Bataille aérienne (illustration)Bataille aérienne (illustration)Photo: ADV, ZM, USAF, obretix

Israël ne sera pas comme la Tchécoslovaquie » – 50 ans depuis l’opération Grenade 20 

Dans l’opération Grenade 20, pendant la guerre d’usure, les pilotes israéliens se sont battus contre leurs rivaux soviétiques dans les cieux égyptiens. Article de rappel du colonel (Res.) Pesach de Lubrani

Le 30 juillet 2020 marque le jubilé de l’une des opérations extraordinaires de l’armée de l’air, qui est entrée dans l’histoire – la bataille aérienne qu’elle a lancée et menée contre les avions de l’armée de l’air soviétique, arrivés en Égypte au début des années 1970 et ayant agi pour empêcher les avions de l’armée de l’air israélienne d’opérer dans le ciel.

La guerre d’usure, initiée par les Egyptiens après leur défaite lors de la guerre des Six Jours, s’est déroulée, selon un document officiel du ministère égyptien de la Défense (de 1998) entre juin 1967 et août 1970. Sa dernière phase, entre mars-avril 1969 et août 1970 est devenue, selon ce document, le projet d’ouvrir la guerre dans tous les domaines.

Aide de l’URSS 

Au cours de cette guerre, un nouvel ennemi d’Israël est apparu dans l’arène égyptienne, les forces soviétiques indépendantes, envoyées pour aider l’Egypte à se confronter à l’armée de l’air israélienne, dont l’influence sur la campagne s’est accrue, notamment avec le début des frappes en profondeur. Les dirigeants égyptiens et le commandement égyptien comprenant que l’Égypte était incapable de faire face à la supériorité aérienne israélienne a conduit à la décision de se tourner vers les dirigeants soviétiques et de leur demander d’envoyer des forces indépendantes en Égypte, pour mener les combats contre l’armée de l’air israélienne.

Il s’agit d’une décision inhabituelle de la part d’une (hyper-)puissance mondiale d’intervenir dans un conflit régional pendant la guerre froide. Les dirigeants soviétiques ont initialement débattu de la manière de décider de la question. Le président égyptien Jamal ‘Abd al-Nasser s’est adressé à eux après la fin de la guerre en 1967 avec une proposition d’envoyer des forces indépendantes en Égypte, en renfort de la faible défense aérienne égyptienne, mais les Soviétiques ont d’abord refusé, affirmant qu’ils n’étaient disposés qu’à aider à établir et à renforcer les lignes.

L’armée de l’air égyptienne et sa défense anti-aérienne n’ont pas réussi à défendre le ciel égyptien contre l’armée de l’air israélienne. Ce sombre tableau a été présenté par l’armée à  Nasser au début des années 1970 dans le cadre d’une discussion sur bilan de la guerre et de l’armée égyptienne. « Nasser a décidé de se rendre à Moscou pour une réunion urgente avec les dirigeants soviétiques et a exigé qu’ils déploient des forces soviétiques en Égypte capables de faire face aux avions israéliens (une décision similaire a été prise par le président syrien Hafez al-Assad après la destruction des batteries de missiles syriens pendant la guerre du Liban), en 1982).

Suite à cette réunion, le Kremlin a décidé d’envoyer en Egypte une division de défense aérienne en trois divisions, équipée de missiles sol-air S-125 Neva/Pechora (terminologie OTAN : SA-3 Goa), alors nouveaux et presque inconnus en Occident, ainsi qu’une force aérienne, qui comprenait une brigade de trois escadrons et un autre escadron indépendant, au total 70 MiG-21 améliorés et 102 pilotes, ainsi que des équipages soviétiques au sol et des contrôleurs.

Selon des sources soviétiques, l’Union soviétique a commencé à se préparer à la possibilité de lancer des forces dès le second semestre de 1969. Il s’agissait d’une réalisation stratégiquement importante pour l’Égypte et sa présidence, qui a été annulée deux ans plus tard, à la suite du retrait de ces forces par le président Sadate.

Batterie de missile S75. L'élément au centre est un radar, entouré de tranchées pour les lanceurs de missilesBatterie de missile S75. L’élément au centre est un radar, entouré de tranchées pour les lanceurs de missiles

Forces soviétiques indépendantes

Après une bonne organisation en Union soviétique, la Division de la défense aérienne a été transférée en Égypte, par voie maritime. L’opération a été surnommée le « Caucase » et a duré de fin février à début avril 1970. Outre les 18 batteries de missiles (selon une autre version – 24 batteries), sont également venues des unités de canons anti-aériens portables 24-ZSU et des missiles à l’épaule SA-7. La force était préparée, selon les premiers plans des équipages soviétiques, à monter au front et dans tout le Caire et à Alexandrie, ainsi que pour assurer la défense aérienne des bases de l’armée de l’air égyptienne, où l’armée de l’air soviétique, arrivée au même moment, était stationnée.

L’armée de l’air est arrivée par voie aérienne et s’est installée dans des bases de l’armée de l’air égyptienne qui lui étaient assignées. Après avoir terminé leur installation, les forces ont commencé à mener des activités opérationnelles, comme prévu. L’arrivée des forces indépendantes a été rapidement détectée par l’unité 848 (aujourd’hui 8200 israélienne). Il s’agissait d’une unité d’hommes et de femmes soldats russophones de Tsahal, établie dans l’unité après la guerre des Six jours, dans le cadre de l’organisation de la Division du renseignement, chargée de faire face à la présence soviétique dans les armées égyptienne et syrienne.

Les MiG-21 décollentLes MiG-21 décollent

Celle-ci a alors décelé la mise en place d’une organisation, en présence de conseillers, experts et instructeurs, venus participer à la réhabilitation des deux armées, former leurs hommes et augmenter leurs capacités opérationnelles et futures, ainsi qu’assurées par la présence de la cinquième flotte de la marine soviétique, notamment dans le bassin méditerranéen oriental. Les membres de cette unité ont été surnommés « les Grechkoy », du nom du ministre soviétique de la Défense de l’époque, le maréchal Andrei Grechko, qui n’aimait pas beaucoup l’Occident ni Israël.

Andreï Antonovitch Gretchko (en russe : Андре́й Анто́нович Гречко́)

L’Etat d’Israël et l’armée israélienne se sont retrouvés sur le front sud face à une puissance mondiale, et pas seulement à l’armée égyptienne. Le Premier ministre Golda Meir a annoncé le 28 avril 1970 que les forces soviétiques étaient arrivées en Egypte, déclarant qu’Israël serait prêt à les combattre.

« Donnez une leçon aux pilotes soviétiques« 

Les premiers avions abattus par les missiles soviétiques étaient des avions égyptiens, qui n’étaient pas équipés du nouveau moyen d’identification Amit-Predator (ZAT), avec lequel les Soviétiques équipaient tous leurs avions et systèmes radar. Ceci, suite à l’enlèvement du radar à Ras Gharb lors de l’opération Rooster 53 (26-27 décembre 1969 : Forces participantes, y compris le 50e bataillon de la Brigade Nahal, l’unité de reconnaissance . d’élite parachutiste Sayeret Tzanhanim et l’armée de l’air israélienne).

