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Ponary ou l’extermination des Juifs lituaniens par leurs voisins

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La publication du témoignage glaçant d’un témoin oculaire des meurtres des Juifs lituaniens dans la forêt de Ponary.

On doit à Alexandra Laignel-Lavastine la publication en France de deux ouvrages fondamentaux consacrés à l’extermination des Juifs d’Europe. Elle a traduit L’Homme qui savait, biographie par Dina Porat, d’Abba Kovner, le légendaire partisan de Wilno, publiée par les Éditions du Bord de l’Eau, en 2017. Aujourd’hui, Alexandra Laignel-Lavastine apporte un nouveau document à l’histoire de la Shoah. Elle a traduit et annoté du polonais un témoignage stupéfiant, demeuré inédit jusqu’à ce jour en français. Il s’agit du récit oculaire de l’assassinat de masse des Juifs de Lituanie : le Journal de Ponary, 1941-1943 de Kazimierz Sakowicz, un catholique polonais dont la maison était située sur le site même des exécutions dans la forêt de Ponary.

Abba Kovner, le partisan de Wilno

En 1941, Abba Kovner (1918-1987) était un jeune poète de 23 ans, membre du mouvement sioniste socialiste HaShomer HaTsair (la jeune garde). Il fut le premier Juif à fonder un groupe armé de très jeunes gens et jeunes filles dans le but d’opposer une résistance armée − même désespérée − aux Einsatzgruppen, qui avaient entrepris de liquider les Juifs de Lituanie, Estonie, Lettonie, Russie Blanche, Ukraine.

Dans la nuit du 31 décembre 1941, il lut au quartier général de La Jeune Garde, au numéro 2 de la rue Strashun, devant plus de cent cinquante garçons et filles, le premier appel à se procurer des armes et à organiser des groupes de combat, au sein même du ghetto. Il fut le premier à pressentir que les nazis avaient pour but d’exterminer non seulement les Juifs de Wilno, mais tous les Juifs d’Europe, et qu’essayer de gagner du temps en attendant l’arrivée de l’Armée rouge ou, comme le croyait Jacob Gens, président du Judenrat, nommé par Franz Murer, en se rendant utiles aux Allemands, était futile et sans espoir. Kovner somma les Juifs de ne pas se laisser conduire à la mort sans résister. Il intitula son appel : « Ne nous laissons pas mener comme des moutons à l’abattoir !

« Jeunes Juifs, ne croyez pas les menteurs. Sur les quatre-vingt mille Juifs de Vilna vingt mille seulement restent encore en vie. Sous nos yeux, on a emmené nos parents, nos frères, nos sœurs. Où sont les centaines de personnes arrêtées par la police de la ville soi-disant pour être envoyées au travail ? Où sont les femmes et les enfants qu’on a emmenés à moitié nus pendant la terrible nuit du premier massacre ? Où sont passés tous les Juifs arrêtés dans les synagogues le jour de Kippour ?

« Celui que l’on a emmené hors du ghetto ne reviendra plus jamais, parce qu’à partir de la Gestapo, tous les chemins mènent à Ponary et Ponary, c’est la mort.

Ponary n’est pas un camp. Là-bas, on fusille tout le monde. Hitler a décidé d’exterminer tous les Juifs d’Europe. Nous sommes ses premières victimes.

Ne nous laissons pas immoler comme des brebis ! Il est vrai que nous sommes faibles, que nous ne pouvons compter sur aucune aide extérieure, mais il n’y a qu’une réponse digne à faire à l’ennemi, c’est de résister.

Frères ! Il vaut mieux périr libres les armes à la main plutôt que vivre soumis, graciés par les meurtriers. Luttons jusqu’au dernier souffle ! 1er janvier 1942. Ghetto de Vilna. »

Il ne fut pas entendu car, dans le ghetto, seule cette minorité de jeunes très politisés, issus de différentes organisations, avaient compris que les nazis avaient entrepris d’exterminer tous les Juifs des territoires qu’ils occupaient. Les Juifs de Wilno ne pouvaient se résigner à l’idée qu’il n’y avait d’autre issue que la mort.

