MOSQUEE DE ST DENIS - Priere dans la nouvelle mosquee de la rue Henri Barbusse - A St Denis - Le 11 mai 2018 - Photo : Yann MAMBERT/CIT'images

Séparatisme : l’Islam mal inspiré par l’exemple juif

Le 2 décembre 2020, le Président de la République  Emmanuel Macron s’est exprimé sur le projet de loi sur les séparatismes qui sera présenté en Conseil des Ministres le 9 décembre prochain. Il a expliqué comment le séparatisme islamiste a mis en place « une organisation méthodique pour créer un ordre parallèle à celui de la République ». Effectivement, depuis près de 2 décennies, on observe en France un phénomène tout à fait particulier : l’Islam cherche à s’imposer dans certaines sphères sociale, comme s’il devait devenir la référence exclusive du fonctionnement de la société, comme un modèle annexe, bien qu’incompatible avec de la République. La question peut en réalité se poser de savoir si les adeptes de l’Islam n’imaginent pas, de façon maladroite, pouvoir s’inspirer des conditions dans lesquels l’Etat d’Israël s’est constitué et imposé pour devenir l’Etat Juif.

Pour les fondamentalistes islamistes, l’Etat d’Israël n’est pas le résultat d’une promesse que le Ciel a faite au peuple Juif : il est juste la conséquence d’un phénomène migratoire de juifs qui ont décidé de s’établir en Palestine. Les juifs sont ainsi venus des pays dans lesquels ils étaient disséminés, ont acheté des terres, construit des immeubles, des écoles, des synagogues, créé une atmosphère juive, mis au centre du fonctionnement social les traditions cultuelles et culturelles juives et, finalement, décidé de créer l’Etat juif qui porte le nom d’Israël. En somme, pour les tenants de l’Islam, l’Etat d’Israël est un peu comme une manifestation d’un séparatisme confessionnel juif en Palestine. D’ailleurs, lorsque les arabes de Palestine se sont inquiétés de l’importance des migrations juives en Palestine dans les années 30, ils ont demandé à la Grande Bretagne (qui disposait d’un mandat d’administration sur le territoire) de la limiter. Rien n’y a fait.

L’Islam imagine donc pouvoir calquer ce mode opératoire, notamment en France, où les conditions sont excessivement favorables pour la mise en place d’un Etat islamique : le France est tout d’abord une terre d’accueil et de tolérance qui favorise la venue des personnes discriminées dans le monde. Or, une multiplicité d’outils juridiques permet de venir s’y installer. En outre, le régime démocratique est tout à fait adapté : en France, la Loi ne vient pas du Ciel mais d’un groupe majoritaire de personnes : il suffit donc de créer une majorité humaine pour imposer une sensibilité spécifique. Par ailleurs, la France, comme bon nombre de pays européen a renoncé à ses symboles nationaux historiques (comme s’il s’agissait d’un abandon de l’identité historique) : le franc au profit de l’Euro, les frontières, la soumission des Lois aux principes d’émanation européennes, le service militaire national… un comme si le pays était prêt à accueillir une identité nouvelle. Enfin, le principe de laïcité qui s’est, au fil du temps, transformé en athéisme, constitue une véritable aubaine : l’Islam se propose d’offrir un accès à la spiritualité à tous ceux qui en sont à la recherche ou qui en sont privés.

Pour les fondamentalistes musulmans, le contexte semble tout à fait approprié pour permettre à l’Islam de s’imposer comme référence sociale et identitaire, tout au moins, et dans un premier temps, par endroit. L’inconvénient résulte juste de ce que les valeurs en Islam ne peuvent s’harmoniser avec les références historiques judéo chrétiennes de la France, ni avec le mode de vie auquel les français se sont habitués. L’Islam procède donc, secteur par secteur.

