Qu’est-ce qu’une guerre civile d’atmosphère?
Aveuglement ou collaboration
Charles Rojzman*
Le plus inquiétant n’est pas que les partis politiques s’opposent de plus en plus violemment à l’Assemblée nationale, ou que les débats médiatiques s’enflamment. Le plus inquiétant, c’est que les fractures sont descendues dans les consciences. Les citoyens ne forment plus vraiment un peuple uni, ils deviennent des camps retranchés et des forteresses de ressentiment…
Il y a des événements qui révèlent plus que mille discours. L’affaire de cette étudiante palestinienne de vingt-cinq ans, idéologiquement proche du Hamas et auteure de tweets d’un antisémitisme d’une violence nue, appartient à cette catégorie. Vingt-cinq ans: l’âge où les convictions ne sont plus des maladresses, mais des choix assumés. Ce qu’elle a écrit ne relève pas d’un excès de jeunesse mais d’un imaginaire formé dès l’enfance: la haine du juif comme principe fondateur et, derrière elle, la volonté d’anéantir ce qu’il incarne – un monde, une mémoire, une altérité – pour imposer à l’Occident sa conversion idéologique et religieuse. Le Juif n’est ici qu’un avant-poste : c’est l’Occident lui-même qui est visé, non seulement pour être détruit, mais pour être refondu dans un autre ordre moral, un autre récit de civilisation.
Et pourtant, cette jeune femme a été accueillie comme réfugiée, inscrite à Sciences Po Lille, hébergée par son directeur. Ce n’est pas simplement de la naïveté. Ce geste est un basculement. Il ne s’agit pas seulement d’offrir l’asile à une personne : en fermant les yeux sur ce qu’elle porte en elle, c’est une idéologie que nous introduisons au cœur de nos institutions. Et elle n’est pas seule. D’autres viendront. D’autres jeunes adultes, Palestiniens ou non, nourris depuis l’enfance à la haine du Juif et au rêve d’un Occident humilié, converti de force à leur récit.
Alliances douteuses
Il faut cesser de croire qu’il ne s’agit que d’un aveuglement. Ce sont déjà des complicités. Derrière la façade de l’humanisme, il y a des alliances silencieuses, des trahisons qui se préparent, certaines déjà à l’œuvre. Dans les années 30, les élites françaises et européennes, persuadées de défendre la paix universelle, ont tendu la main à des forces qui allaient devenir l’instrument de la collaboration. Elles croyaient défendre la civilisation ; elles en préparaient la reddition. Aujourd’hui, nous répétons ce geste: accueillir au nom de la générosité une idéologie dont le but avoué est la soumission et la transformation de notre monde.
Je n’ai pas découvert ce discours sur les réseaux sociaux. Il y a vingt ans, à Marseille, l’école de police avait choisi de loger ses élèves au cœur d’une cité sensible. Ces jeunes policiers vivaient plusieurs semaines dans les mêmes immeubles que les habitants. J’ai animé des rencontres entre les policiers et les adolescents de ce quartier. Et déjà, ces jeunes regardaient les vidéos du Hamas, glorifiaient ses combattants, commentaient les attentats comme des victoires. C’était il y a vingt-cinq ans. Cette culture n’a pas disparu ; elle s’est enracinée, consolidée, et elle entre désormais par nos frontières, protégée par le masque de l’asile.
Pendant que nous sanctuarisons cette idéologie au nom d’un humanisme devenu aveugle, un autre signe retentit, implacable : les juifs quittent à nouveau l’Europe. Leur départ n’est jamais une donnée statistique, mais une alarme historique. Dans les années 30, leur exode annonçait que la civilisation européenne était prête à se trahir elle-même. Aujourd’hui, leur fuite nous dit que l’air est redevenu irrespirable, que la guerre civile d’atmosphère est déjà là, avant même que les armes ne parlent.
Le grand effacement
Ce n’est donc pas seulement de l’aveuglement. C’est un mouvement plus profond : l’acceptation passive, parfois complice, de l’anéantissement des juifs comme prélude à la conversion forcée de l’Occident. Une nation qui fait de ce projet le symbole de sa générosité n’est pas seulement perdue : elle prépare son effacement. Et c’est ainsi que commence une guerre civile d’atmosphère : par ces signes diffus, ces silences complices, ce brouillard moral qui précède toujours les catastrophes visibles.