Le 16 juillet 1943, Itzhak Wittenberg (1907-1943), le commandant de la FPO, fondée le 21 janvier 1942 (en yiddish : Fareinigte partisaner organisazie : Organisation unie de partisans) avait dit, lorsqu’il avait été question de rejoindre un détachement de partisans dans la forêt :

« Quand nous saurons que les Allemands s’apprêtent à exterminer le ghetto, nous conduirons tout le monde au combat et nous nous ouvrirons un passage vers la forêt. »

Mais, le 9 juillet, des membres de la FPO furent arrêtés, et le SS Bruno Kittel, qui avait été acteur et chanteur dans le civil, exigea qu’on lui livre Wittenberg. Wittenberg fut arrêté le 15 juillet 1943, à une heure du matin. On lui passa les menottes mais, à l’entrée du ghetto, il parvint à s’échapper. A l’aube du 16 juillet Bruno Kittel envoya un ultimatum final de la SS. Wittenberg devrait se livrer au plus tard à six heures du soir. Sinon, l’aviation et les chars brûleraient le ghetto et tous ses habitants. Certains partizaners pensaient que Wittenberg devait ne pas obtempérer, d’autres qu’il devait sacrifier sa vie. Il prit seul la décision de se rendre, ne se résolvant pas à abandonner les Juifs du ghetto.

Avant de se livrer, Wittenberg demanda qu’on le laissât seul, et alla passer quelques minutes dans le bureau de Jacob Gens, lequel redoutait que Wittenberg pût révéler beaucoup de choses sous la torture.

Wittenberg alla se livrer à la Gestapo qui l’attendait à la porte du ghetto. Son corps fut découvert mort dans le couloir de la Gestapo, sans une marque sur le corps. Dina Porat écrit : « Les nazis n’auraient pas tué un prisonnier de cette importance sans avoir tenté de lui extorquer des informations et le résultat aurait pu être désastreux. Selon le témoignage d’une des femmes de ménage du Judenrat, il y avait trois verres dans le bureau de Gens et un seul avait disparu. Il n’est donc pas exclu que Gens ait empoisonné Wittenberg avant qu’il ne soit emmené, les partisans ayant manqué de temps pour procurer le cyanure qu’il avait réclamé. Tel est du moins l’opinion de tous les acteurs de l’époque. »

Cela dit, les jeunes de la FPO, dont Boris Goldstein, avec une audace inouïe, volèrent dans les entrepôts allemands où ils travaillaient cinq mitrailleuses, cinquante grenades, trente revolvers, plusieurs fusils et beaucoup de cartouches. Assistés par une poignée de démocrates polonais, ils s’en procurèrent beaucoup d’autres, y compris des explosifs, et allèrent faire sauter des trains.

Abba Kovner, s’enfuit par les égouts et gagna les forêts avec les survivants de son groupe de combattants, lors de la liquidation finale du ghetto.

Le 14 juillet 1944, sur la route de Wilno, les nationalistes polonais essayaient de convaincre le commandement soviétique de leur livrer les partisans juifs, afin qu’ils n’entrent pas dans la ville libérée.

Après la guerre, après avoir organisé l’émigration clandestine vers la Palestine, Abba Kovner participa à la guerre d’Indépendance au sein de la Brigade Givati, dont il fut un des membres fondateurs. Devenu un poète célèbre, il présida l’Union des écrivains, et fonda le Musée de la Diaspora à Tel Aviv, le Kibboutz des Combattants des ghettos (Bet Lohamei Ha Ghetaot). Il fut l’un des témoins les plus impressionnants au procès d’Adolf Eichmann.

Retour sur les massacres de la forêt de Ponary

Le Journal de Ponary, 1941-1943,livre d’une importance capitale, vient ramener dans leurs justes proportions certaines idées qui ont fait florès depuis qu’un amateur a cru devenir historien.

On lui doit l’expression lamentable « Shoah par balles », qui a soudain envahi les médias, avides de prétendu « sensationnel ». Comme si l’Histoire de la Shoah, d’ailleurs très documentée, eut nécessité d’être déconstruite au profit d’une nouveauté linguistique. Cette terminologie prétend désigner de manière spécifique les fusillades de masse d’un million et demi de victimes, supplantées dès 1942 par les chambres à gaz.