La mission Rooster 53 a été lancée à 21 heures le 26 décembre. A-4 Skyhawks et F-4 Phantoms ont commencé à attaquer les forces égyptiennes le long de la rive ouest du canal de Suez et de la mer Rouge . Cachés par le bruit des jets attaquants, trois Super Frelons Aérospatiale , transportant une force de la 35e Brigade de Parachutistes , dirigés par le lieutenant-colonel Arie Sidon et son adjoint Doron Rubin , se dirigèrent vers l’ouest en direction de leur cible. Faisant leur approche avec précaution afin de ne pas être repérés au préalable, les parachutistes ont submergé le contingent de sécurité légère à l’installation radar et ont rapidement pris le contrôle du site. [2]À 2 heures du matin, le 27 décembre, lorsque les parachutistes ont démonté la station radar et préparé les différentes pièces pour les CH-53, les deux hélicoptères ont été appelés de l’autre côté de la mer Rouge. Un CH-53 transportait la caravane de communication et l’antenne radar, tandis que l’autre prenait le radar plus lourd de quatre tonnes lui-même. [3] Les deux hélicoptères ont fait leur chemin de retour à travers la mer Rouge vers le territoire contrôlé par Israël.

Les pilotes israéliens ont également subi des pertes, mais réussit des attaques, qui ont entraîné la destruction de batteries et la mort d’équipages soviétiques.

Alors que les batteries de défense aérienne soviétiques ont réussi à dissuader des avions de l’armée de l’air israélienne, et ont eu recours à des tactiques y contribuant, l’armée de l’air soviétique n’a pas encore connu de succès et n’a pas réussi à intercepter les avions ennemis qui pénétraient sur le territoire égyptien, que ce soit à des fins de bombardement, de prises photographiques et de reconnaissance. Plusieurs tentatives ont échoué et les avions soviétiques sont revenus à la base sans obtenir aucun résultat. Les jeux du «chat et de la souris» que nos avions menaient devant eux, par définition, les ont conduits à recourir à diverses méthodes, notamment à tendre des embuscades et placer les avions devant les bases d’avant-postes, se montrer en silence et voler à basse altitude, pour ne pas être détectés par Tsahal, etc.

Ce fut le cas le 25 juin, lorsqu’un duo de MiG-21 a poursuivi un Skyhawk de Hayl Haavir (l’armée de l’air) et a réussi à le frapper en tirant un missile sur lui, le forçant à atterrir sur une base renforcée. Cet incident et celui qui l’a précédé le 22 juin ont indiqué la grande confiance en soi des pilotes soviétiques, et le degré de leur détermination à abattre des avions pour l’armée de l’air égyptienne, et dans ce contexte, on a décidé de réagir et de «donner une leçon aux pilotes soviétiques».

« Grenade 20 »

Structure de l'avion Nesher (illustration)Structure de l’avion Nesher (illustration)

Le MiG-21 est détruit, à la vue d'un avion israélienLe MiG-21 est détruit, à la vue d’un avion israélien

L’opération, qui était planifiée par l’armée de l’air, était surnommée «Grenade 20» et s’est déroulée le 30 juillet 1970, en territoire égyptien, dans le secteur sud du canal de Suez. L’opération avait pour but, selon ce qui est décrit sur le site Internet de l’armée de l’air, de préparer une embuscade aérienne pour les Soviétiques, lorsqu’un quatuor d’avions « Shakhak » (Mirage) entrerait en territoire égyptien en mission de surveillance-photo. Ceux-ci ont été localisés par le contrôle soviétique, qui a lancé deux quatuors MiG-21 dans leur direction, afin de les intercepter, puis un quatuor israélien d’avions «Nesher» et un trio d’avions «Shakhak» qui attendaient à une certaine distance de la zone sont entrés en action.

L’embuscade sophistiquée de l’armée de l’air a réussi, et dans une bataille aérienne de masse qui a eu lieu, à laquelle 24 MiG-21 soviétiques ont pris part contre 14 avions de combat israéliens, cinq avions ennemis ont été abattus sans faire de victimes pour les forces de Tsahal. ).

Il y avait aussi un stratocruiser surdimensionné (Boeing 377), en mission spéciale : à bord des systèmes de communication et des membres de l’unité « Crochet » de l’IAF, spécialisés dans l’écoute électronique et le déchiffrement de l’activité soviétique au Moyen-Orient. En outre, l’armée de l’air a signalé exactement le moment où les avions ennemis décollent.

Les pilotes soviétiques se sont retrouvés encerclés de toutes les directions et le masquage du contact ne leur a pas permis d’obtenir des conseils depuis le sol – leur méthode de travail préférée. Les agents de contrôle au sol ont paniqué; Où sont passés leurs avions? Pourquoi personne ne répond? Est-il possible qu’Israël ait déjà coupé court à tout le monde? Une bataille aérienne vertigineuse était sur le point de commencer.

Un avion aigle manoeuvrant, à sa gauche un MiG-21Un avion aigle manoeuvrant, à sa gauche un MiG-21Photo: saboutnik

Ce fut un «jour noir» pour les forces soviétiques en Égypte, et à Moscou également, ce fut une grave surprise pour les dirigeants politiques et militaires. C’était la première fois depuis la fin de la guerre de Corée que des avions de l’armée de l’air soviétique étaient abattus, et cette fois par des pilotes israéliens. Les Soviétiques justifieront les résultats de la bataille en disant que leurs pilotes étaient inexpérimentés et agissaient selon les tactiques traditionnelles, tandis que les pilotes israéliens étaient qualifiés et avaient une vaste expérience opérationnelle.

Selon des sources soviétiques, au moins certains d’entre eux auraient été des pilotes américains volontaires d’origine juive, qui auraient acquis de l’expérience dans la guerre du Vietnam, ce qui expliquerait leurs exploits contre les avions soviétiques et leurs taux de survie élevés contre les batteries de missiles. Moscou s’est dépêché d’envoyer en Égypte, le lendemain de la bataille, le commandant de l’armée de l’air soviétique, le maréchal Pavel Kutahov, qui a averti ses hommes de ne pas parler de la bataille et de ses conséquences, car quiconque le ferait se retrouverait dans un avion en route pour la Sibérie. Kutahov a ordonné à ses pilotes de ne pas traverser le canal de Suez vers le Sinaï, ni de participer à d’autres batailles aériennes face aux avions israéliens. Les Soviétiques ont également créé une commission d’enquête sur l’Égypte, avec l’armée de l’air égyptienne.

Tout le monde a gardé la bataille sous le sceau du secret pendant un moment. Néanmoins,  Radio Moscou a diffusé ce jour-là l’annonce d’une bataille aérienne en Egypte, au cours de laquelle quatre MiG-21 égyptiens avaient été abattus, ce qui a été démenti par les Egyptiens. Environ deux mois après la bataille, le Washington Post a publié, sur la base de sources égyptiennes, une information sur l’existence de la bataille et ses résultats. Le Premier ministre Golda Meir a admis en octobre 1970 qu’Israël avait combattu contre des avions pilotés par des pilotes soviétiques. À ce jour, les médias soviétiques / russes couvrent rarement l’événement, apparemment à cause de l’embarras qui l’a accompagné.

