French lawyer Gilles-William Goldnadel poses at his office on February 10, 2015 in Paris. AFP PHOTO / JOEL SAGET (Photo by Joël SAGET / AFP)

Goldnadel: «Quand la gauche démocrate contestait les résultats des élections»

FIGAROVOX/CHRONIQUE – La gauche morale américaine a la mémoire courte, déplore Gilles-William Goldnadel. Selon le chroniqueur et avocat, elle a déjà contesté des résultats électoraux – ce qu’elle reproche aujourd’hui à Donald Trump.

Par Gilles William Goldnadel 
Avant que d’exposer mes réflexions désabusées sur les élections américaines, ou plutôt sur la manière hallucinée dont elles ont été médiatiquement présentées, je commencerai par un aveu: je suis pétri d’a priori.
C’est presque pavlovien: dès l’instant où la gauche médiatique me chante la messe morale, se lance dans une réflexion intellectuelle ou se drape dans le manteau de la vérité pour me réciter ses antiennes, se dressent mes antennes.

Je suis enfermé dans une manière de préjugés. Que voulez-vous que je fasse pour guérir de mon scepticisme? Il n’existe en pharmacie aucun puissant antiseptique qui puisse effacer de mon cerveau qu’elle s’est toujours trompée.

Il y a 100 ans elle claironnait que le socialisme allait faire mon bonheur. Il y a 30 ans que l’immigration était une chance pour ma France.

Il y a 10 ans que les migrants étaient tous pacifiques et que j’étais raciste de ne pas le chanter. Il y a un mois, que Donald Trump allait être pulvérisé.

C’est donc imprégné de cette culture du doute documenté dont je vais à présent tenté de me débarrasser que je vais, en évitant du mieux possible la spéculation intellectuelle, montrer comment dans cette élection américaine le double standard au profit de la gauche a été une nouvelle fois entièrement standardisé.

La gauche médiatique s’est indignée que le président sortant ait revendiqué avant l’heure sa victoire alors même que le doute lui ordonnait d’attendre les résultats du vote par correspondance.

Son indignation justifiée aurait été plus digne d’être partagée si, quatre ans avant, et pour la première fois dans l’histoire américaine, une foule innombrable, magnifiée par les médias, n’était venue manifester contre la légitimité d’un président cette fois définitivement élu, sans que la gauche indignée s’en indigne.

Depuis plus d’un mois, le président dont la bouche ne cracherait que des mensonges affirmait que les sondages qui l’annonçaient loin derrière son rival étaient «bidons».

Nul ne peut sérieusement contester que ces sondages effectivement bidons aient influé sur le résultat des élections.

Le menteur médiatiquement patenté disait vrai, car bidons ils étaient. Soit que l’Américain sondé n’osait avouer cette inclination, dont le matraquage le plus exceptionnel de tous les temps, disait qu’elle était honteuse.

Soit que les sondages étaient truqués, soit encore que les sondeurs étaient particulièrement incompétents.

Peu importe, nul ne peut sérieusement contester que ces sondages effectivement bidons aient influé sur le résultat des élections sans qu’on sache quantifier exactement le nombre d’électeurs trompés et désabusés qui se sont abstenus ou d’autres hésitants qui sont allés voter au secours de la victoire.

Depuis un mois encore, le président menteur médiatiquement patenté annonçait à qui voulait l’entendre et même à ceux qui ne le voulaient pas, que le vote par correspondance était un abri à fraudeurs.

Le fait que celui-ci ait la préférence paraît-il de l’électeur démocrate plus sensible à la prophylaxie du vote épistolaire par mauvais temps sanitaire ne signifiait pas pour autant que le menteur avait tort.

Il est même tellement acquis aux débats qu’il avait raison, qu’en 1975, la république française l’a interdit au profit du vote par procuration. Je rappellerai au Monde, qui semble l’avoir oublié, son article du 13 novembre 75: «Pour réduire la fraude électorale, le vote par correspondance est supprimé».

On a peine à croire que le votant américain serait par essence moins fraudeur que notre compatriote d’électeur. Dès lors, sauf à accepter le double standard standardisé au détriment du président droitier, on ne voit pas pour quelle raison morale ou électorale celui-ci ne serait pas en droit d’évoquer des fraudes a fortiori dans le contexte particulier d’une élection se jouant à quelques voix près.

Lire la suite dans https://www.lefigaro.fr/vox/monde/goldnadel-quand-la-gauche-democrate-contestait-les-resultats-des-elections-20201109

2 Commentaires

  1. Les courages s’encastrent comme des poupées russes, _gigognes_ autant de William que du figaro…
    Encore que la réclamation reste sobre, si l’on tient compte du bruit, beaucoup de bruit, pour quelque chose, si puissant, si véhément, qu’il traverse l’ Atlantique !
    N’est-ce point cette assemblée d’états, que les frustrés, spoliés, martyrisés tentaient d’atteindre, espoir au cœur, accueillis par cet idole géante, au large de la baie de New-York, taillée par ce conversos de Tolède, Bartoldi,
    ..mais si, cette Statue géante, la liberté, qui nous faisait frémir dans « la mort aux trousses »!
    Et dont un mysterieux Kaplan n’apparaissait jamais ?
    Terrifiante déception que voilà !
    Et bien, chers amis, si cette élection est forbidden, euh, je veux dire pour Biden, c’en est fait du rêve américain…
    Ce sera un cauchemar…

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