La Shoah est un tout qui ne devrait pas être divisé par un sous-phénomène que constitue ce barbarisme. Il en est résulté la publication de brefs, disparates et lacunaires « témoignages », extrêmement tardifs de descendants des populations locales, présentées comme compatissantes et, au pire, passives par crainte des représailles. Nous allons voir qu’il n’en fut rien.

Situons d’abord le site de l’extermination de 70 000 Juifs de Wilno et de ses environs. Dans Le Livre noir d’Ilya Ehrenbourg et Vassili Grossman, plus de cent pages, très documentées, sont consacrées aux crimes commis par les miliciens lituaniens enthousiastes, portant des uniformes noirs de la Gestapo, sous le commandement des SS Schweinberger, Martin Weiss, Franz Murer, le maître du ghetto, et Bruno Kittel, son liquidateur, autrefois acteur de cinéma et chanteur.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Ponary était un lieu idyllique, à quelques minutes de Wilno. Dans Le Livre noir, on peut lire :

« Ponary est un lieu de villégiature à sept kilomètres de Vilna (nom de la ville en russe) par la route de Grodno. A droite, la rivière Vilia serpente entre des rives vallonnées. Cet endroit est connu pour sa beauté pittoresque. Il a été chanté par Adam Mickiewicz. Napoléon aurait dit qu’il transporterait volontiers Ponary en France de ses propres mains.

« Les Allemands choisirent cet endroit : à droite, il y a une route pratique pour amener les victimes, à gauche, une ligne de chemin de fer, Vilna-Varsovie, qui s’arrête à un quart de kilomètre de Ponary. Les Allemands construisirent des rails menant à un immense trou.

Lorsque cette “fabrique de mort” fut prête et que le mot “Ponary” commença à semer la terreur dans la population, les Allemands imprimèrent un plan de la ville où ce lieu n’était même pas mentionné. Il était désigné par une tache verte “Forêts”. Comme si Ponary n’avait jamais existé. »

La redécouverte du témoignage bouleversant de Kazimierz Sakowicz

Rappelons d’abord les circonstances de la découverte du Journal de Ponary, de Kazimierz Sakowicz dont la reconstruction et la retranscription sont dues à Rachel Margolis.

L’auteur de cette chronique, tenue du 11 juillet 1941 au 6 novembre 1943, était un catholique polonais. L’accès de ce document était interdit aux historiens dans les années de l’après-guerre, car il constituait une preuve à charge contre « les tireurs de Ponary » lituaniens. Ces bourreaux, tortionnaires enthousiastes, alcoolisés, qui tiraient des heures durant depuis le haut des fosses sur les Juifs, et s’arrangeaient avec les paysans pour « commercialiser » le dimanche matin, après la messe, les vêtements, les chaussures, les montres, les bijoux, les dents en or, les poussettes des petites victimes. La lingerie féminine, les vêtements d’enfants et de bébé, les souliers de femme avaient plus de valeur d’échange contre de la vodka, du lard, et des espèces.

Rachel Margolis était la seule survivante de sa famille. Elle avait fui le ghetto et rejoint l’unité de partisans Les Vengeurs.

Au lendemain de la libération de la ville, Rachel et quelques survivants ont décidé d’y créer un petit musée provisoire. Parmi eux, le grand poète Avrom Sutzkever (1913-2010), l’écrivain Shmerke Kaczerginski (1908-1954) et Abba Kovner.

Ils découvrirent plusieurs témoignages, écrits entre 1941 et 1943. Le plus spectaculaire est celui de Kazimierz Sakowicz, rédigé sur d’étroites feuilles enroulées et introduites dans des bouteilles de limonade, scellées, puis enterrées dans son jardin. Ce sont ses voisins qui les ont déterrées et apportées au musée provisoire de Rachel Margolis.

Bien des années plus tard, devenue historienne, Rachel Magolis avait été nommée directrice du Département d’histoire du Musée juif d’État de la République soviétique de Lituanie. Elle découvrit aux Archives centrales, un dossier recelant des feuilles jaunies de toutes tailles, recouvertes d’une écriture manuscrite et de croquis. Sans ratures, mais visiblement écrites d’une main tremblante, et souvent difficiles à déchiffrer.

D’autres parties du journal furent ensuite retrouvées par une archiviste du Musée de la Révolution de Vilnius.