« Israël ne sera pas comme la Tchécoslovaquie » 

Le ministre de la Défense Moshe Dayan a même écrit dans son livre que, lors d’un interrogatoire des pilotes de l’armée de l’air, il leur a dit que « la bataille a une importance politique de grande portée » et que bien qu’Israël n’avait aucun intérêt à se laisser entraîner dans l’escalade, surtout avec l’Union soviétique, « Israël ne sera pas comme la Tchécoslovaquie, nous nous battrons Et nous vivrons. « 

Les résultats de la bataille ont même causé de la joie durant l’Aïd dans l’armée de l’air égyptienne en raison de l’échec russe, démontrant  que les pilotes soviétiques n’avaient pas eu plus de succès qu’eux en confrontation directe contre les pilotes de l’armée de l’air israélienne. Les pilotes égyptiens n’ont pas pu contenir leur rire devant leurs instructeurs, et Nasser a été contraint de passer l’ordre explicite à ses pilotes de ne pas le faire (rire des Soviétiques).

Le président égyptien Hosni Moubarak, alors chef de l’armée de l’air égyptienne, a déclaré au président Ezer Weizmann lors d’une de leurs réunions, neuf ans après la bataille, qu’il avait suivi la bataille et savait exactement ce que les Israéliens avaient préparé pour les pilotes soviétiques. Parce que les Égyptiens étaient en colère contre eux à cause de leur attitude méprisante à leur égard, et à cause du mépris pour leurs instructeurs et les capacités de vol des pilotes égyptiens, ils ont décidé de ne rien leur dire, et se sont dit qu’ils allaient le savourer, qu’eux aussi goûteraient ce que les Israéliens avaient préparé pour eux.

Le message était: ne plaisantez pas avec IsraëlLe message était: ne plaisantez pas avec Israël Photo: site Web de l’armée de l’air

Un autre facteur de succès dépendait d’un partenaire à part entière dans la bataille : les membres de l’unité 848 (maintenant 8200) qui se sont bien préparés pour l’événement. Au-delà du fait que leur travail continu depuis l’arrivée des forces soviétiques indépendantes a contribué à la reconnaissance de leur ligne de conduite et a servi les planificateurs de l’armée de l’air dans cette opération, ils ont apporté une contribution importante pendant la bataille elle-même et l’ont améliorée grâce à leurs « grandes oreilles ».

Toutes les connaissances qu’ils ont absorbées pendant ce temps a été rapporté à l’armée de l’air, y compris l’agitation et la grande confusion qui régnait du côté soviétique, à la suite de la bataille surprenante que les Israéliens ont organisée à leur encontre. Le commandant de l’armée de l’air soviétique en Egypte, le général Dolnikov, a tenté en vain de mener ses pilotes au combat. Mais les blocages résultant de la guerre électronique qui ont été activés lors des communications avec eux, ne l’ont pas permis et ont déstabilisé les Soviétiques. Les cris et les malédictions qu’ils ont prononcés dans ces relations ont exprimé leur impuissance totale pendant la bataille. Ce fut peut-être le point culminant du travail de l’unité «Crochet» pendant cette période mouvementée.

Les Soviétiques ont vengé cette défaite, qui a porté atteinte à leur prestige, dans la bataille qui a eu lieu le 3 août, entre les avions de l’armée de l’air et leurs batteries de missiles, lorsqu’ils ont réussi à lancer un missile en embuscade qui a affecté l’un des avions, et en a frappé un autre. C’était la dernière bataille entre l’armée de l’air et les forces de la puissance soviétique stationnée sur le sol égyptien. Le 7 août, le cessez-le-feu est entré en vigueur et les Égyptiens ont réussi à faire avancer leurs batteries de missiles dans le canal, comme une étape préparatoire à la prochaine guerre – la guerre de Yom Kippour.

Les Russes craignaient que ces informations classifiées, et piratées par la future unité 8200 ne soient transmises aux États-Unis, qui pourraient les appliquer à l’échelle mondiale, ce qui les obligerait à remplacer toute leur théorie des communications militaires – et limiterait la capacité de l’URSS à démontrer sa puissance et à faire fonctionner son armée efficacement. Les pilotes de Tsahal sont bons, voire excellents – mais les services de renseignements de Tsahal sont tout simplement « monstrueux ». Et lorsque vous opérez à proximité de telles infrastructures de renseignement, vous vous mettez en danger partout dans le monde.

En bout de ligne, l’opération Grenade 20 a été couronnée d’un succès vertigineux et aurait pu empêcher une guerre très dangereuse au prix de seulement six MiG abattus. Aujourd’hui, les Russes sont au Moyen-Orient pour d’autres raisons, et essaient d’éviter les incidents avec l’armée de l’air israélienne (je vous parlerai des risques qui en découlent une autre fois

Adapté de la version en hébreu : Marc Brzustowski

israeldefense.co.il/

27 Commentaires

  1. En effet Alex.
    La sauvegarde de notre libre arbitre rend nécessaire le « Tsimtsoum », c.à.d que bien qu’étant omniprésent et tout-puissant, Hashem s’est rendu en quelque sorte « invisible », d’où l’illusion de notre puissance…
    De fait, même notre libre arbitre est un cadeau de Dieu (les animaux ne l’ont pas, et donc la future récompense de son bon usage sera aussi un peu un cadeau, le résultat d’un privilège).
    Cela dit, si la tendance avait été de ne parler que de Dieu au lieu de ne parler que de nos héros, beaucoup en auraient ressenti un certain malaise (« Serions-nous fanatiques ?! » etc.)
    Ce qui indiquerait notre tendance naturelle à être surtout gêné dans un sens (ne rappeler qu’Hashem), mais beaucoup moins dans l’autre (ne rappeler que nos héros).
    D’où la nécessité réparatrice de s’efforcer de rappeler surtout la Providence Divine, afin de rétablir le bon équilibre.
    Mais ne vous en faites pas, il est écrit (à propos de Néhémia) que « Dieu rappelle les oublis et oublie les rappels », c.à.d que si on oublie de souligner le mérite de nos héros, c’est Dieu qui le fera! (Hashem s’arrangera par exemple de les rendre célèbres)
    Tandis que si on souligne nos propres mérites personnels, alors Hashem risquerait de « les oublier »…
    Lorsque Moïse se fit ordonner de venger Israël des Midianites(Parasha de Pinhas, Nombres), de suite Moïse ordonna de « venger Hashem  » des Midianites, chacun se soucie de l’autre, en témoignage de notre union vivante.
    En conclusion, mieux vaut cette tendance que l’autre.
    Sur le terrain, estimons nous heureux si les personnalités officielles du gouvernement ou de l’armée rappellent ne serait-ce qu’une seule fois : B »H! »
    J’espère b »H avoir écrit de manière compréhensible et claire… sinon excusez mon français.

