Paris brûle-t-il ? par Michèle Mazel

2
952

Paris brûle-t-il ?

Michèle Mazel

 

Samedi dernier le monde entier a pu suivre, incrédule, les images qui défilaient en boucle   sur les écrans de télévision. Les flammes qui jaillissaient de bûchers improvisés sur « la plus belle avenue du monde, » les pavés arrachés servant de projectiles, le mobilier urbain dégradé et les policiers en tenue de combat avançant en phalange, tirant des gaz lacrymogènes tandis que les canons à eau faisaient reculer les émeutiers. Suivant les estimations de la préfecture, il s’agissait de quelques cinq mille personnes, dont beaucoup  protestant contre la vie chère et une minorité de casseurs venus comme dans chaque grande manifestation se livrer à la politique du pire et à l’occasion briser des devantures pour se servir.

Cinq mille personnes qui ont fait en quelques heures des dégâts considérables dont un manque à gagner catastrophique pour les commerçants un mois à peine avant Noël.  La période où ils réalisent souvent la moitié de leur chiffre d’affaires annuel.

A Paris, mais aussi à travers toute la France. Le drame quoi. Le gouvernement a pris la mesure du danger et des mesures sont à l’étude pour ramener le calme en apaisant le courroux populaire. Car on craint de nouvelles manifestations de masse samedi prochain et peut-être au-delà.

Comme cela s’est produit à la frontière entre Israël et la Bande de Gaza. On s’en souvient, pendant des semaines et des semaines – plus de six mois en fait – des dizaines de milliers de manifestants ont brûlé des pneus, jeté des pierres, des cocktails molotov et autres explosifs sur les soldats de Tsahal défendant la frontière.  Ils ont aussi   lancé des cerfs-volants puis des ballons incendiaires qui ont enflammé les champs, les forêts, les réserves naturelles. Le point d’orgue de ces manifestations qualifiées de pacifiques par les médias en Occident a été un déluge de missiles – 460 en quarante-huit heures – visant les populations civiles et faisant des morts et des blessés en Israël. Un calme précaire règne aujourd’hui, mais pour combien de temps ?

 

Rien de comparable dira-t-on. En effet. En France le mouvement de protestation est parti spontanément de la base, de la colère suscitée par des mesures impopulaires pesant sur les retraités et sur les habitants de la périphérie. Ce mouvement est encore diffus, protéiforme, sans objectifs clairement définis, sans programme et sans dirigeants.

A Gaza, par contre, c’est encadré par le Hamas que les manifestants sont amenés par autobus à la frontière. Ce sont les dirigeants du Hamas qui leur dictent les slogans. Ils ne font pas mystère de leur objectif. Forcer la frontière et déferler à l’intérieur d’Israël.

Autre différence, en France les médias s’accordent pour reconnaître que la plupart des protestataires se désolidarisent des actes de violence de petits groupes infiltrés venus de l’extrême droite et de l’extrême gauche et qui dénaturent leur combat.  Ces mêmes médias ne tarissent pas de louanges pour les émeutiers de Gaza dont ils donnent une image héroïque et flatteuse, saluant leur courage et leur détermination.

Vérité au deçà des Pyrénées, erreur au-delà écrivait Pascal il y a trois siècles et demi.

Par ©Michèle Mazel

 

2 COMMENTS

  1. Merci Elie de Paris de signaler ce qu’aucun journaliste n’a osé informer. J’ajoute qu’au vivre ensemble, on a substitué le vivre côte-à-côte, puis le vivre face-à-face et bientôt le vivre sans nous.

  2. Bien soft, tout ça…
    La France a beaucoup de chances.
    Combien avons nous reçu de ces petites vidéos de pillages, de destructions gratuites, de “mise-à-feu”, de magasins dévalisés, éventrés, avec ceux-là, hilares, les bras chargés ?
    Ceux-là ? Ils ne portaient pas de gilets, de quelque couleur qu’il soit. Ceux-là ?
    C’est ceux que tout le monde voit, mais ne regarde pas, dont on tait la haine, la rage et la prolifération.
    Ceux dont il ne Faut Pas parler.
    Les chances, pour la France…
    Appréhendés comme un évènement climatique. Ils trainent leur butin dans leur chambre, et sous le lit, dans le placard, la cave, tandis que maman prépare l’assiette.
    Mais bon, faut pas réveiller la banlieue.
    Dans les territoires, la République est perdue. Anesthésiée… Comateuse…
    La police n’y va même plus. La simple présence d’une casquette bleue est une provocation. C’est “ceux-là”qui me doublent à 140 sur le periph, brûlent les feux sans hesitations, et qui, si on les arrête, tutoient insolents, et sont libres, quelques heures plus tard.
    De ceux-là sortent nos agresseurs, tueurs, ” à nous”.
    Les chances pour la France.
    Dorénavant son destin.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.