Qu’est-ce qu’une guerre civile d’atmosphère ? Ce n’est pas la guerre ouverte, avec ses colonnes de fumée et ses cadavres au coin des rues. Ce n’est pas encore l’embrasement des quartiers, l’affrontement des milices, le fracas des armes. C’est autre chose, de plus sourd, de plus insinuant : une tension diffuse, qui s’épaissit dans l’air au point que chacun la respire sans même la nommer. C’est une guerre invisible, sans déclaration ni front officiel, mais dont tout le monde pressent qu’elle est déjà commencée dans les têtes et qu’elle pourrait, à la moindre étincelle, se matérialiser en actes.
Avant les blessures irréparables, avant les pages sanglantes de l’Histoire, il y a l’ambiance. Ce mot, banal et pourtant décisif, dit tout : l’atmosphère sociale, ce climat d’invisible qui imprègne les gestes, les regards, les silences, jusqu’aux réseaux où circulent les colères anonymes. Une ambiance de guerre civile, c’est quand le lien social cesse d’être une évidence et devient un champ de suspicion. Ce n’est pas la rupture brutale mais la fissure progressive, le tissu du commun qui se délite fil après fil, jusqu’à ce que tout se rompe. Ce n’est pas encore l’odeur du sang, mais déjà la crispation des mâchoires, l’évitement de l’autre, la haine muette. On ne s’écoute plus. On ne parle plus que pour s’invectiver. La conversation se transforme en ligne de front.
Drôle d’ambiance
Le plus inquiétant n’est pas que les partis s’opposent, que les débats médiatiques s’enflamment. Le plus inquiétant, c’est que cette fracture est descendue dans les consciences. Les citoyens ne forment plus un peuple ; ils deviennent des camps retranchés, des forteresses de ressentiment. L’adversaire politique cesse d’être un contradicteur : il devient un traître. Dans une guerre civile d’atmosphère, l’autre n’est plus un partenaire de débat ; il est celui avec qui toute coexistence devient impossible. La politique ne consiste plus à chercher des compromis mais à désigner des ennemis.
Depuis longtemps, je l’affirme : la guerre civile commence dans les têtes avant de se manifester dans les rues. Avant les balles, il y a les regards qui se détournent. Avant les barricades, il y a les mots qui blessent. Avant la tragédie, il y a ce refus de reconnaître en face de soi un semblable.
Et aujourd’hui ? Est-il trop tard ? Trop tard pour réparer les morceaux épars de ce corps social que tout semble pousser à la dislocation ? Peut-on encore recoudre l’esprit d’une nation quand chacun vit dans une mémoire blessée et une peur de l’avenir ? J’ai longtemps voulu y croire. J’ai voulu parier sur la possibilité d’un sursaut : que la conscience du péril nous ramène à l’essentiel. Mais je vois les lignes se durcir, les rancunes s’installer, les haines devenir habitudes. Et le doute s’insinue.
Ce qui glace, c’est que cette fissure ne concerne pas seulement la France. C’est tout l’Occident qui se défait. Non pas sous l’effet d’un ennemi extérieur, mais par usure intérieure : par ses divisions, ses rancunes accumulées, son épuisement spirituel. Nous devenons faibles parce que nous avons cessé de croire en un avenir commun. Et l’histoire nous donne un signe : déjà, des juifs commencent à quitter l’Europe. Encore. Toujours eux, éternels baromètres de la santé morale d’un continent. Leur départ n’est jamais anodin : il annonce la faillite d’un monde. Quand les juifs s’en vont, c’est que la civilisation se prépare à se trahir elle-même.
Il ne s’agit plus seulement de préserver une capacité abstraite à être ensemble. Nous sommes entrés dans un combat pour la survie même de la nation, avec tous ceux qui, quelles que soient leur confession, leur couleur de peau ou leurs origines, choisissent résolument d’en faire partie et de la défendre. Ce n’est plus une question morale mais une bataille existentielle : maintenir un pays vivant, ou le voir se dissoudre dans une guerre intérieure larvée dont nous aurons nous-mêmes pavé le chemin.
Sommes-nous encore capables de livrer ce combat ? De reconnaître nos alliés véritables et nos ennemis réels ? De briser la complaisance et de nommer ce qui menace ? Je l’ignore. Mais il reste peut-être un court instant avant la bascule. Alors, parlons. Écoutons. Rassemblons ceux qui veulent encore que ce pays vive, et faisons-le avec lucidité. Car une guerre civile d’atmosphère ne prévient pas. Elle est là, silencieuse, et un matin, elle a déjà changé l’air que l’on respire.
*Essayiste et fondateur d’une approche et d’une école de psychologie politique clinique, » la Thérapie sociale », exercée en France et dans de nombreux pays en prévention ou en réconciliation de violences individuelles et collectives.
Source: causeur.fr
Deauville, mai 2025 © SICCOLI PATRICK/SIPA
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Non tout le monde n’est pas corrompu en France
Il y a des personnes convaincues et loyales envers le pays
Mais on les empêche dans leurs fonctions ou autre. Je l’ai vécu.
