Serge Klarsfeld explique pourquoi il a accepté la médaille remise par le maire RN de Perpignan

Le couple de chasseurs de nazis Beate et Serge Klarsfeld ont reçu la médaille de la ville de Perpignan la semaine dernière, gérée par le maire RN Louis Aliot. Vivement critiqué, Serge Klarsfeld explique sa démarche à France Inter.

Beate et Serge Klarsfeld, fondateurs de l’association Fils et filles de déportés juifs de France, sont depuis quelques jours citoyens d’honneur de Perpignan. Ils ont accepté la semaine dernière la médaille remise par le maire Louis Aliot, qui est actuellement candidat à la présidence du Rassemblement national.

En plus d’avoir milité et travaillé toute leur vie pour entretenir la mémoire de la Shoah et des Juifs de France, Beate et Serge Klarsfeld ont toujours pris position contre l’extrême droite. Pour l’historien, le maire de Perpignan est un « ennemi de l’antisémitisme » et il n’est pas infréquentable.
Le fils de Serge et Beate Klarsfeld, Arno, a réagi samedi dernier à la polémique sur son compte Twitter.
« Ne vaut-il pas mieux qu’un élu RN d’une grande ville de France cultive la mémoire de la Shoah et remette la médaille de sa ville à Serge et Beate plutôt qu’il n’élève une statue à Pétain ? Pourquoi ne pas se réjouir de choses positives ? Seriez-vous sectaire ? », a-t-il écrit.
La médaille de la Ville de Perpignan est remise à ceux investis dans l’animation de la ville. Les époux Klarsfeld l’ont reçue pour leur combat en faveur des déportés juifs en France.

Les critiques du président de SOS Racisme

Cette semaine, deux tribunes publiées dans la presse ont accusé Beate et Serge Klarsfeld de banaliser l’extrême droite. « C’est triste et c’est grave », écrivent les historiens Denis Peschanski et Renée Poznanski dans Libération. « Tu contribues à légitimer ce parti, tu apportes la caution de ton prestige à la normalisation dont tu contestais avec justesse la crédibilité dans tes interventions passées et encore récentes. » Dans Le Monde, Dominique Sopo est tout aussi direct. Le président de SOS Racisme regrette le choix de Serge Klarsfeld de s’afficher au côté du maire de Perpignan Louis Aliot.

Un habitué de la ville de Perpignan

Dans un entretien accordé à France Inter mercredi, Serge Klarsfeld explique sa démarche. Il rappelle qu’il milite depuis 50 ans contre l’extrême droite. « Je ne suis pas venu à Perpignan pour recevoir cette décoration mais je suis venue remettre la légion d’honneur à notre délégué à Perpignan avec qui je travaille depuis plus de 30 ans. On a lancé ensemble le projet du mémorial du camp de Rivesaltes ».
Serge Klarsfeld dit être venu à Perpignan « 30 ou 40 fois », « c’est une ville avec laquelle je suis lié », ajoute-t-il. « Louis Aliot a voulu me remettre cette médaille et je l’ai acceptée. Il soutient la lutte contre l’antisémitisme, contre l’antisionisme, contre la haine d’Israël, il a fait des déclarations fortes. »

Il va continuer à combattre le RN

L’historien qualifie le maire de Perpignan « d’ennemi de l’antisémitisme », « je peux donc lui serrer la main. » Serge Klarsfeld estime que l’élu « n’est plus un ennemi politique, c’est un adversaire politique ». « Quant au Rassemblement national, je continuerai à le combattre et combattre sa ligne dure qui est inacceptable », assure-t-il. Durant l’entre-deux-tours de la présidentielle, Serge, Beate et leur fils Arno avaient même signé dans Libération une tribune : « Non à Le Pen, fille du racisme et de l’antisémitisme ». Ils écrivaient : « Mais si elle l’emportait, elle appliquerait un programme d’exclusion, sans rapport avec les attentes sociales légitimes que nos concitoyens expriment et qu’elle prétend comprendre. Ne nous laissons pas tromper : elle n’a pas changé ! »
Accepter une médaille de la main d’un maire RN n’est pas une banalisation de l’extrême-droite pour Serge Klarsfeld. « Il représente une proportion importante du corps électoral français. Les gens et les partis peuvent évoluer. Je prends des risques et j’assume les reproches. L’avenir nous départagera. » L’historien rappelle également qu’il avait déjà dit que la condamnation « de manière très ferme de Marine Le Pen envers ceux qui ont organisé la rafle du Vel’d’Hiv », était « un pas en avant ».
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