La Turquie tente d’influencer les prochaines élections israéliennes
Les autorités de sécurité israéliennes ont révélé une tentative d’ingérence étrangère dans l’élection nationale prévue le 27 octobre, attribuée à la Turquie. Cette opération, menée via des activités sur les réseaux sociaux, viserait à influencer l’opinion publique israélienne, perturber la campagne électorale et accentuer les divisions internes au sein de la société israélienne. Les détails concernant les comptes, plateformes ou entités impliquées n’ont pas été précisés, et il reste incertain si cette opération est directement orchestrée par le gouvernement turc.
Cette révélation place la Turquie aux côtés de l’Iran, déjà suspecté d’interférences similaires. Le chef du Shin Bet, David Zini, doit présenter des informations confidentielles à une sous-commission de la Knesset, incluant des preuves d’ingérences étrangères et des flux financiers occultes destinés à soutenir des activités politiques en Israël. La présence du président de la Commission électorale centrale, Noam Sohlberg, souligne la gravité de la menace. Par ailleurs, des signaux d’ingérence avaient déjà été détectés par la Direction nationale du cyberespace lors d’auditions précédentes.
Cette menace d’ingérence étrangère s’inscrit dans un contexte électoral particulièrement sensible, le premier scrutin national depuis les événements tragiques du 7 octobre et le conflit qui a suivi. Le président Isaac Herzog a récemment mis en garde contre les risques pesant sur l’intégrité du processus électoral, appelant les forces de l’ordre à une vigilance accrue et les citoyens à la prudence face aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux. Un rapport publié en juillet par le Bureau du Contrôleur d’État a souligné l’absence de politique nationale claire ou d’organisme dédié à la coordination de la réponse face aux campagnes d’influence en ligne, malgré la reconnaissance ancienne de cette menace.
Les avertissements se multiplient également sur l’utilisation croissante des technologies, notamment l’intelligence artificielle et l’anonymat sur les réseaux sociaux, pour manipuler l’opinion publique. L’ancien président de la Commission électorale centrale, Hanan Melcer, a insisté sur la nécessité pour Israël de se préparer à ces nouvelles formes d’ingérence, qu’elles proviennent d’acteurs étrangers ou nationaux. Cette situation souligne les défis majeurs auxquels Israël est confronté pour garantir la transparence et la sécurité de son processus démocratique dans un environnement géopolitique complexe et numériquement vulnérable.
La mise en lumière de cette tentative d’ingérence turque, sans précédent dans son ampleur déclarée, accentue les préoccupations sécuritaires autour des élections israéliennes. Elle illustre la montée des menaces hybrides mêlant cyberactivité et manipulation de l’information, imposant une réponse coordonnée et renforcée des autorités israéliennes pour préserver la cohésion sociale et la légitimité démocratique du scrutin à venir.
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