L’ensemble du Journal a été réunifié seulement après la chute du communisme, en 1990, par des chercheurs du Musée juif d’État. La seconde partie du journal fut enfin ouverte à la consultation.

Peu de choses étaient connues sur l’homme Sakowicz. Rachel Margolis mena des recherches avec l’éditeur Jan Malinowski. Ils apprirent que Sakowicz était un officier de réserve de l’armée polonaise. Il était proche de l’Armia Krajowa, l’armée clandestine polonaise, le principal organe de la Résistance, rattaché au gouvernement en exil du général Anders, à Londres.

Après des études de droit à Moscou, il était revenu vivre à Wilno. Il publiait des articles dans différents périodiques et avait ouvert une petite imprimerie qui les éditait. Sous l’occupation soviétique, il fut contraint de fermer son affaire en ville, et déménagea à Ponary, juste en face du futur site du massacre, où d’immenses fosses circulaires avaient été creusées par l’Armée rouge en 1940, à l’époque du pacte germano-soviétique. Ces fosses étaient destinées à devenir des réservoirs de carburant pour l’Armée rouge.

Pendant trois années, Sakowicz va donc consigner avec minutie, précision, les innommables faits du crime de masse dont il est jour après jour, le témoin.

Il observe les exécutions depuis une lucarne dans son grenier, ou parfois dissimulé derrière la palissade qui clôt son jardin. Une des fosses se trouve exactement en face de chez lui, il voit précisément ce qui se passe sur la route qui conduit à Ponary, aux abords des fosses dans la forêt, et dans les fosses elles-mêmes. Sakowicz est un homme précis. Il compte, jour après jour, parfois plusieurs fois par jour, et même la nuit, le nombre de victimes assassinées, la façon dont elles sont conduites, déshabillées, frappées à coup de fouet ou de crosse jusqu’à la fosse. Bien qu’il ne ressente pas de véritable sympathie pour les Juifs, et encore moins pour les partisans, qu’il qualifie de « bandits », il est outré, écœuré et stupéfait par l’ignominie dont font preuve les Lituaniens qui démembrent les nourrissons, puis les jettent dans les fosses, qui violent les jeunes filles et les abattent ensuite, qui marchent sur les victimes, encore vivantes, pour égaliser les amoncellements de corps et jeter une mince couche de sable dessus. Leurs bottes dégoulinent de sang, et ils rigolent. Les feuilles des arbres sont recouvertes de cervelles d’enfants. Ils sont heureux quand le tas de vêtements est important et de bonne qualité. Les paysans les attendent sur la route et achètent tout ce qu’ils peuvent se procurer. C’est le marché. Il n’est pas rare qu’ils emmènent leur famille voir comment on tue les Juifs. Une chienne arrache les intestins des cadavres et les rapporte à la fermière. Elle les accroche sur une palissade. Tout le monde est vraiment à la fête ! Le dimanche, pour aller à la messe, les femmes et les enfants se pavanent dans les vêtements des victimes. Les Lituaniens ont participé si massivement à l’assassinat des Juifs que 95 % ont été anéantis dans la Shoah.

La continuation de l’extermination par d’autres moyens

Voilà la vérité sur l’extermination des Juifs lors des fusillades de masse enthousiastes, qui se sont prolongées tandis que les chambres à gaz fonctionnaient déjà au cœur de la Pologne dans les camps de Treblinka, Sobibor, Belzec, Majdanek, Auschwitz. A Auschwitz, c’était le Zyklon B, fabriqué par la firme Bayer, toujours en activité de nos jours au sein de l’industrie chimique allemande ; dans les autres camps, on a utilisé les gaz de moteurs diesel de chars russes. Il y eut aussi Chelmno, où les Juifs étaient asphyxiés dans des camions spécialement aménagés de telle sorte que les gaz soient redirigés dans le camion où ils étaient entassés. Le chauffeur déversait sa cargaison dans une forêt proche, où les cadavres étaient stockés, avant d’être brûlés sur des bûchers en plein air par les membres des Sonderkommandos.

La faim, la torture, les expériences pseudo-scientifiques, réalisées in vivo, tout cela est aussi la Shoah.