Bien-sûr que tout le monde n’est pas corrompu en France. Il faut forcément des pigeons et des proies, sans lesquels le corrompu ne pourrait pas exister. La France est le pays du Roman de Renard, de la farce de Maître Pathelin, des fables de La Fontaine inspirées d’Ésope, etc.. La culture française c’est de toujours chercher à » baiser » les autres, dans le domaine public, comme dans le privé. Balzac a beaucoup écrit sur cela. Dans un pays de veaux beuglants, les petits malins corrompus l’ont belle. Empêcher les gens valables dans leurs fonctions, leur mettre constamment des bâtons dans les roues, c’est classique et très fréquent, et les magistrats et policiers merdeux étant eux-mêmes corrompus, donnent leur bénédiction. Le problème c’est que quand un ennemi attaque le pays, c’est chacun sa peau et D. pour tous, relire le Juif Marc Bloch, et donc les allemands, comme les arabes actuellement, entrent en France comme dans un moulin.
La frustration exacerbée par l’arrogance est un très mauvais cocktail.
De Gaulle dans sa logique de pays dominateur et complexe par rapport au pays libérateur les USA dont il en refusait l’alignement, ce qui n’est pas forcément critiquable n’a pas vouloir à quoi la France aller s’allier et s’aligner. La volonté de non alignement s’est en partie traduite à une politique de plus en plus hostile à un allié des USA au moyen orient Israël.
Mai 68 la gauche veut reprendre ce non alignement et commence son travail de deligitimation d’Israel, puis l’accusation d’arpartheid et tout les artifices diffamatoires ou tout les mots perdes leurs sens.
L’esprit inquisitoire s’installe dans les cerveaux avec une arrogance sans limite et une cupidité pour le spectateur du JT de 20h. on se fait juge du monde sans rien y connaître
On se trucide sur les plateaux de télé ou des animateurs organisent des claches…..
Et puis le 9/11/2001 le gloubiboulga de ce ramassis d’abrutis de gauchiste qui pour se consoler d’avoir un poil dans la main, vont faire des youyous avec leurs nouveaux alliés avec lesquels ils pourront faire leur révolution et combattre l’ennemi américain et sioniste bien sûr sans le consentement de la majorité de la population qui ne souhaite que vivre en paix et garder leur identité mais malheureusement pour elle n’a pas ou n’a pas voulu voir que leur paix, leurs valeurs et leur identité a été dilapidé et bradé sur le marché des pétrodollars.
Le réveil ne peut être que difficile….très difficile !
Macron aura beau s’aplatir et aplatir la France sur le dos d’Israel , il aura été comme je l’ai toujours dit le liquidateur de la France.
Je ne sais pas comment a pu redémarrer la France après 1945. Pour accréditer le mythe gaulliste, il fallait mettre le couvercle sur la marmite en ébullition, et donc la censure et propagande des gouvernements successifs ont certainement empêché les historiens sérieux de travailler sur cette époque. Je pense que l’économie mixte, en Réalité communiste, et l’institution de l’État providence, donc l’institution d’une dépendance de l’état, ont joué fortement pour essayer de redémarrer une fausse nation. Il y avait probablement autant de corruption que maintenant, notamment dans l’appareil judiciaire et policier. Dois-je rappeler que dès 1942, la France avait été rayée de la carte géographique par les allemands, que Roosevelt la voyait comme un pays allié de l’Allemagne et donc comptait l’occuper, et qu’en 1945 la France commençait à se fragmenter en différents états tels la République du Sud-ouest par exemple. Je ne crois pas à un non alignement de la France sur le grand-frère américain. Sans le Plan Marshal en 1947, la France n’aurait pas pu financer son industrie, et sans les livraisons d’armes américaines, elle n’aurait pas pu mener la guerre d’Indochine.
Pour Israël, ce pays n’a pas eu de bonnes relations avec les USA entre 1947 et 1964. Ben Gourion, en fin politicien avait adopté une politique de non-alignement sur les 2 hyper puissances de l’époque.
C’est surtout après juin 1967, qu’une partie de la gauche française a clairement affiché son antisémitisme. En mai 68, la gauche a échoué à faire virer De Gaulle et a prendre le pouvoir, qu’elle n’aura qu’en mai 1981. La politique antisémite et pro-arabe, affichée par De Gaulle en 67, a été ensuite maintenue par tous les gouvernements successifs, de droite comme de gauche. Les causes de la chute de la France sont bien antérieures à Macron. Ce n’est qu’un gamin irresponsable, mis en place par des lobbies pour empêcher l’effondrement du pays dans la guerre civile, mais ce n’est que partie remise car le pays est irrécupérable.
