La liberté d’expression : « C’est la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie
d’entendre. » Georges Orwell.
Liberté d’expression pour tous ? La publication sur YouTube d’extraits d’un film
islamophobe et de caricatures à thèmes religieux par le journal satirique « Charlie Hebdo » semblent avoir mis le feu aux poudres dans le monde entier. On ne peut, en effet qu’être saisi par les déferlements de haine qui ont suivi, et par l’apparente impréparation des dirigeants face à tant de fureur. Il faut rajouter à cela certains propos « relativistes » ayant tenté de mettre tous les protagonistes au même niveau de responsabilité dans la dégradation d’un équilibre déjà fort précaire. A l’opposé, les prises de position courageuses appelant à la raison, ont eu bien du mal à émerger de ce vacarme assourdissant, une fois la machine infernale lancée.

En cette période troublée, la violence tient souvent lieu d’argument. La liberté
d’expression si durement acquise dans les démocraties, et quasiment absente dans le reste du monde, court aujourd’hui le risque d’être confisquée par l’intolérance d’une minorité agissante. L’appel aux consciences lancé en son temps par Albert Einstein, reste malheureusement d’une actualité brulante.

La version « officielle » ? Le détonateur aurait été le film « L’innocence des musulmans » dont la presse internationale s’est faite largement l’écho en précisant que le responsable de ce « navet de série Z », Sam Bacile, était « un promoteur immobilier juif d’origine américano-israélienne résidant à Los Angeles ».
En réaction, un peu partout sur la planète, des foules musulmanes, blessées dans ce qu’elles avaient de plus cher, ont « spontanément » laissé libre cours à leur colère. Les représentations diplomatiques et les intérêts occidentaux ont été immédiatement pris à partie avec en point d’orgue l’assassinat de l’Ambassadeur américain Christopher Stevens à Bengazi.
Une autre réalité ? Alors que la colère ne cesse de gronder, peu à peu une toute réalité se fait jour et l’on est en droit de s’interroger sur la genèse de ces évènements tragiques et de leur caractère improvisé. Tout d’abord, étant donné la masse incroyable de données transitant par le web, où l’on trouve le meilleur comme le pire (il n’y a qu’à visiter les sites islamistes et Jihadistes), comment ce film a-t-il pu émerger et connaître si rapidement une telle « popularité » ?
Ensuite, comment ces foules innombrables ont-elles pu en prendre connaissance en si peu de temps ?
Plus le mensonge est gros, plus il passe ? Revenons-en au coeur du « délit » : le film islamophobe. En fait, il n’en existe aucune trace et personne ne semble l’avoir jamais vu dans son intégralité, s’il a un jour existé. Tout, même le réalisateur semble être une imposture. Ce dernier serait, pour l’heure, Nakoula Basseley Nakoula, un « extrémiste Copte égyptien » impliqué dans de nombreuses escroqueries qui vient d’être rattrapé par la justice américaine.
Pourtant, on aurait pu se douter de la supercherie, tant l’amalgame «américano-israélien-juif» faisait un peu « too much » ! Visiblement cela n’a pas troublé les médias qui en ont fait leurs gros titres, sans même prendre les précautions d’usage. Mais, les yeux se décillent vraiment, lorsque l’on prend conscience que l’assassinat de l’Ambassadeur américain a eu lieu dans la soirée du 11 septembre 2012 et que dans l’attaque du Consulat des USA il n’y a rien d’improvisé. Il s’agit en fait d’un attentat soigneusement planifié qui exige une
préparation méticuleuse et la logistique d’un réseau organisé, tel Al Qaïda, étant donné les forces en présence et l’armement utilisé (des missiles notamment).
Complot un jour, complot toujours ? Les extraits disponibles datent de plusieurs mois déjà, et à l’époque ils sont passés complètement inaperçus. Tout à changé dès lors qu’ils ont été traduits en langue arabe. Une médiatisation bien orchestrée des quelques extraits disponibles dans un monde globalisé, le mal était fait, plus besoin de voir le film lui-même. Sans être un adepte de la théorie du complot, cela fait bien trop de coïncidences pour que l’on ne voit pas derrière cette série d’évènements, un plan coordonné s’inscrivant dans une stratégie de
conquête, ou pour le moins une manipulation à grande échelle. Désormais, pour un nombre croissant de commentateurs, une volonté sous-jacente serait à l’oeuvre. Le film ne serait qu’un paravent pour détourner l’attention. L’objectif principal étant de réaliser un nouvel attentat spectaculaire à la date anniversaire de l’attaque des « Twin Towers », et faire reculer les démocraties en instrumentalisant les réactions de violence.

