Poutine nous rejoue Hatoufim : le retour d’un tank © Vidéo

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Pourquoi Poutine renvoie t-il à la maison un tank israélien perdu il y a 34 ans? 
Le Président syrien Assad était certainement au courant du plan de Poutine de renvoyer chez lui le tank israélien perdu, pour faire avancer leurs projets suivants. 

Le tank Patton M-48 américain, amélioré par Tsahal, avait été capturé, avec son équipage de trois hommes, par les forces syriennes, lors de la bataille de Sultan Yaacov, lors de la Guerre du Liban de 1982. L’équipage des trois hommes a disparu. Depuis ce jour, on reste sans nouvelles du sort de Zacharia Baumel, Yehuda Katz et Zvi Feldman. 

(Un récit qui aurait pu ressembler aux héros de la série Hatufim, qui, comme ici, se passe au Liban)

 

Après la bataille, le Président Hafez El Assad, le père du titulaire actuel, Bachar al Assad, qui a établi dans les années 1960 la première alliance russo-syrienne, avait accepté que les Russes puissent s’emparer du tank. Ils tenaient absolument à étudier le blindage réactif que Tsahal avait installé. Des équipes spéciales du corps du Génie russe ont transporté le tank par avion, depuis Sultan Yaacov jusqu’à Moscou.

Trente-quatre ans plus tard, le tank “Magach” (Bélier) est revenu chez lui en Israël, après avoir passé des années au Musée des Tanks de Kubinka, près de Moscou, conformément à la promesse du Président russe Vladimir Poutine ua Premier Ministre Binyamin Netanyahu.

On peut suppolser avec certitude que Poutine a consulté Assad avant d’accomplir un tel geste et que tous deux ont leurs propres raisons de le faire. Il est aussi possible que le dictateur syrien puisse décider de dévoiler ce qui est arrivé aux trois soldats israéliens portés disparus et, peut-être, même restituer leurs dépouilles.

Les sources de Debkafile à Moscou et Jérusalem ont enquêté pour mettre à jour les motivations de Poutine et Assad, alliés de l’Iran et du Hezbollah, en faisant un tel geste. Ils ont trouvé une réponse dans la conception plus large de Poutine à propos du Moyen-Orient, à travers ses actions militaires en Syrie. Au cours de toutes les conférences récentes  entre officiers supérieurs et responsables de haut-rang russes et israéliens, la question centrale de l’avenir du Sud de la Syrie a été soulevée, dans le but de combler leurs objectifs divergents.

Moscou tient à ce que tout le Sud de la Syrie revienne sous la férule du régime Assad, comme clé de voûte et condition de sa stabilité. Israël, aux côtés des Etats-Unis, de la Jordanie et de l’Arabie Saoudite, est soucieux de conserver le Sud Syrien sous le contrôle, respectivement, de chacune de leurs milices rebelles syriennes supplétives. Israël perçoit leur présence comme vitale afin d’empêcher les forces du Hezbollah et de l’Iran d’accéder au Golan syrien jusqu’à la frontière israélienne. Poutine offre une alternative à Israël. Si Israël accepte de retirer son soutien aux rebelles syriens afin d’aider Assad à reprendre la région, Moscou est prêt à se porter garant du fait que l’armée russe stationné en Syrie empêchera les combattants iraniens et du Hezbollah de s’infiltrer ou de se rapprocher de la frontière israélienne.

Le Président russe a pour but de restaurer le status-quo qui a prévalu dans la région des frontières israélo-syriennes durant 42 ans, depuis la guerre de Yom Kippour de 1973 et la guerre de harcèlement en 1974. Il envisage qu’une telle situation est susceptible de déboucher sur trois évolutions :

  1. Le commencement de changements politiques entre Israël et la Syrie, en tant que première étape vers des négociations de paix.
  2. Ce processus éloignerait progressivement Damas de Téhéran et Beyrouth
  3. Cela permettrait aussi de creuser l’éloignement entre Israël et les Etats-Unis [à l’heure où l’équipe de Trump multiplie tous les signes de rapprochements imaginables et même plus].

Poutine se rend bien compte que renvoyer un tank à la maison en Israël ne va pas suffire à déclencher la totalité de ce processus très complexe, mais il pense que cela peut représenter un gage de bonne volonté pour commencer.

DEBKAfile Reportage Spécial 30 mai 2016, 6:48 PM (IDT) 

 

Adaptation : Marc Brzustowski

Un point sur “l’alliance” russo-américaine en Syrie, comme forme de neutralisation réciproque (point de non-agression) et enjeu pour la médiation israélienne (et kurde?) entre les deux… 

Comme le laisse envisager la suite de tentatives de cessez-le-feu, imposés par les deux grandes puissances : les Etats-Unis et la Russie, autour de la Bataille décisive d’Alep, d’où découlera tout l’avenir du conflit par procuration en Syrie, elles ont toutes deux, besoin l’une de l’autre pour maintenir le couvercle sur cette “cocotte-minute” syrienne toujours au bord de l’explosion. Les Etats-Unis sont persuadés que les Russes en savent plus long qu’eux en matière de renseignements régionaux, du fait de leur coopération-infiltration des services secrets syriens. Ceci les rendait incontournables, dans la perspective de tout règlement ultérieur. 

Les uns comme les autres se servent, finalement, d’Israël comme médiateur, dans un jeu d’équilibre subtil, où l’enjeu pour Israël demeure sa marge de manœuvre en tant qu’Etat libre de ses mouvements (à l’égard de ces grandes puissances), bien plus que la référence aux vieilles classifications d’appartenance à un camp, dans le cadre de la “guerre froide”. Ce concept (de “guerre froide”) n’est pas complètement dépassé, à la fois pour l’Europe et les Etats-Unis en Ukraine, avec, pour contre-coup l’entrée de la Russie dans le conflit en Syrie. La Russie évite ainsi sa marginalisation, à la fois vis-à-vis de la Turquie (influente et menaçante en Asie Centrale et dans le Caucase), des pays du Golfe et de l’Iran (en plus du bras de fer avec les Etats-Unis protecteurs de l’Europe). 

En outre, Israël prouve être en mesure de jouer un nouveau rôle, en tant que médiateur entre les grandes puissances dans le Grand Moyen-Orient qui se dessine, autant que celui de puissance régionale et mondiale authentique : l’Etat hébreu trouve son point d’équilibre par un jeu d’égal à égal, à l’égard d’une puissance aussi importante que la Russie, tout en maintenant ses anciennes relations avec les Etats-Unis (au-delà des désagréments liés à l’ère Obama), jouant ainsi un rôle d’avenir en tant que franc-tireur dont personne actuellement n’est en mesure de prédire le futur comportement autonome… Le retour du tank de 1982 serait, a posteriori, un trophée de reconnaissance de ce rôle de dominant dans le jeu d’échec au Moyen-Orient joué par Israël, qui explore les sorties de crise possibles de la dite “guerre froide” (où d’autres sont encore impliqués)… 

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