Le français est froussard à l’extrême
À peur de tout se noie dans un verre d’eau et se paralyse tout de suite de frayeur, quand vous annoncez des mesures fermes contre un peuple qui la douceur ne comprend pas qui ne comprend et ne respecte que la force, il se met à trembler et à bêler en vous traitant d’extrêmiiiiiiiiiste, et n’a bien sûr rien à proposer
Syndrome de Stockholm à outrance
Sentiment patriotique ? Il rigole…
En 2023 j’ai ressenti ce marasme en métropole. Victimes de leur propre pleurnicherie, peur et végètent ce qui renforce en cercle vicieux le ressentiment et ainsi de suite.
On ne peut rien faire….
Et lorsque l’événement a eu lieu
Ah ben de toute façons on ne pouvait rien faire…
Je suis partie, c’était insupportable !
Je ne suis pas capable de définir des caractéristiques communes aux » français ». Pour moi, il n’existe pas de peuple français, c’est un amalgame de populations très différentes entre-elles. Bien-sûr le fait qu’il y ait eu 41 millions de pétainistes en 1940 en dit beaucoup. En règle générale, le français est certes un grand trouillard, mais surtout un grand gamin irresponsable. Il attaque et écrase lâchement le petit, mais lèche le cul des allemands, plus forts que lui. Malgré tout, entre le breton, l’alsacien, le flamand, l’occitan, le basque, le corse, le savoyard, le marseillais, le niçois, le catalan, l’auvergnat, etc., les différences sont énormes, et le fil unificateur casse très facilement dans l’histoire. Actuellement, avec la mondialisation, stimulée par la gauche française, les différences sont souvent encore plus importantes pour prétendre avoir une nation dans les circonstances actuelles. Il y a des populations noires africaines, des arabes moyen-orientaux, des maghrébins, des asiatiques, des slaves, etc, et chaque ethnie compte plusieurs peuples très différents entres-eux..
Les Juifs n’ont pas ce problème, car ils ont de très forts fils unificateurs entres-eux. Qu’ils soient séfardim, askénazim ou mizrahim, ils se reconnaissent très facilement entres-eux.
Je ne sais pas ce que veut dire le nationalisme français. À la Révolution Française, il y avait déjà une guerre civile entre gaulois représentants le peuple, et les francs représentants la noblesse et qui justifiaient leurs privilèges par une supposée intelligence supérieure d’origine germanique. Je vois toujours cette opposition actuellement, mais je pense que la guerre civile qui vient sera d’abord interethnique entre musulmans et chrétiens.
Mr Rojzman, je ne sais pas de quelle génération voue êtes, mais vous prétendez réaliser de l’analyse politique de la France en ignorant l’histoire de ce pays.
La France n’est qu’une fausse nation, et comme conséquence la loi fondamentale n’y est pas » chacun pour soi et D. pour tous » mais » voles et arnaques qui tu peux ». Cette qualité de fausse nation est flagrante depuis au moins les années 1930. Je n’ai pas suffisamment étudié la situation politique antérieure de ce pays, mais je pense que la monarchie absolue de l’ancien régime, le centralisme jacobin, puis la dictature bonapartiste, avaient pour but de maintenir par la force une fausse nation.
Dès 1936, les communistes annonçaient qu’en cas de guerre ils n’iraient pas, car n’avaient rien à défendre. En mai-juin 1940, la majorité des français ont préféré refuser de combattre. Ensuite, les mouvements séparatistes des provinces françaises ont accueilli les allemands en libérateurs, et furent parmi les premiers à collaborer, Alsace et Flandre certes, détachées de la France par les allemands, , mais aussi Bretagne et Corse. À la Libération de 1945, la France était déjà en guerre civile, et les guerres coloniales n’ont pas pu en être le dérivatif. En mars 1962, Raymond Aron justifiait la dictature gaulliste par » un peuple corrompu », mais il n’affirmait pas la qualité de cause nation, ce qui était contradictoire. La gauche, revenue au pouvoir en 1981, a considéré que la solution au problème était la mondialisation et le grand remplacement. On en voit le résultat maintenant.
Entré en France en 1962, j’ai constamment subi la corruption de la fausse nation. Vivre dans une fausse nation de pervers et corrompus, en guerre civile constante, ne peut mener à rien de valable. Les corrompus n’en n’ont que faire de l’idée de nation. J’ai été piégé, dès l’enfance, dans une fausse nation manipulée par de la propagande merdeuse et il m’a fallu des décennies pour en prendre conscience et en sortir. Aussi, je rejette votre analyse qui n’apporte rien de nouveau.