Est-il besoin d’ajouter que l’extermination des Juifs au cours des fusillades de masse était largement documentée par des témoins et des récits de premier ordre, avant que l’on invente l’expression « Shoah par balles » ! Enfin, une commission d’enquête scientifique soviétique s’est rendue sur les lieux où se trouvaient les fosses et les sites de fusillades de masse sur les territoires occupés de l’URSS : Baby Iar, Rumbula, Bikierniki, Ponary, Kovno, Swenciany, pour n’en citer que quelques- unes.

Les crimes étaient aussi largement documentés par des écrits : ceux d’Itzhak Arad, ceux du Livre Noir, collectés et rédigés par Vassili Grossman et Ilya Ehrenbourg, ceux d’Avrom Suztkever, Abba Kovner, Shmerke Kaczerginski. La vérité est que la dite « Shoah par balles » est une coquille vide.

Il existe un ouvrage allemand entièrement consacré aux Einsatzgruppen : Hitlers Einsatzgruppen. Die Truppen des Weltanschauungskrieges 1938-1942.

Triste épilogue

Le texte du Journal de Sakowicz s’interrompt de façon abrupte le 6 novembre 1943. On ne sait ce qui s’est réellement passé. Sa cousine germaine a raconté à Jan Malinowski que le journal avait été tenu jusqu’au mois de juillet 1944. Certaines pages peuvent donc encore peut-être retrouvées.

On sait que Sakowicz fut découvert inanimé à côté de sa bicyclette, le 5 juillet 1943, quelques jours avant la libération de Wilno. Fut-il victime d’un règlement de comptes, ou atteint par une balle perdue ? Il est enterré au cimetière de Rossa, parmi les combattants de l’Armia Krajowa.

Alexandra Laignel-Lavastine a rencontré Rachel Margolis (1921-2015) à Rehovot, en Israël, au mois d’août 2014, chez sa fille Emma. Jeune partisane, elle faisait sauter des ponts, des trains allemands, participait à des embuscades contre les SS. Elle a publié ses Mémoires, parues en anglais en 2010 chez Brighton Academic Studies.

Reconnue comme une des combattantes héroïques du ghetto, elle fut pourtant poursuivie en 2008 pour « crimes de guerre » par le parquet de Lituanie ! Elle ne fut pas la seule : Itzhak Arad, historien de réputation internationale et combattant de la FPO, a fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Le 22 avril 2006, le quotidien de Lituanie Respublika, a publié en première page à son propos : « L’expert qui a du sang sur les mains… » Une enquête a été ouverte par le parquet de Lituanie contre Arad pour « crimes contre l’humanité » ! Il avait combattu contre les assassins de sa famille et de son peuple, et en était fier.

Quand la police lituanienne a voulu arrêter Rachel Margolis, elle se trouvait heureusement en visite chez sa fille en Israël, et n’est jamais revenue dans la ville qui avait vu la mort de tous les siens. Qualifiée de « terroriste » par les journaux lituaniens, elle a déclaré que cela la laissait de marbre. « J’ai été une partisane et croyez-moi, j’en ai vu d’autres. Je me suis battue contre les nazis à vingt ans, je suis prête à me battre une deuxième fois à plus de quatre-vingt. Contre ceux qui, désormais les honorent ! » a-t-elle déclaré au Jerusalem Post, le 28 septembre 2012.

En revanche, des Lituaniens tueurs de Juifs à Ponary, « le ventre mou du génocide, perpétré par les gens du coin » sont aujourd’hui honorés en Lituanie par des noms de rue, de place, des stèles.

C’est ce qu’Alexandra Laignel Lavastine qualifie à juste titre de « révisionnisme d’atmosphère. »

2 Commentaires

  1. Mon Père, déporté par le convoi 73 à destination des Pays Baltes, j’ai fait les pélerinages sur la trace des Déportés de ce convoi. Nous allions, chaque fois a Ponary et c’est impressionant de voir toutes ces fosses circulaires qui renferment les corps des juifs de Vilnius

  2. Mais pourquoi s’en prendre au pere Dubois qui, par le titre « la Shoah par balles » a fait connaitre a beaucoup de gens que l’entreprise d’assassinat du peuple juif ne s’est pas limitee a ce qui s’est passe, de facon un peu mieux connue du public, dans les camps d’extermination (que le public. meme le mieux informe, ne distingue guere des camps de concentration) ?

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