  2. Oui Avraham vous avez tout à fait raison .

    D. rentre avec vous dans Gaza , au Liban etc….il vous accompagne dans toutes les guerres ; C’est le rabbin qui vous apporte sa bénédiction qui vous le dit avant chaque campagne .

    Effectivement les résultats sont là et combien de jeunes s’attendaient à plus de pertes tellement la mission était difficile et dangereuse . Je pense à Gaza par exemple . Oui D. vous accompagne partout , dans toutes vos missions sacrées et nous en sommes reconnaissant .

    Il était temps .

  3. C’est bon d’être fier de Tsahal, « On ne rigole pas avec Israël » etc. Ah c’est super !
    Moi même j’ai eu l’honneur de porter l’uniforme des « surhommes » ah!… je rêvais même de devenir un Rambo à l’Israélienne.

    Le seul petit problème c’est que j’ai fait mes classes pendant la guerre du golfe’ que j’étais trop maigre pour l’uniforme et qu’en rampant le pantalon restait parfois en arrière à cause du matériel accroché au pantalon, que certaines balles rouillées restaient dans le Canon (danger d’explosion à la figure…), que mon unité d’immigration était si hétérogène que l’un ne comprenait pas l’autre, que la neige avait paralysé les ravitaillements ainsi que les patrouilles juste au moment où …aïe…
    En bref, bien que (ex)laïc, j’ai bien été obligé d’admettre pas A+B que c’est Dieu qui nous a accordé ces victoires car on aurait très bien pu faire une bonne chair à canon. Sauf que grâce à Dieu, on a finalement réussi toutes ces guerres.
    Bien que l’article soit beau, il serait plus Juif de louer Hashem au lieu de se prendre pour une super nation. On voit bien aujourd’hui que les Israéliens sont des manifestants pas toujours admirables, comme les foules normales du monde entier. On n’est pas des super héros, non. Si Dieu ne nous avantageait pas on serait cuits et archi cuits… Seulement voilà : Dieu nous aime et nous avantage !
    Il ne serait pas joli de notre part de ne pas rendre hommage au seul qui le mérite :
    Hashem.

    • Avrahem, nous pouvons faire les deux et à juste titre : louer Hashem ET admettre que nous sommes une grande puissance. Hashem ne fait pas tout pour nous. Il nous laisse notre liberté et notre intelligence (tout l’inverse des idoles chrétiennes et du tyrannique Allah du coran) et le « miracle » que réussit Israël est celui de notre merveilleux peuple, celui du cerveau puissant grâce à la Thora et au Talmud. Et bien sûr, grâce à ce que nous permet de réaliser Hashem, comme toujours pour le bien et la lumière du monde.

  4. Israël savait que l’Egypte attaquerait .

    C’est inimaginable ce qui s’est passé ce fameux jour de Kippour .

    Cela nous a coûté trés cher mais à la finale on a obtenu la paix avec Sadate , cette paix qu’il a payé de sa vie .

  5. Le matériel ne fait pas tout .

    Aucun Peuple n’est autant motivé à défendre sa patrie comme celui d’Israël .

    Posez la question à tous les jeunes qui sont incorporés et qui participent à des missions dangereuses au quotidien : rentrer dans Naplouse de nuit pour aller chercher des terroristes par exemple .

    Ils vous répondront tous  » c’est notre devoir de défendre notre pays et nos familles  » .

    Quel est le gamin qui n’a pas un de ses proches ou ami tué lors de combat ou d’agressions criminellles ?

    Oui la motivation est un facteur qui fait aussi la différence .

  6. En 1948 , les anglais etaient encore dans la region et ils voulurent continuer a dominer le ciel d Israel , deja a l epoque Ben GOurion avait donné ordre a Tsahal de leur donner une leçon …. les pilotes juifs avaient alors abattu plusieurs spitfire anglais ….
    c est la leçon a ne jamais plus oublier : personne ne nous dominera plus et nous ne dependrons de personne

    • @Amouyal
      « les pilotes juifs avaient alors abattu plusieurs spitfire anglais …. »
      Vous m’apprenez quelque chose. Fin 1948, Ben Gourion avait pourtant ordonné à Allon de se retirer du Sinaï où il était entré avec ses troupes, pour ne pas risquer une confrontation avec l’Angleterre alors alliée de l’Egypte. De même, il a ordonné aux troupes Juives de se retirer de Rafa dans la bande de Gaza. Pouvez-vous préciser vos sources sur cette affaire de Spitfires Anglais abattus par les Juifs?

  7. Juste un petit rappel amusant,

    Pendant que Kokhavi amuse la galerie des médias avec le petit Nasrallah, le travail est fait secrètement chez les gardiens de la révolution, dans des salles de jeux appartenant aux « CGRI », une fois ils jouent aux dames, une autre fois aux échecs, une autres fois au Back-gamon, mais chaque fois çà finit par des grands Boums ! montrant la joie des participants, avec Photos et vidéos à l’appui ! Les gardiens de la révolution adorent les explosions et disent aujourd’hui qu’ils jouent à lancer des feux d’artifice…

    M’est avis que les CGRI se dépêchent de ramasser les dollars des Ayatollah – les ryals seront pour le peuple, ceux qui doivent rester.

    Quand donc le peuple se réveillera-t-il ?
    Je crois qu’il a compris et qu’il garde le silence pour laisser Israël finir le travail…
    Avant que l’Europe vienne au secours des Ayatollah, France en tête, pour héberger le petit fils de Khoméni.

    Mais je crois que l’Iran sera un grand ami d’Israël, à mon avis dans pas longtemps.

    Au fait, les derniers feux d’artifices se sont déroulés à Tabriz, autre base des CGRI.

    A plus !

  8. Je crois aussi que depuis ce temps d’apprentissage et de fautes dues à une trop grande fierté (Moché Dayan), Israël ne s’est pas trop endormi…

    … « que lorsque vous opérez à proximité de telles infrastructures de renseignement, vous vous mettez en danger partout dans le monde »…

    Qu’en effet, les Russes avalent des couleuvres géantes… souvenons-nous des menaces de Choïgu, qui accusait Tsahal de cacher ses avions derrière leur super Monstro prétendu avion civil, abattu par les Syriens alors que nos avions étaient déjà à la maison.

    Que les Soviets accusent ensuite Tsahal de cacher ses avions derrière l’avion « civil » iranien alors qu’ils s’agissait des F-15 US… Les voient Tsahal partout… drôle de maladie.

  9. Guerre de Kippour, 6 octobre 1973 : un document déclassifié publié en 2012 après la Commission Agranat montra qu’un agent, Ashraf Marwan, avait prévenu le directeur du Mossad, Zvi Zamir, le 5 octobre 1973, de l’imminence « d’un avertissement au sujet de la déclaration de guerre » mais que l’information n’était pas immédiatement remontée au vice-Premier ministre Yigal Allon

    • @Marc
      Le 5 octobre 1973 il était un peu trop tard pour alerter le gouvernement israélien d’une invasion égyptienne massive démarrant le même jour dès 18heures, et de toutes manières le gouvernement n’en a pas fait grand cas. Dans tous les cas, ce n’est pas en 24heures que l’Egypte a pu assembler 2000 chars, 550 avions de combats, des centaines de milliers d’hommes, des dizaines de milliers de pièces d’artillerie mobiles, etc.. pour attaquer le Sinaï. Le renseignement israélien fut parfaitement défaillant à noter les préparatifs égyptiens depuis des mois, voire probablement des années avant octobre 1973, et Israël l’a payé très cher en pertes humaines, matérielles, et des années de crise économique qui ont mené Begin au pouvoir en 1977.