Pour autant, les circonstances sont différentes : lorsque les juifs se sont établis en Palestine, la terre était largement désertique (comme c’est toujours le cas de régions entières en Israël) alors que la France compte 65 millions de personnes dont la majorité n’est (encore) pas prête à renoncer à ses acquis historiques. L’Islam imagine donc pouvoir procéder par petite touche.

En 2002, Georges Bensoussan a compilé, dans son ouvrage « les territoires perdus de la République », un ensemble de témoignages d’enseignants qui dénonçaient les dérives communautaristes dans les quartiers difficiles et l’amplification de comportements misogynes, antisémites et la culture d’une haine anti française. Il n’est donc pas surprenant que 19 ans plus tard, le Président Macron décide de prendre les mesures pour régler le problème en rappelant « Nous ne sommes pas une société d’individus, nous sommes une Nation de citoyens. Notre plus beau trésor, c’est ce bloc que nous formons, il est un et pluriel ». De même, Le 21 septembre 2020, la Ligue de l’Enseignement a martelé : « il ne faut rien céder à ceux qui prétendent que les lois de leur Dieu sont supérieures aux lois de la République ».

Le Ministère de l’Intérieur Darmanin a donc rédigé l’avant-projet de loi « confortant la laïcité dans la République et visant à lutter contre le séparatisme à fondement religieux » dans la mesure où en France, aucune religion n’est supérieure à une autre. Pour sa part, Marlène SchiappaMinistre déléguée chargée de la citoyenneté, a rappelé que depuis 2017, le gouvernement avait fait fermer 250 lieux publics qui prêchaient une idéologie séparatiste (débit de boisson, écoles,…). Si elle n’entend pas stigmatiser une religion (puisque sont également dans le viseur « les suprématistes blancs » à l’origine de dérives sectaires), elle a indiqué que l’islam radical restait, actuellement, la principale menace en France. Aussi, et afin de protéger la laïcité, elle a défini le séparatisme comme étant « l’action de constituer un groupe qui a pour but de s’organiser en marge de la République et de manière hostile à la République et souvent de façon violente ».

Parmi les mesures envisagées par le projet de Loi, il est prévu que l’instruction obligatoire se fasse à l’école, dès l’âge de 3  ans (et non par des femmes en niquab qui n’enseignent que les prières ). De même, les maires feront l’objet d’un plus grand contrôle par les préfets (notamment pour éviter qu’ils n’imposent des menus confessionnels dans les cantines scolaires ou qu’ils fixent des créneaux d’accès aux piscine en fonction du sexe du nageur). Les associations seront dissoutes « en cas d’atteinte à la dignité de la personne » ou d’exercice de « pressions psychologiques ou physiques ». Une charte de laïcité devra d’ailleurs être signée à cet effet. De plus, les certifications de virginité exigées avant le mariage devraient être pénalisées.

Notons en outre la fin de l’Enseignement Langue et Culture d’origine (ELCO), dispensés à l’école, par des enseignants recrutés, payés et encadrés par les pays ême d’origine. De même, il sera imposé une obligation de neutralité religieuse des salariés des entreprises délégataires d’un service public, tout comme un meilleur contrôle du financement des lieux de culte pour éviter les « putschs que les extrémistes des mosquées seraient tentés de commettre ». Enfin, le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) devra être aidé pour structurer l’islam de France et en être responsable grâce à une labellisation des formations d’imams, la délivrance de « certification des imams », et un engagement de faire respecter une charte de valeurs….10 M€ devraient être versés  pour la « Fondation de l’islam de France » afin de disposer d’un travail d’histoire et de connaissance de la culture musulmane, au travers, notamment, d’un « Institut scientifique d’islamologie »…

Les juifs ne se sont pas établis en Israël par hasard. C’est sur ces terres que s’est construite leur histoire, qu’ont vécu les prophètes, et sur lesquels ils ont décidé de mettre en œuvre leur projet philosophique. En diaspora, ils se sont toujours adaptés à la loi du pays. Il conviendrait pour l’Islam d’en faire autant sur le sol français.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

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