquences redoutables pourtant.

La section de Tazria traite de la pureté après des naissances de garçons ou de filles et la façon de traiter les différentes étapes suivant les accouchements.

La parasha qui suit celle-là est celle consacrée à la lèpre : tsaraât צרעת.

Avant d’avancer dans cette étude il est important de distinguer la lèpre « biblique » de la lèpre connue dans le domaine médical international : en effet, les deux lèpres comportent des différences d’importance : l’affection biblique peut atteindre trois « objets » : le corps, les vêtements et l’habitation et de plus, elle n’est pas contagieuse, d’autre part, seul le Cohen Gadol a la faculté de voir les indices de la maladie et est capable de l’identifier et pas un médecin. La lèpre, connue dans le registre médical, est une maladie infectieuse, mutilante et éminemment contagieuse qui n’affecte que le corps humain et seul un médecin peut en diagnostiquer l’apparition.

La Torah insiste sur les taches cutanées ou pas qui permettent d’établir avec précision au Cohen qu’il se trouve en présence de l’un des cas cités dans la parasha. Les exégètes s’interrogent sur l’ordre d’importance des cas de tsaraâth car, la sidra prend en considération les signes développés sur le corps humain alors, qu’en réalité le signe le plus bénin s’attache à la lèpre sur les pierres des maisons, puis, sur les textiles et enfin sur le corps. La réponse est que pendant la traversée du désert, toutes les conditions n’existaient pas encore étant donné que ce peuple ne possédait pas de maisons : ils attendaient d’en construire en entrant sur cette Terre Promise et, la lèpre ne pouvait s’attaquer aux textiles puisque les vêtements endossés à l’heure de la Sortie d’Egypte sont restés les mêmes quarante années durant, sans qu’il n’y ait ni usure, ni salissure, ni que se défraîchissent les vêtements ; seuls les corps pouvaient, en conséquence, être affectés.

Autre précision et non des moindres la tsaraâth ne pouvait affecter en principe que ceux qui avaient accepté le joug de la Torah : les descendants de Jacob cette affection n’atteignant que des personnes dont le comportement appelait une « punition » (et pas les autres peuples) et le Grand Prêtre ne pouvait poser son diagnostic que certains jours.

Dans certains cas, les exégètes se rapportent à la lecture de la Haftara attribuée à une lecture hebdomadaire et dans le cas qui se pose à nous cette fois-ci, les deux sidroth étant couplées c’est la Haftara de Gehazi qui sera lue.

La Haftara est une portion prise dans les livres des Prophètes ou des Hagiographes –nakh en abrégé ou Neviim ou ketoubim – dont le sujet est en rapport avec la lecture du Pentateuque de la semaine en question. En fait, la haftara de Tazriâ est très rarement lue et ce sera donc la Haftara de Metsorâ qui sera chantée.

Dans cette lecture, il s’agit d’un cas historique mettant en scène des personnages importants et à une action qui demande à être disséquée car elle contient des enseignements d’importance : en effet, il y avait en Israël deux royaumes : Juda et Israël. Il y avait à cette époque un prophète qui se nommait Elishâ (HaNavi) qui avait succédé à Eliyahou HaNavi. Un roi d’Israël Yehoshafat (Josaphat). Un royaume ennemi : Aram. Le second du roi d’Aram était Naâman. Elishâ HaNavi avait un aide du nom de Guéhazi (qui, d’après le Yéroushalmi) était extrêmement savant en Torah.

L’histoire rapportée dans cette section est celle de Naâman guerrier et second du roi d’Aram. Il avait fait prisonnière une jeune-fille juive et il a tué le roi Yéhoshafat, à la suite de quoi, il fut atteint de tsaraâth (lèpre). Les commentateurs expliquent les raisons de cette lèpre qui n’aurait – normalement pas dû atteindre ce Naâman qui ne faisait pas partie de la Maison d’Israël : d’une part, il détenait une prisonnière juive et il aurait pu lui nuire un jour ou l’autre et d’autre part, il comprenait le fait que d’avoir – même si ce fut accidentel – tué Yehoshafat, roi d’Israël, comportait pour lui un châtiment.

Or, cette prisonnière juive, sachant que Naâman était lépreux conseilla donc à celui-ci de s’adresser au prophète Elishâ afin que celui-ci pût lui donner un remède : le Cohen soignant les Juifs, le prophète pouvant soigner un non-juif.

Elishâ disposait de plusieurs façons de soigner l’une d’entre elles étant de faire un « miracle » ou mofeth par l’intermédiaire de la nature : le prophète choisit cette formule et indiqua à Naâman d’aller se tremper à 7 reprises dans les eaux du Jourdain. Il hésita mais, fit ce qu’il avait à faire et le miracle se produisit : sa peau recouvra son état sain et il fut émerveillé de la Toute Puissance de D et promit de se convertir et d’adopter la religion……

Mais voici que se produisit un événement inopportun…….

Après avoir été témoin et bénéficiaire du « miracle » de sa guérison, fou d’admiration et de reconnaissance, l’officier du roi d’Aram se rendit à nouveau chez Elishâ HaNavi et lui offrit de le payer largement pour ses bienfaits mais le prophète refusa tout net en expliquant que le miracle ne pouvait être en contrepartie d’un règlement.

Naâman fit part de sa volonté de se convertir et se retira. Chemin faisant, il fut accosté par Guéhazi, assistant d’Elishâ, qui s’adressa à lui avec tous les égards dûs à son interlocuteur et prétextant venir l’interrompre en son voyage sous l’instigation de son maître pour lui réclamer de l’argent et des vêtements luxueux.

Naâman n’en crut pas un mot et lui proposa de prêter serment pour le convaincre du fait qu’il avait bien été envoyé par le prophète. Devant ce mensonge éclatant, Naâman ajourna ses projets de conversion.

C’est la raison pour laquelle le mensonge, la médisance, le persiflage peuvent avoir des conséquences incalculables…

Ainsi, lors de la faute originelle, le serpent avait-il raillé les propos divins en attirant le premier homme de la terre à contrevenir aux consignes de l’Eternel pour des fins inavouables et la conséquence fut terrible pour lui car, le serpent était muni de pattes et avait un corps uniforme alors qu’après cet évènement, ses pattes disparurent et il devra à jamais mordre la poussière mais aussi, ses écailles forment des « taches » marqué ainsi à jamais du fait qu’il a dénigré, raillé, persiflé les paroles divines.

Caroline Elishéva REBOUH

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