Moyen-Orient : la paix attendra, la realpolitik d’abord

Normalisation avec l’Arabie saoudite, règlement du conflit israélo-palestinien, défis sécuritaires régionaux… Les récentes déclarations du ministre israélien de l’Énergie Eli Cohen et du secrétaire d’État américain Antony Blinken illustrent les divergences de vue entre les deux pays alliés sur le séquençage des priorités au Proche-Orient.

Pour M. Cohen, le pragmatisme et le réalisme politique doivent primer dans l’immédiat. « Personne ne conclut d’accords de paix avec des peuples faibles au Moyen-Orient » a-t-il lancé, réaffirmant la doctrine sécuritaire d’Israël. Un signal clair : tant que les menaces sur les fronts libanais, gazaoui ou iranien ne seront pas résolues, les avancées diplomatiques resteront au second plan.

« Une fois que nous en aurons fini avec le Nord, nous nous tournerons vers la normalisation avec l’Arabie saoudite » a-t-il poursuivi, reconnaissant néanmoins l’intérêt stratégique d’un tel rapprochement. Un calendrier aux antipodes des attentes américaines, qui poussent pour accélérer ce processus dans le sillage des Accords d’Abraham.

« La balle est dans le camp d’Israël » a d’ailleurs insisté Antony Blinken, appelant l’État hébreu à se saisir de cette opportunité historique. Tout en rappelant qu’un plan crédible pour un État palestinien reste, aux yeux de Washington, une condition préalable incontournable avant toute avancée.

Sur ce dossier ultra-sensible, M. Blinken a réaffirmé qu’un dialogue avec des puissances arabes « modérées » pourrait faciliter une transition dans la bande de Gaza. Mais une nouvelle fois, le gouvernement israélien semble vouloir temporiser.

Cette divergence d’approches entre les deux capitales traduit les défis géopolitiques complexes de la région. D’un côté, l’ambition américaine de promouvoir une feuille de route pour la paix globale au Moyen-Orient. De l’autre, le réalisme froid d’Israël, résolu à assurer d’abord sa sécurité avant toute avancée diplomatique.

Un bras de fer qui rappelle à quel point le chemin vers des accords de paix demeure un parcours d’obstacles. Les intérêts stratégiques et sécuritaires semblent primer, pour l’heure, sur les ambitions diplomatiques dans cette région du monde perpétuellement en ébullition.

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Guidon

Israël préfère éviter le piège que lui tendent Biden et ben Salman !

Asher Cohen

Israël doit baser sa pensée et ses actions sur la Réalité. On ne discute pas de paix tant que persistent de telles agressions arabes. Par principe, toute discussion avec les arabes est inutile, puisque ce sont des gens irresponsables qui considèrent que tout est déterminé et écrit dans le ciel. Israël a actuellement les moyens, en population, PIB, et armement, de ne plus se coucher, comme Ben Gourion en 1949 et 1956, et Golda Meir en 1973. Il faut savoir saisir cette opportunité et continuer à détruire ses ennemis jusqu’au dernier, tout en faisant mine de  » négocier  ».