Poutine et Netanyahu marquent les bases iraniennes en Syrie

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Poutine et Netanyahu marquent les bases iraniennes en Syrie en vue de leur transfert à 80 km de la frontière israélienne

 

Marquer les bases iraniennes en Syrie pour les obliger à s’éloigner de la frontière israélienne a pris la majeure partie des près de cinq heures passées par le Premier ministre Binyamin Netanyahu à Sotchi cette semaine avec le président russe Vladimir Poutine et le ministre de la Défense, le général Sergei Shoigu. Le jeudi 12 septembre, au cours de leurs délibérations intensives sur de grandes cartes, les dirigeants ont été assistés par le ministre israélien russophone Zeev Elkin, le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat, le chef des services de renseignements de Tsahal, le major général Tamir Hayman et le chef des opérations d’OC. Général Aharon Haliwah.

Les Israéliens se sont assis avec le général Shoigu pendant plus d’une heure et demie, après quoi Netanyahu a rendu visite à Poutine qui l’a salué en disant : “Je comprends que vous avez eu une excellente réunion avec Shoigu et nous en reparlerons plus tard.” Le Premier ministre a répondu que le lien entre Moscou et Jérusalem “avait permis d’éviter des frictions inutiles et dangereuses entre leurs pays”, et “je peux affirmer sans réserve que c’est un élément fondamental de la stabilité régionale”.

Alors, de quoi ont-ils discuté durant leur conversation de trois heures ?

Les sources militaires et de renseignement de DEBKAfile rapportent que ces dernières semaines, Poutine s’est concentré sur la redistribution des forces iraniennes en Syrie en les ramenant sur une ligne de 80 km où elles ne constituent plus une menace pour le nord d’Israël. Il s’est persuadé de suivre cette configuration à cause de trois types de considérations :

  1. Il a adopté la ligne Netanyahu, qui préconise le retrait des forces militaires iraniennes de Syrie, car il pense que cela lui fournira une bonne base sur laquelle renforcer sa coopération politique et militaire avec le président Donald Trump.
  2. Alors que Moscou et Washington sont en désaccord sur des questions clés telles que les sanctions américaines contre la Russie et le désarmement, en particulier en ce qui concerne les armes nucléaires intermédiaires, Poutine estime qu’ils ont un terrain d’entente commun en Syrie, qui peut être élargi, en renforçant ainsi l’ascendant militaire russe dans ce pays, auquel il attribue une importance suprême.
  3. Le dirigeant russe est convaincu que ses liens étroits avec Netanyahu l’aideront à promouvoir et soutenir son dossier à Washington.

Ces dernières semaines, nos sources ont indiqué que les forces russes, sous les ordres du président, avaient poussé les brigades iraniennes Al Qods et les milices chiites pro-iraniennes hors des bases situées dans un rayon de 80 km de la frontière israélienne. Poutine tiendrait donc enfin l’engagement pris par Trump à Helsinki en juillet 2018 de supprimer la présence militaire iranienne en Syrie jusqu’à cette ligne.

Il a tergiversé sur cette promesse pendant 14 mois pour deux raisons :

  • Les cercles du ministère de la Défense à Moscou et les échelons supérieurs des contingents russes en Syrie ont exprimé leur désaccord sur cette option et échappé à l’exécution de son ordre sous divers prétextes. Poutine a décidé de ne pas imposer sa volonté dans ce conflit interne.
  • Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et des membres du personnel du ministère étaient fermement opposés à une attaque en règle contre Téhéran sur la scène syrienne.

Cependant, au cours des dernières semaines, le président russe a pris les mesures qui s’imposent et impose sa volonté aux dissidents des ministères de la Défense et des Affaires étrangères en les tenant à l’œil.

Nos services de renseignements ont révélé que toutes les demandes iraniennes adressées au commandement russe pour obtenir l’autorisation d’envoyer des soldats dans des bases situées à l’intérieur des 80 km adjacents à la frontière israélienne avaient été rejetées. Les officiers russes ont également annulé des réunions avec leurs homologues iraniens pour discuter du déploiement des forces iraniennes et de leurs supplétifs dans les nouvelles bases aériennes et navales installées en Syrie.

Ces mesures ont fourni le cadre à l’annonce faite le 3 septembre par Shoigu, selon laquelle les bases aériennes et navales russes de Khmeimim à Lattaquié et le port de Tartous devaient être modernisées, dans le but d’accomplir, “Les missions de protéger, préserver et maintenir l’état de préparation au combat des armes et des équipements spéciaux du contingent de l’armée russe [en Syrie] qui sont désormais au premier plan. »En d’autres termes, l’armée russe est la puissance militaire dominante en Syrie et l’Iran devrait oublier son espoir de longue haleine de prendre pied de manière prédominante dans la région.

L’affection de Poutine pour Netanyahu et la position privilégiée d’Israël au Kremlin se sont ampelement manifestées par sa volonté de passer trois heures avec leurs collaborateurs, à étudier la carte des sites iraniens et à parvenir à des accords sur quelles bases resteraient, quelles les bases devraient quitter les lieux et quelles armes les Iraniens seraient autorisés à déployer.

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Putin and Netanyahu mark Iranian bases in Syria for removal to 80km from Israeli border

3 COMMENTS

  1. J’ai l’intuition que Poutine, loin d’être un ange (quoi que…) est vraiment l’homme de poigne indispensable, depuis des années. Il a une lecture phénoménale en géopolitique.
    Tacticien hors paire, si nous ne l’avions pas, en Europe notamment, ce serait le chaos.
    On est, d’ailleurs, au bord du chaos… peut être faudrait il y sombrer une bonne fois pour toutes, mais alors ? Que de dégâts! « L’être humain étant dix milles fois pire qu’avant le Déluge ». C’est indissible.

  2. et assad dans tout ça , lui seul qui parait-il peut demander aux iraniens de partir de syrie , lui qui , parait-il , a invité l’iran en syrie ; assad , t’es où ?

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