Quelle ont été les premières réactions des démocraties ? Aux USA, avec le précédant du 11 septembre 2001, on aurait imaginé une toute autre réponse que celle d’Hilary Clinton visiblement sur la défensive. Elle a tout d’abord assuré que le gouvernement n’avait «absolument rien à voir avec cette vidéo écoeurante ». Puis elle a tenté de minimiser la portée de l’assassinat d’un Ambassadeur en Libye, et à le circonscrire à un « petit groupe de gens
insensés ».
Que dire de Barak Obama lui-même, Président de la première puissance mondiale qui s’est dit « effaré par tous ces cris de mort à l’Amérique ». Réactions inappropriées, le mot est faible ! En France, comme dans d’autres pays européens, le gouvernement a condamné le « film » que personne n’a jamais vu, et les manifestations qui ont importé sur notre sol une violence inaccoutumée. Des renforts de police nombreux ont été dépêchés pour encadrer 250 islamistes fanatisés, et des recommandations ont été délivrées à
toutes les représentions diplomatiques et les écoles à l’étranger. Le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls a eu des mots très durs, « je n’hésiterai pas à faire expulser ceux qui se réclament de l’islam et représentent une menace grave pour l’ordre public et qui, étrangers dans notre pays, ne respectent pas nos lois et nos valeurs ».
Malgré ce rappel à l’ordre musclé, l’impression générale qui prévaut est l’absence d’une politique coordonnée et d’anticipation. On éprouve, à l’écoute de toutes ces réactions, le sentiment douloureux d’un dur réveil où l’on viendrait juste de découvrir l’ampleur du phénomène.
Quel est le contexte ? L’intolérance religieuse n’est pourtant pas un phénomène récent. Elle ne fait que progresser avec la guerre que se livrent les extrémistes Chiites et Sunnites, les assassinats de Coptes en Egypte et l’exode forcé des Chrétiens d’Orient. Le tout amplifié par l’incertitude politique qui règne dans les pays des « printemps arabes ». Tous les jours, ces guerres de religion nous livrent leur lot de désolation. Elles n’ont besoin d’aucun film comme
détonateur. Les premières victimes en sont les modérés qui attendent des démocraties un soutien et une attitude exemplaire dans la lutte contre la tyrannie. Si en France, l’on ne défend pas les valeurs républicaines, cela ne peut qu’encourager à plus de violence et de revendications, faisant reculer la laïcité dans le pays qui l’a vu naître, et dans le reste du monde.
« Soutenons la liberté de la presse, c’est la base de toutes les autres libertés, c’est par là qu’on s’éclaire mutuellement » Voltaire

Le bon moment pour les caricatures ? La réponse est simple, ce n’est jamais le bon moment pour les critiques ! « Charlie Hebdo » n’a pas suscité la violence, elle préexistait. En faisant son travail, le journal satirique, par un électrochoc salutaire, a défendu la liberté d’expression contre l’obscurantisme qui veut imposer le retour de la pénalisation du blasphème. Plus que le sujet des dessins, que l’on est en droit de ne pas apprécier, ce qui importe c’est le contexte dans lequel ils s’expriment. Ils ont agi alors que les institutions de la République ont hésité. C’est un acte citoyen, provocateur certes, mais tout à fait dans la lignée des pamphlets de l’Ancien Régime. Alors, aussi imparfaite que soit la presse, comme on l’a vu précédemment à propos du « film », elle reste un outil d’information incomparable, et un barrage puissant contre la tyrannie.

Que des musulmans aient pu être choqués par ce qu’on leur a raconté d’un film qu’ils n’ont jamais vu et qu’ils ne verront jamais, ou par les caricatures de « Charlie Hebdo », je veux bien le croire et même le comprendre. Mais tuer au nom de cela ou au nom de D.ieu, c’est sans aucun doute un beaucoup plus grand blasphème. Si nous voulons un avenir, il serait temps que les démocraties défendent leurs valeurs avec beaucoup plus de conviction. C’est
non seulement primordial pour ceux qui vivent selon ces principes, mais c’est aussi une garantie pour les modérés qui essayent de combattre les fanatiques lesquels veulent imposer au reste du monde ce que eux seuls croient être la vérité.

Malgré la flambée de violence actuelle, ce n’est qu’une minorité qui s’agite et occupe bruyamment le devant de la scène, à laquelle il ne faut point céder. Et à l’image de l’attitude courageuse de la rédaction de « Charlie Hebdo », nous pouvons raisonnablement garder confiance car « plus on prendra de soin pour ravir aux hommes la liberté de la parole, plus obstinément ils résisteront. Baruch Spinoza.
Pr Hagay SOBOL
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Peut on détenir un perroquet dans un pays arabe ? Si oui , serions nous responsables de ses paroles ? . Je pensais en faire un élevage , leur apprendre l’arabe , leur mettre une kippa et aller manifester devant une mosquée salafiste . Je ne suis pas sûr que la Préfecture les autorisera à manifester , ils ne savent pas encore signer .
Il faut se rappeler que Spinoza etait un apikoros. Pas besoin de lire ses mots.
ça c’est sûr… bien vu !
Lorsque Tsahal réplique à une bordée de Qassam par un tir de missile, le choeur des vierges de la communauté internationale s’empresse de condamner la « réaction disproportionnée ». Lorsqu’une simple caricature, qui n’a rien du racisme ordurier de la presse arabe, paraît, et qu’elle est suivie d’émeutes sanglantes et de centaines de morts à travers la ceinture de feu islamique de la planète, on oublie le terme « réaction disproportionnée ».