      • Concernant Ashraf Marwan, son rôle ne concerne que la transmission de la décision finale d’attaquer (et au mieux le suivi de la chaîne décisionnelle au plus haut niveau du cercle étroit autour de Sadate, dont il était le gendre.° Il ne peut donc s’agir de l’ensemble du panorama du suivi des préparatifs militaires stricto sensu, qui occupaient d’autres services notamment de l’AMAN et du Mossad.

        L’Égypte n’ayant pas donné de signe outre mesure d’une augmentation de ses capacités militaires, le Mossad n’a pas jugé qu’un danger imminent menaçait l’État hébreu. Le rapport recommande aussi la démission de responsables militaires, à savoir le chef d’état-major David Elazar, du responsable du Commandement Sud, le major-général Shmuel Gonen, ainsi que d’autres officiers et responsables du renseignement israélien.

        La crise économique est partiellement due à la guerre, mais surtout à l’embargo sur le pétrole, décrêté par l’OPEP, donc à la perte de soutien extérieur pour ne pas être sanctionné par les détenteurs de réserve. On sait ce qu’il en a été grâce aux travaux de Bat Ye Or sur les pressions de l’OCI contre les pays entre autres européens.

        Sur le déroulement de la guerre elle-même, grâce à une résistance héroïque, notamment sur le plateau du Golan, les troupes ont eu deux jours pour se mobiliser pleinement, et en deux jours les lignes syriennes, puis égyptiennes étaient enfoncées ou partiellement. Catastrophe de l’impréparation, mais retour en force qui limite les dégâts et même reprend ensuite du terrain.

        • @Marc
          Quelle qu’ait été l’information transmise par le Mossad au Gouvernement Israélien le 5 octobre 1973, il a commis des fautes d’évaluation impardonnables car très lourdes de conséquences. Des dizaines de signes montraient que Sadate se préparait depuis l’échec de la guerre d’attrition en 1970, à attaquer Israël. Il n’a pas pu s’entendre avec le Syrien Hafez-el-Asad, Hussein de Jordanie, Brejnev, etc… et préparer minutieusement une offensive, jointe aux Syriens, d’une telle envergure, sans que personne en Israël ne s’en soit rendu-compte? Il y a eu conjonction d’une forte baisse de moralité dans la Tsahal, minée par l’arrogance et la vanité de ses officiers supérieurs, et d’une préparation rigoureuse de Sadate, Assad et Moscou. Le Mossad a certes connu des succès en 1960, mais aussi de nombreux échecs dans les années 1970, et ne pas avoir pris la peine d’évaluer clairement les forces de son ennemi, et s’être ainsi fait rouler dans la farine par les arabes, a montré une incompétence inacceptable pour l’Etat Juif.

          Ne minimisez-pas, non plus l’impact économique de ce séisme d’octobre 1973. Israël y a perdu plus d’une année entière de sa production nationale. Des milliers de jeunes israéliens que Rabin appelait « les déchets du Sionisme » ont préféré émigrer, et la crise économique a réellement duré jusqu’aux réformes de 1986.

          Enfin, au moment du cessez-le-feu, la partie nord de la rive Est du canal de Suez était toujours occupée par l’Egypte. Certes Sadate était aux abois, mais il restait présent dans le Sinaï. De plus Golda Meir a commis 2 fautes stratégiques graves: la première fut de ne pas avoir occupé Damas, qui n’avait certes aucun intérêt stratégique militaire, mais un intérêt politique évident; la seconde fut de ne pas être entré au Caire, pour la même raison. Je rappelle qu’un principe fondamental de l’Art de la guerre est d’annihiler l’ennemi totalement. Golda Meir avait certes mis Israël en alerte nucléaire et était prête à bombarder le Caire et Damas, mais elle a commis de couteuses fautes stratégiques ensuite, même si elle a voulu exterminer la troisième armée égyptienne encerclée dans le Sinaï.

          Par conséquent, je ne vois pas quel terrain Israël aurait gagné dans cette guerre du Kippour?

          • Israël débute très mal cette guerre-surprise et ramène l’Egypte à 101 km du Caire et la Syrie à 40 km de Damas. Pendant ce temps, Soviétiques (qui voient la 3ème armée égyptienne complètement encerclée) et Américains négocient un cessez-le-feu : croyez-vous franchement que c’est en occupant Damas et le Caire 10 millions d’hbts) au nez et à la barbe des grandes puissances ( à part dans les films de fiction) que Golda Meir allait remporter « une grande victoire stratégique »? C’est certainement simple depuis votre appartement parisien, mais sur le terrain, ça ne s’est pas passé comme ça, en tout état de cause.

            Par contre l’encerclement de la 3ème armée a conduit l’Egypte à vouloir sortir définitivement du giron soviétique -(c’est encore la guerre froide) et ne serait-ce que cette « rallonge » (non-territoriale) du principal pays arabe CHANGEANT DE CAMP pour passer au sein des forces « pro-occidentales » change absolument tout pour l’avenir des relations israélo-« arabes » (on le voit avec Moubarak, mais surtout Sissi) : la défection de l’Egypte, la paix « froide » de Camp David met un terme définitif aux guerres dites « israélo-Arabes » : Israël ne combattra plus que des groupes insurrectionnels ou terroristes comme le Hezbollah, Hamas, une guerre de légitimité. Peut-être l’Iran et les restes de l’armée « syrienne » colonisée par Téhéran ou Moscou… Contrepoids : l’émergence de l’Iran hostile se débarrassant du Shah.

            Mais, depuis, toutes les guerres arabes ont leur épicentre vers l’Est et chasser Israël n’est plus le cœur de leurs problèmes, sinon dans les discours : implicitement, ça mène à quoi? Eh bien, après deux Intifadas où aucun pays arabe n’a bougé le petit doigt, à la délégitimation progressive de la sacro-sainte « cause palestinienne », qui se subdivise en deux : les Islamistes radicaux et les corrompus. On a dissocié monde arabe et « Palestiniens » et peu à peu tant va la cruche à l’eau, qu’à la fin…
            . A preuve les rapprochements avec le Golfe contre l’Iran, ou la coalition en Libye hostile aux Turcs. Israël se joue des alliances ou retrouve une place sur le « siège arrière », mène des « guerres entre les guerres », mais ne connait plus de « menace existentielle ». Donc aucun besoin d’occuper le Caire ou Damas : pour quoi y faire? Une guérilla permanente? On a vu en revanche au Liban ce que peut donner une « occupation » durant 18 ans d’un territoire étranger et ses inconvénients, ne présentant pas d’autre objectif stratégique que de s’y maintenir (Bande de sécurité de dix km).

