Élie Wiesel explique dans ses mémoires son lien au yiddish

Si Élie Wiesel écrit essentiellement en français (ses livres), il explique dans ses mémoires son lien au yiddish (dans lequel il écrit des articles dans la presse à son arrivée à New York) :

« J’aime la langue yiddish. Je la parle avec l’accent lituanien que je tiens de Chouchani. Avant lui, c’est un garçon de Kovno qui, à Buchenwald, me racontait ses expériences de vieillard, et j’aimais le ton chantonnant de sa voix. J’ai oublié son nom, et cela me fait mal. Mais je me souviens de son visage osseux, de ses joues creuses, de ses yeux fiévreux, et cela aussi me fait mal.
J’aime parler le yiddish. Il y a des chants qu’on ne peux chanter dans aucune autre langue ; des prières que seules des grands-mères juives savaient murmurer au crépuscule ; des histoires dont le yiddish seul peut communiquer le charme et le secret, la tristesse et la nostalgie. Il y a un temps qu’on peut nommer le temps du yiddish. Il y a un amour que je ne porte qu’à cette langue. Comment l’expliquer ? L’amour se moque des explications.
J’aime le yiddish car il m’accompagne depuis le berceau. C’est en yiddish que j’ai prononcé mes premiers mots, exprimé mes premières craintes : il constitue pour moi un pont vers mes années d’enfance. C’est un royaume à lui tout seul, où vivent amitié et envie, grandeur et bassesse, savoir et ignorance, joies et deuils. » (p. 368-369).

Au passage, un secret de polichinelle que les origines de Chouchani confirmées par son accent lituanien quand il parlait yiddish. Un yiddish qu’il voulait imiter ainsi qu’il le dit à plusieurs reprises.

JForum.fr Avec Meta (Sand. Sw.)

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2 Commentaires
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Levray-Dufault

Il n’y a pas que le Yiddish en Israël comme dialecte ! Si en France je vous disais que la seconde langue nationale est le Chtimi en Ignorant le basque, le nissarte (niçois/italien), la langue d’oc etc., il y aurait une émeute en France ! En Israël, c’est tout aussi scandaleux de mettre au pinacle le Yiddish (mélange d’hébreu et d’allemand) et d’ignorer totalement, le Ladino (hébreu/espagnol), le judéo-arabe (hébreu/arabe) et tous les dialectes hébreu/polonais, hébreu/hongrois hébreu-iranien peut-être, etc …. Les Juifs allemands ont eu les moyens financiers de promouvoir le Yiddish mais même si on n’a pas pu financer les autres dialectes et d’en faire la pub, on devrait tout de même en parler et établir des méthodes pour les enseigner !!! Chaque dialecte a son histoire et ses persécutions : les ignorer, c’est ignorer ces histoires et les douleurs endurées par d’autres Juifs dans d’autres parties du monde ! De la même manière, on ne parle que de la Shoah mais on ne parle pratiquement jamais des persécutions des Juifs en Algérie, en Lybie, en Syrie ou au Pakistan …C’est curieux cette occultation pour ne considérer que la vie des juifs allemands dans notre Israël moderne et, avec cette désinformation, a considérer le Yiddish comme l’hébreu moderne sans souffler aucun mot sur les autres dialectes qui ont été parlés par les Juifs venus d’ailleurs que d’Allemagne !!!!! Et si déjà la ségrégation règne chez les Juifs dans leur propre pays, ne nous étonnons pas que le reste du monde en prenne exemple pour en faire sa ségrégation en mettant TOUS les Juifs, depuis l’éthiopien jusqu’au norvégien, dans le même panier « crasseux » ! L’acceptation de l’autre ca commence par chez nous les Juifs : si nous nous acceptons avec nos différences et nos dialectes juifs différents, le reste du monde fera pareil et considèrera alors que les Juifs sont un peuple qui a droit a l’existence en égalité avec n’importe quel peuple… Mais si déjà nous faisons des différences entre nous Juifs, le monde poursuivra l’idée en adoptant le concept que le Juif est a part et donc a bannir !!!! Ne nous méprisons pas déjà entre nous Juifs et, de cette unité réelle, les autres peuples du monde cesseront de nous mépriser !

Franck DEBANNER

? ? ? Pourquoi ce curieux commentaire ?

Ce n’est pas parce que cet article honore le yiddish, à travers le grand Elie WIESEL, que les autres dialectes juifs sont rejetés, ou même simplement ignorés.

C’est comme les minhaguim qui prévalaient du temps de l’exil. C’est bien de s’en souvenir, mais leurs pratiques ne peuvent que disparaitre, avec la génération des derniers pratiquants.