Les États-Unis vont renforcer la défense anti-missile de l’Arabie Saoudite avec l’envoi d’une batterie Patriot PAC-3

La Royal Saudi Air Defense Force [RSADF] a pour mission principale de protéger les sites critiques et stratégiques saoudiens. Pour cela, elle dispose de missiles sol-air HAWK et de batteries anti-missile Patriot.

Et elle recevra prochainement des sytèmes THAAD [Terminal High Altitude Aera Defense]. Cela étant, elle s’est fait surprendre le 14 septembre dernier, quand des missiles de croisière et des drones ont touché deux installations pétrolières majeures, dans l’est du pays.

Si cette attaque a été revendiquée par les rebelles Houthis, contre lesquels l’Arabie Saoudite dirige une coalition engagée au Yémen, l’Iran est accusé par les États-Unis [ainsi que par la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne] d’en être le responsable. Ce que Téhéran nie.

« Nous n’avons rien à voir là-dedans », a encore répété Hassan Rohani, le président iranien, lors d’une conférence de presse donnée en marge de l’assemblée générale des Nations unies, le 26 septembre.

Et de mettre « au défi ceux qui portent des accusations » de « fournir les preuves nécessaires ».

De son côté, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a assuré avoir présenté des « informations » sur le rôle de l’Iran à de « nombreux pays » au cours de l’assemblée de l’ONU. « Je pense qu’ils ont été frappés de voir à quel point la République islamique d’Iran n’est pas prête à faire ce qu’il faut pour se conduire comme un pays normal », a-t-il dit.

Quoi qu’il en soit, l’administration américaine ne privilégie par l’option militaire, le président Trump ayant expliqué que la meilleure façon « d’afficher la force » des États-Unis était de « faire preuve d’un peu de retenue. »

Aussi, l’accent est-il mis sur la dissuasion et les sanctions économiques prises à l’égard de Téhéran. La semaine passée, le Pentagone avait annoncé l’envoi au Moyen-Orient, à la demande de l’Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis, de renforts militaires, principalement « axés sur les forces aériennes et la défense antimissile ».

D’où l’annonce faite le 26 septembre. En effet, Washington a indiqué que 200 militaires américains, une batterie anti-missiles Patriot PAC-3 et 4 radars Sentinel 3D seraient envoyés prochainement en Arabie Saoudite.

Ce dispositif pourrait être complété ultérieurement par le déploiement de deux batteries Patriot supplémentaire et d’un système THAAD.

« À la lumière des attaques récentes », ce déploiement « renforcera la défense aérienne et antimissile du royaume contre les infrastructures militaires et civiles cruciales », a expliqué Jonathan Hoffman, un porte-parole du Pentagone, avant d’appeler d’autres pays à « contribuer à un effort international visant à renforcer la défense de l’Arabie saoudite. » Le Royaume-Uni pourrait suivre, à en croire les propos tenus récemment par Boris Johnson, son Premier ministre.

« Il est important de noter que ces mesures témoignent de notre engagement envers nos partenaires régionaux ainsi qu’à la sécurité et stabilité du Moyen-Orient », a fait observer le porte-parole du Pentagone.

Cependant, un déploiement du même ordre avait déjà été annoncé en juillet dernier. Il était question, à l’époque, d’envoyer 500 militaires américains en Arabie Saoudite, afin de mettre en oeuvre des batteries Patriot PAC-3 ainsi que des avions de combat, depuis la base aérienne Prince Sultan.

« Ce mouvement de forces constitue un moyen de dissuasion supplémentaire et garantit notre capacité à défendre nos forces et nos intérêts dans la région contre les menaces émergentes et crédibles », avait alors fait valoir l’US Centcom, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient et l’Asie Centrale.

Par ailleurs, et c’est un élément souvent oublié dans les analyses, la réponse américaine aux attaques contre les sites pétroliers saoudiens pourrait prendre la forme d’une cyberattaque. Ce mode d’action a été privilégié en juin, quand l’Iran avait abattu un drone HALE américain, après le sabotage de deux pétroliers aux abords du détroit d’Ormuz. D’après la presse d’outre-Atlantique, l’US Cyber Command aurait en effet effacé une « base de données essentielle » utilisée par les Gardiens de la révolution iraniens afin de dégrader leur capacité de « cibler secrètement le trafic maritime dans le golfe Persique. »

« Le cyber peut certainement être un moyen de dissuasion, il peut être une arme très puissante. C’est une option qui peut causer de réels dégâts », a d’ailleurs récemment estimé le sénateur indépendant Angus King, qui préside une commission du Congrès chargée d’examiner la cyber-stratégie américaine.

Un tel mode opératoire a d’ailleurs été utilisé au début des années 2010, avec le virus Stuxnet, lequel avait ciblé le programme nucléaire iranien en s’en prenant aux systèmes SCADA [Supervisory, Control and Data Acquisition] des unités d’enrichissement d’uranium. Cette opération, menée conjointement par les États-Unis et Israël, avait été appelée « Olympic Games ».

Cela étant, une attaque cyber ne serait pas sans risque… L’Iran ayant acquis des compétences solides en la matière. En témoignent les 30.000 ordinateurs du groupe pétrolier saoudien Aramco mis hors service en 2012 ainsi que les perturbations dans les opérations des banques américaines ou encore la cyberattaque ayant visé un casino de Las Vegas. Ces actions avaient été mises au crédit de pirates informatiques iraniens.

En outre, le général Hossein Salami, le chef des Gardiens de la révolution, a prévenu, le 21 septembre, que « tout pays qui attaquerait l’Iran verrait son territoire devenir le principal champ de bataille ».

Ce qui peut être interprété comme étant une référence à d’éventuelles cyber-attaques, d’autant plus que cette déclaration est survenu après des informations – démenties par Téhéran – de perturbations dans un certain nombre de serveurs et de sites internet iraniens, liés pour la plupart à des entreprises du secteur pétrochimique.

Reste que le recours aux opérations cyber à des fins dissuasives ont une limite. « Un élément clé de la dissuasion consiste à s’assurer que l’adversaire comprend les capacités fondamentales de l’autre partie. Contrairement aux armes nucléaires, bien connues du grand public, le cyberarsenal américain est gardé secret, de peur que les adversaires ne développent des contre-mesures si même les capacités de base sont connues », a ainsi souligné le New York Times.

Et d’ajouter : « Une partie du problème réside dans le fait que la cyberactivité est principalement clandestine. Il est donc facile pour un gouvernement de minimiser les conséquences d’une attaque ou de la nier. »

Source: www.opex360.com

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