            Sur Kippour en soi : Sadate, obstiné, lança le 14 octobre une attaque concentrée. Celle-ci se révéla un échec cuisant. 400 chars égyptiens attaquèrent 800 chars israéliens en position défensive, soutenus par la force aérienne. Le résultat fut le tournant de la guerre du Kippour. Les Israéliens malmenés depuis le 6 réussirent finalement à reprendre l’initiative : le 14 octobre, sur 400 chars égyptiens, 250 furent anéantis. En outre, pour développer cette attaque, Sadate utilisa les 4e et 21e divisions blindées, vidant ainsi l’ouest du canal de Suez de réserves stratégiques, ce qui déséquilibra le dispositif général égyptien. Les généraux israéliens exploitèrent ce point faible en traversant le canal à leur tour, et en commençant à liquider au sol le redoutable dispositif égyptien de missiles SA-6 qui paralysait jusqu’alors quasi totalement l’aviation israélienne, et lui avait infligé, entre le 6 et le 14 octobre, les plus grandes pertes de son histoire.

            Avant que la guerre ne s’arrête, une division israélienne était arrivée à 101 kilomètres de la capitale égyptienne Le Caire. Il faut cependant relativiser ce chiffre car la ligne de front au début du conflit était à 110 km du Caire.

            Du 11 au 14 octobre, la poussée israélienne les amena à 40 km des banlieues de Damas qui étaient à la portée de l’artillerie. Le roi Hussein de Jordanie décida alors que la situation exigeait l’intervention de son armée. Certaines sources rapportent ainsi qu’il fit le nécessaire pour envoyer des troupes jordaniennes en soutien aux Syriens tout en évitant d’être attaqué par les Israéliens à ses propres frontières. Ces derniers ne souhaitaient pas non plus ouvrir un troisième front. Par ailleurs, l’Irak expédia quelque 30 000 hommes, 500 chars d’assaut et 700 APC. Les efforts combinés des armées arabes empêchèrent Israël d’avancer davantage. Donc inutile de croire qu’il aurait été « simple » d’occuper Damas. Il suffisait juste de montrer qu’on n’en était pas loin et que sans les alliés Irakiens et Jordaniens, c’en était fini de l’armée arabe syrienne.

            Le 22 octobre, les brigades israéliennes récupérèrent la position du mont Hermon malgré de lourdes pertes dues aux franc-tireurs syriens. Les pertes des attaques contre cette position furent lourdes mais le sommet du mont fut occupé par une brigade parachutiste israélienne à la suite d’une brèche percée par un bulldozer D9 de l’infanterie.

          • @Marc
            Votre analyse n’est pas fondée. Imaginez-vous sérieusement les Allemands, en 1940, s’arrêtant à portée de canon de Paris et s’abstenant de prendre la ville, préférant négocier? imaginez-vous les Russes en avril 1945 s’arrêter à 40 km de Berlin et choisir de négocier avec Hitler? Verriez-vous les Syro-égyptiens, ayant battu les israéliens, s’arrêter à 40 km de Jérusalem et préférer « négocier » plutôt que de jeter les Juifs à la mer?

            En octobre 1973, les Juifs sont arrivés à porté de canon des faubourgs de Damas. Beaucoup de gens s’attendent à les voir entrer dans la capitale syrienne à l’agonie. Kissinger s’y attendait puisqu’il a imploré l’Ambassadeur Israélien Dinitz à « ne pas avancer plus ». Golda Meir a certainement hésité avant de commettre la faute grave d’y renoncer.

            De même, la contre-offensive de Sharon et Adan est arrivée à 101 km du Caire. Sadate est aux abois. Comme il a jeté toutes ses forces dans le Sinaï, il n’a plus qu’ne division mécanisée et une brigade de parachutistes pour défendre le Caire, face à l’armada israélienne qui avance. Il demande aux habitants du Caire de se barricader et défendre la ville « jusqu’à la mort », donc il s’attend à voir les Juifs prendre la capitale.

            La question des grandes puissances est simple: les Russes ont alors préparé une intervention unilatérale, loin d’être gagnée comme l’a montré leur repli après leur échec de juillet 1970. Nixon a alors lancé l’alerte nucléaire mondiale des B52, Defcom B, et les Russes se sont une fois de plus couchés. Ils n’auraient jamais risqué une confrontation nucléaire avec les Américains pour les beaux yeux des arabes.

            La décision s’est donc retrouvée entre les mains de Golda Meir, qui certes voulait que Sadate vive « le goût amer de la défaite », mais était d’une génération qui avait connu un Israël tellement faible qu’elle reculait devant les pratiques impérialistes, même temporaires. Elle était certes « le seul homme du gouvernement » » mais manquait des « guts and balls » pour cela.

            Le rapport coûts/avantages de l’occupation par Israël des 2 capitales arabes ne se discute même-pas. Les Syriens, eux, voyant leur économie détruite n’ont pas hésité dès 1974 à piller le Liban voisin pour se renflouer. En 1982 Israël est monté jusqu’à Beyrouth, cette fois-ci.

            En conclusion, il est clair qu’en 1973, Israël n’avait pas un plan géostratégique clairement défini face à ses voisins arabes. Israël qui avait déjà perdu une année entière de PIB en 3 semaines de guerre, a ensuite payé durant au moins 15 ans les conséquences des fautes stratégiques de ses dirigeants incompétents.

          • Asher Cohen, vous partez comme un illuminé sur un modèle de conflit, où Israël, seul au monde, décide de tout et impose à l’URSS et à Washington jusqu’aux derniers de ces désidératas. Vous ignorez totalement qu’à ce moment, la détente entre les deux grandes puissances est à son Zénith et que le petit Etat Juif que vous confondez allègrement avec l’empire romain, avec le III è Reich ou l’Union Soviétique confondus, ne va pas s’élever contre la main qui lui envoie un pont aérien pour lui sauver la mise et lui permettre de renverser la situation.

            La guerre de Kippour a permis d’éprouver l’efficacité des instruments mis en place par les deux Grands lors des sommets de Moscou et de Washington pour assurer la prévention des conflits nucléaires. Qu’il y ait eu les 24 et 25 octobre, entre Américains et Soviétiques, une épreuve de force et non, comme on l’a suggéré parfois, une comédie de complices, cela n’est guère douteux, même si à cette occasion les dirigeants des deux principales puissances du globe n’ont pas été mécontents de montrer à leurs protégés respectifs – et au reste du monde – que rien d’important ne pouvait se faire sans eux. Moins considérable sans doute que lors de la crise des fusées en 1962, le risque de conflit nucléaire n’a pas été nul. Et pourtant, ce qui s’est joué entre les deux Grands, ce n’est pas une série désordonnée de coups de dés et de coups de bluff, mais une partie soigneusement codée, dans laquelle chacun a pris soin de faire avancer ses pions avec prudence, en multipliant les signaux et en tenant compte de ceux émis par le partenaire. Telle est la principale signification des menaces d’intervention de Brejnev, comme de la mise en état d’alerte par Nixon des forces américaines. Le « condominium » américano-soviétique n’a donc pas été détruit, ni même affaibli par la crise d’octobre 1973, laquelle a seulement révélé au monde comment il fonctionnait à l’heure de la parité stratégique et de la « destruction mutuelle assurée ». En dehors de la zone directement concernée par le conflit, aucun des acteurs de second rang n’a eu à jouer le moindre rôle dans la partie. Ni la Chine, qui s’est continûment tenue sur une prudente réserve, ni l’ONU où la situation ne s’est débloquée que lorsque Washington et Moscou ont bien voulu qu’il en soit ainsi, ni les alliés européens de l’URSS, ni ceux des États-Unis, traités, comme le dira Michel Jobert, en « non-personnes », n’ont eu d’autre choix que d’assister en spectateurs inquiets au marchandage des deux Grands.

