Le créateur israélo-américain Alber Elbaz va quitter Lanvin après en avoir été pendant 14 ans le directeur artistique, a annoncé mercredi à l’AFP cette maison de couture parisienne, confirmant une information de la publication spécialisée WWD.
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« La maison Lanvin et Alber Elbaz ont mis fin à leur collaboration après 14 ans », a indiqué un porte-parole de la société sans plus de précisions sur la date effective de ce départ. Il intervient quelques jours seulement après celui de Raf Simons de chez Dior qui a annoncé le 22 octobre que cet autre créateur emblématique ne « renouvellera pas son contrat » après trois ans et demi de collaboration.

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Alber Elbaz célèbre ses 10 Ans ( Vogue)

Après une annonce faite, en interne uniquement, dans l’après-midi, une lettre signée d’Alber Elbaz (et expédiée depuis une adresse Gmail hors Lanvin) a officialisé la rupture dans la soirée. « Au moment où je quitte la maison Lanvin sur décision de l’actionnaire majoritaire, je veux exprimer mes remerciements et mes chaleureuses pensées à tous ceux qui ont travaillé avec acharnement au réveil de Lanvin au cours des 14 dernières années (…) », écrit le designer. Cette union a en effet été longue et particulièrement fructueuse. Avec son nœud papillon, ses rondeurs et son sens de l’humour – lisible aussi dans les vitrines surréalistes inventées pour Lanvin –, ce designer, né au Maroc et élevé en Israël, a su se faire une place à part dans le cœur de ses clients comme celui d’ailleurs des gens de la mode qui ne se montrent pas toujours très tendres.

La « patte » Elbaz

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Fantaisiste, ultra-féminine, glamour, la « patte » Elbaz est une sorte de version généreuse, joyeuse et quotidienne de l’esprit « couture parisienne ». Sa recette a vite rencontré le succès : la maison de couture fondée en 1889 (la plus ancienne du marché) et rachetée en plein déficit en 2001 par la taïwanaise Shaw-Lan Wang est redevenue bénéficiaire en 2007. En 2010, le succès de sa collection en collaboration avec H&M a aussi montré qu’il avait un fan-club qui dépassait largement les frontières du luxe.

 

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Cette histoire d’amour s’achève aujourd’hui après quelques rumeurs de froid entre le designer et la propriétaire taïwanaise, ou d’autres qui rapportent que la maison serait à vendre. C’est surtout un cycle qui prend fin pour le designer comme pour la maison.

Celle-ci va devoir trouver un directeur artistique capable de lui donner un nouvel élan, hors de l’ombre et de l’héritage laissés par « Monsieur Elbaz » que certains voient déjà chez Christian Dior.

Un bruit qui s’ajoute au mystère insondable qui règne autour de la succession de Raf Simons. Avec son goût de la ligne couture et de la fantaisie féminine pur luxe et contagieuse, Alber Elbaz apparaîtrait cependant comme un choix sensé. À 54 ans, le designer possède aussi la maturité et la notoriété pour endosser un tel costume, sans compter un public globalement acquis à sa cause.

Lanvin, la plus ancienne maison de couture française en activité, fondée par Jeanne Lanvin en 1889 et qui a donc fêté l’année dernière ses 125 ans, a fait l’objet d’une rétrospective au Palais Galliera à Paris qui s’est achevée en août.

Alber Elbaz, 54 ans, fait lui-même l’objet depuis le 9 septembre (et jusqu’au 31 octobre) d’une exposition à la Maison européenne de la photographie. Il avait succédé en 2001 chez Lanvin à l’Espagnole Cristina Ortiz. C’est au cours de cette même année que le géant des cosmétiques L’Oréal avait cédé la griffe à un groupe d’investisseurs avec à leur tête la femme d’affaires chinoise Shaw-Lan Wang.

LOJ 

Le Monde

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