Le propre de la morale immanente consiste à ne jamais pouvoir établir de lien rationnel entre la cause et l’effet. Pour les rationalistes, il n’y aura aucun lien entre l’antisémitisme déclaré de Pedro Sánchez et sa chute. Pour ceux qui savent que l’histoire, depuis sa naissance, est morale — même si elle prend son temps — la chute de cet antisémite est liée à sa haine d’Israël. Ainsi, malgré de très bons bilans économiques, il devra céder le pouvoir à la droite espagnole, laquelle devrait le contredire sur un bon nombre de ses choix en matière de politique étrangère notamment vis-à-vis d’Israël

Tous les pronostics sont contre lui : en Espagne, Pedro Sanchez défend son bilan malgré les scandales

Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez tente de maintenir le cap face aux scandales et aux critiques. Il met en avant les succès économiques et sociaux de son mandat, mais son gouvernement vacille sous la pression de l’opposition et des affaires qui fragilisent sa majorité parlementaire.

« Cela en vaut la peine », a répété Pedro Sanchez en présentant le bilan de l’action de son gouvernement, au moment de boucler l’année. Le Premier ministre socialiste espagnol s’est réaffirmé ce lundi décidé à « soulever toutes les pierres pour chercher des appuis parlementaires » et continuer à faire avancer les projets de l’exécutif.

Si l’opposition espérait le voir abattu et poussé à la démission, sous la pression des multiples affaires de corruption et de harcèlement sexuel qui explosent autour de lui, elle devra encore attendre. Lors d’un long exposé, il a énuméré triomphalement les avancées en matière de droits sociaux, entre la protection sociale élargie, l’augmentation des bourses d’études, les aides au logement pour les jeunes et l’investissement dans le logement social, ou encore la préparation d’un nouveau passe mensuel qui permettra d’utiliser les transports publics de façon illimitée à travers le pays, sur le modèle de ce qui se fait en Allemagne.

Parmi les trois meilleures destinations pour investir

Fort des bonnes performances de l’économie espagnole, avec une croissance deux fois plus forte que la moyenne de la zone euro, il s’enorgueillit de voir le pays désigné par le fonds américain BlackRock comme l’une des trois meilleures destinations au monde pour investir en 2026, grâce notamment à son pari pour les énergies vertes. Il met l’accent sur la forte création d’emplois et l’augmentation du pouvoir d’achat réel de 10 %, depuis son arrivée au pouvoir en 2018.

En Espagne, la droite parle de « dérive mafieuse » et réclame la démission de Pedro Sanchez

En dépit du ton triomphaliste, l’exercice avait un goût amer. Il semble surtout relever de la méthode Coué, alors que son gouvernement est à bout de course. Il est malmené par ses alliés parlementaires, qui ces derniers mois ont bloqué les préparatifs du budget et contrecarré ses projets les plus emblématiques, dont la réduction du temps de travail.

Mais le pire sans doute est qu’il est décrédibilisé par une série d’affaires et de scandales qui s’allonge un peu plus chaque semaine, autour du gouvernement comme du parti socialiste. Il y a d’abord eu la découverte de réseaux de trafics d’influence et de corruption sans l’entourage proche de Pedro Sanchez, et surtout les dénonciations pour harcèlement sexuel au sein du Parti socialiste.

Champ de mines

Alors que l’opposition réclame semaine après semaine sa démission et la convocation d’élections législatives, Pedro Sanchez semble décidé à traverser le champ de mines, convaincu que « ce gouvernement va bien à l’Espagne » et qu’il faut continuer à « construire le pays dont on rêvait ». C’est ce qu’il s’est efforcé d’expliquer lundi soir, durant le traditionnel « pot de Noël » organisé à la Moncloa, le siège du gouvernement, au cours duquel les ministres et membres de l’exécutif ont l’habitude converser de façon informelle avec la presse.

Au lieu de se contenter d’une courte apparition comme d’habitude, le leader socialiste s’est attardé durant deux heures, passant de petit groupe en petit groupe, dans la foule des quelques centaines de journalistes présents. Assailli de questions incommodes, il s’est efforcé de faire amende honorable et d’afficher sa tranquillité, même s’il reconnaissait avoir perdu cinq kilos sous les effets du stress.

En dépit de son apparente tranquillité, il a du mal à cacher qu’il avance à l’aveugle, sans connaître vraiment l’étendue du périmètre de la corruption au sein de son parti, alors que les enquêtes judiciaires sont toujours en cours. Reste à savoir s’il va réussir à convaincre ses habituels alliés parlementaires de ne pas abandonner le navire en poussant à la convocation d’élections législatives anticipées. Car il sait qu’il a tous les pronostics contre lui.

JForum.Fr et Les Echos

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