            Pourtant, les événements d’octobre 1973 ont en même temps montré que les superpuissances avaient de plus en plus de mal à contrôler, à l’épicentre du séisme, le jeu des acteurs secondaires et qu’il ne pouvait y avoir de solution à la crise que si les intéressés étaient prêts à l’accepter. Ce qui nous ramène aux problèmes de la région et à l’évolution du rapport des forces sur le terrain.

            N’étant pas à une guerre nucléaire pr7S (en cas d’annihilation des deux alliés des Soviétiques : que se seraient-ils donc passé à l’époque d’un tel bras-de-fer????] Vous raisonnez en fanatique aveugle, sans aucune notion des rapports de forces mondiaux. Aussi vous laisserai-je une fois de plus (ce n’est pas la première où on vous sent partir en vrille et perdre toute notion du réel) à votre délire de toute-puissance et à votre suffisance (dirigeants juifs incompétents, etc.). Absolutiste, vous êtes le Louis XIV, le Roi Soleil des forum… Allez foncez, rasez Moscou, Bagdad et Téhéran, la route est ouverte!

            Le sujet du post s’en tient à l’opération grenade 20 et à ses gains en termes de prouesses aériennes, mais surtout de la fameuse future unité 8200. Au-delà de la guerre gagnée de Kippour, le Moyen-Orient en a été définitivement changé, l’Egypte est sortie de la sphère marxisto-arabe, c’en a été fini des guerres conventionnelles contre une ligue arabe au grand complet. Si vous êtes incapable de l’entendre, restez focalisé sur vos exterminations de capitales arabes pour le spectacle à la Mad Max, il semble que, sans un coup férir, la capitale du Hezbollah vienne de s’enrhumer.

          • @Marc
            En 1948, le Général Marshal a prévenu Ben Gurion que s’il proclamait l’Etat Juif il ne recevrait pas un dollar, ni une seule munition, des Etats-Unis. Ben Gurion a-t-il pour autant reculé? Non, et il a obtenu l’armement de Staline, probablement avec une contrepartie. Qu’avaient à perdre alors les survivants de la Shoah, surtout quand ils avaient été internés des années à Chypre ou en Europe centrale dans les camps de personnes déplacées? L’Amérique est-elle alors intervenue pour empêcher la proclamation de l’Etat? En octobre 1973, Abba Eban a obtenu le pont aérien américain, opération Nickel Grass, que l’Europe a cherché à saboter, en menaçant Kissinger de frapper nucléairement Damas et le Caire. Vous n’avez-pas compris que, surtout après la tentative de génocide Nazi, c’est la survie de l’Etat Juif qui passe en premier.

            C’est vous qui cherchez à ignorer la Réalité. En octobre 1973 les Russes ont fini par renoncer à leur intervention unilatérale devant l’alerte nucléaire de Nixon, qui a pris cette décision en apprenant la livraison par les Russes d’ogives nucléaires à Sadate. Et je vois mal les Américains intervenir pour empêcher les Juifs d’entrer à Damas et au Caire pour défendre la survie de l’Etat Juif, d’ailleurs Golda Meir a longtemps refusé le cessez-le-feu, et Sharon et Adan ont continué à avancer sur Suez City dans les dernières heures précédent le cessez-le-feu. De plus des éléments de la troisième armée égyptienne, encerclée et condamnée à périr de faim et de soif, ont tenté des opérations de sortie bien après le cessez-le-feu, preuve que la survie passe avant-tout.

            La guerre n’est-pas une affaire de bisounours. Pour les Juifs, la guerre c’est la tête de l’ennemi ou la leur. Vous pensez sérieusement qu’en octobre 1973 le Juif qui voit les siens tomber face aux syriens ou aux égyptiens va se soucier des grandes puissances?

            Quand en 1979 les Américains ont découvert que les cibles nucléaires des israéliens étaient situées en territoire soviétique, pensez-vous qu’ils aient reproché aux Juifs de ne pas les avoir consultés au préalable? Pensez-vous sérieusement que si les Américains n’avaient-pas réalisé le pont aérien nickel grass, les Juifs se seraient laissés détruire sans bombarder nucléairement les 2 alliés de Moscou? Est-ce qu’actuellement Poutine dicte ses ordres à Netanyahou?

            Les fautes stratégiques d’octobre 1973 furent liées à un manque de compétence et d’audace des dirigeants israéliens, aussi ont-ils été rejetés en avril 1974.

            PS: Vous n’avez toujours-pas précisé les objectifs et le plan prévu par Israël en cas d’invasion syro-égyptienne.

          • Asher Cohen, le roi du « Si » qui mettrait Paris en bouteille. Personne ne vous autorise à rédiger des insultes de ce genre à des gens qui y ont laissé leur famille : « Vous n’avez-pas compris que, surtout après la tentative de génocide Nazi, c’est la survie de l’Etat Juif qui passe en premier ».
            Visiblement, vous n’avez jamais échangé avec d’anciens combattants de 73,sortis sanguinolents de leurs tanks et broyés pour le restant de leurs jours.
            Vous n’êtes pas habilité à nous en parler et encore moins à ne tenir compte d’aucun des avertissements envoyés dans les précédents messages que vous ne savez pas lire : La Jordanie envoyait 30.000 hommes de troupes fraîches et l’Irak le must de son armée à la rescousse de Damas. Le Caire, perdant sa 3ème armée, était résolue à passer dans le camp américain et à quitter le giron soviétique. Américains et Russes faisait valoir le risque d’extension du conflit.
            Allez jouer avec vos gosses aux jeux de guerre vidéo, continuez vos discours péremptoires de comptoir, mais foutez-nous la paix avec vos leçons de courage que vous n’avez pas eu dans votre vie.

          • @Marc
            Vous êtes manifestement le grand expert tant en Histoire d’Israël que de géostratégie. Il vous est plus facile de m’insulter que de répondre aux questions posées, notamment l’absence de plan militaire d’Elazar en cas d’invasion syro-égyptienne sur 2 fronts, l’inutilité de la ligne Bar Lev pour arrêter l’invasion du Sinaï, la faillite du renseignement israélien, et j’en passe. Je n’entre donc pas dans votre faux débat et les lecteurs jugeront. Seule la Vérité blesse.

            Il y a manifestement eu un manque de logique stratégique chez les dirigeants israéliens, cela a coûté très cher aux Juifs, et ils ont fini par être rejetés dès avril 1974. Il y a certainement eu à l’époque une pression soviétique importante, avec acquiescement américain au départ. Mais Nixon a fini par mettre fin à la menace russe. De plus, à l’époque, Israël était déjà une puissance nucléaire mais n’a pas assez utilisé sa capacité de dissuasion, même-si Golda Meir ne cédait rien face aux russes, qu’elle avait déjà menacés en été 1970 d’un nouveau Vietnam.

            Maintenant votre argument d’une intervention jordano-irakienne ne tient pas non plus. S’ils avaient pu intervenir, ils l’auraient fait bien plus tôt pour renforcer l’attaque syrienne sur le Golan. Or, Hussein de Jordanie a fini par renoncer à intervenir. Il y avait certes une division soviétique dans les immeubles de l’Etat Major syrien à Damas, mais les Juifs n’avait-ils pas déjà confronté les russes dans l’opération Grenade? Damas, comme le Caire étaient à prendre, et conformément aux Lois de la guerre, les Juifs devaient se dédommager d’une année de PIB de pertes matérielles, sur le dos de la Syrie et de l’Egypte. Hitler envahissant la France, a imposé une indemnité d’occupation sur le dos des Français. C’est un principe fondamental de l’art de la guerre, que Clausewitz développe clairement, que de vivre sur le dos des populations occupées, et tous les grands stratèges l’ont toujours pratiqué dans l’Histoire. On voit donc qu’à la suite des fautes stratégiques de ses dirigeants, Israël est sorti fortement perdant d’octobre 1973, et fortement ridiculisé dans son image mondiale.

            Un autre exemple est celui de Giap qui, après avoir écrasé les Français en 1954, puis fait partir les Américains, ne s’est pas privé en 1975 d’annexer le Sud Vietnam et ses richesses. S’en est-il laisser dissuader par les grandes puissances, alors qu’à la différence d’Israël, il n’avait même-pas d’arme nucléaire? Non, il a fait ce qu’il a voulu faire et il est reconnu par tous comme un grand stratège.

            Enfin il est vrai que je n’ai aucune leçon de courage à donner à des généraux israéliens qui s’offraient des restaurants et voitures de luxe, et se faisaient voler le matériel militaire, le tout aux frais du contribuable israélien. Après-tout, n’ont-ils pas démontré leur efficacité stratégique et leurs compétences dans la guerre d’octobre 1973 où Israël a tant perdu?

          • Vos propos sont ridicules en terminant sur le Vietnam de Giap, qui était vietnamien de la tête au pied, mais où ce qui se décidait, c’était uniquement laquelle des grandes puissances idéologiques allait l’emporter. L’idéologie communiste l’a emportée sur les restes de capitalisme engrangés dans les conséquences de la colonisation françaises ou du protectorat américain d’après 65. C’est justement la grande victoire des gens du terroir contre les puissances importées. la marque, comme l’Afghanistan, que toute opération d’occupation d’un territoire hostile que le local connaît parfaitement bien, se termine en fiasco, la plupart du temps, d’autant plus qu’il est inconnu ou trop vaste à maîtriser. Israël, hormis 18 ans dans le petit « Liban », s’en est gardé, la plupart du temps. L’opération au Liban découle du fait que toutes les puissances arabes étaient vaincues et ne bougeraient pas (Damas menacé à nouveau dès le début, l’Egypte repassée côté américain). Mais Israël s’est contenté d’une maîtrise d’une bande de sécurité pour protéger son territoire, et non de l’occupation d’une capitale ou d’un pays entier. Le tort principal de votre fantasme démiurgique, c’est de tout ignorer des besoins logistiques et d’intendance de toute armée pour subsister en ces terres hostiles : ce qui peut s’entendre pour les Etats-Unis ou l’URSS, disposant de centaines de milliers, si ce n’est de millions d’hommes, ne l’est pas pour Israël, en 1973, fort de 3, 278 millions d’habitants, alors que le Caire seul ferait, au bas mot, 25 millions d’hbts aujourd’hui.

            Donc si vous cessiez de proférer des inepties « stratégiques », peut-être retrouveriez-vous contact avec le sol. Votre erreur est de ne rien connaître ni comprendre à Tsahal (ressources, moyens logistiques, stratégies, ethos) et de vous en tenir à un petit discours péremptoire fabriqué sur des illusions d’optique). De plus, vous n’avez rien compris des évolutions de la guerre asymétrique, depuis les débuts d’Israël (Feddayin), ceux du Vietnam, avant et après 67 et 73, le Liban, etc. A vous écouter, nous aurions pu commencer avec des insurrections ou groupes terroristes au Caire ou Damas, tels le Hezbollah, dès « l’invasion » de 73.

            Vous donnez des bâtons pour vous faire battre. Quant à reprendre le modèle d’Hitler comme votre stratège préféré, c’est un peu contradictoire avec le propos général du mode de pensée israélien.

            Israël s’est agrandi du Golan, de la « Cisjordanie », a repris la Vallée du Jourdain et pris Gaza, dès 1967. Toutes ces lignes ont été retrouvées après octobre 1973. Le Sinaï a été renégocié contre des avantages géopolitiques conséquents (de non-agression) à Camp David, donc Sadate a été payé de ses ambitions de « guerre limitée » contre un changement de camp (mais c’est une autre partie de l’histoire et on ne va pas épiloguer jusqu’à nos jours où les bénéfices de cet agiornamento sont évidents).

            Vous refaites l’histoire à votre image, vous vous prenez pour D., bien plus compétent que tout dirigeant israélien ou tout commandant de Tsahal à toutes les époques. Donc, étant donné que l’histoire ne veut pas suivre les décours de votre imagination débordant de tous les cadres des réalités historiques, nous nous en tiendrons au fait et laisserons vos « insultes » à l’intelligence israélienne de côté. Votra arrogance ne vexe personne et fait de vous un matuvu du clavier.

            Que 73 ne soit pas une grande victoire totale d’Israël, le monde entier le sait déjà, de là à extrapoler les pertes subies au-delà des deux premiers jours de combat, ou le fait de refaire le procès à l’envers, eut égard aux conclusions de la commission Agranat, on n’est plus du tout dans le registre du réalisme. On n’a pas à répondre à des formes de terrorisme intellectuel se substituant à ceux qui avaient réellement les moyens de la décision. Toute guerre s’arrête un jour. Les conclusions de celle-ci sont connues. Si vous préférez vous croire capable d’user de la menace de la guerre nucléaire à tout propos, ibre à vous de vous prendre pour le Maître du Monde, en droit de l’éteindre en appuyant sur un simple bouton.

  10. En 1969 et 1970, etc.. la Hayal Ha-Avir fut efficace et elle restera efficace en octobre 1973, mais alors le renseignement, Dayan et Golda Meir furent totalement défaillants et cela a coûté très cher au Peuple Juif. De plus, la ligne Bar Lev durant cette période fut aussi inefficace. La leçon: ne jamais s’endormir sur ses lauriers, comme en ont eu tendance les Juifs après 1967.

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