Haftara de Chemot: Jérémie doit gagner le cœur du peuple (vidéo)

Liens entre la Haftara et la Paracha
La Paracha et la Haftara de cette semaine sont marquées par l’apparition de deux personnages aux destins extraordinaires : Moché d’une part, et Jérémie d’autre part. Tous deux vont d’abord décliner l’invitation qui leur est faite de jouer un rôle de premier plan dans l’histoire juive, en invoquant des arguments similaires. Moché objecte : « Je ne suis pas un homme de paroles », alors que Jérémie dit : « Je ne sais pas comment parler ». Ces premiers arguments sont repoussés par Hachem Qui les assure de Son aide dans l’accomplissement de leur mission. Il leur rappelle également à tous deux que c’est Lui qui met la parole dans la bouche de l’homme.
La naissance de Moché et Jérémie est perçue à chaque fois comme un événement extraordinaire : la maison des parents de Moché s’emplit de lumière et de bonheur devant ce bébé né déjà circoncis et promis à devenir le plus grand prophète d’Israël ; de même, Jérémie naît aussi circoncis et D.ieu le prédestine à sa mission prophétique avant sa naissance, comme nous l’avons vu.
D’autres points communs peuvent être relevés entre les figures de Moché et Jérémie. Tout d’abord, la même durée de 40 ans pour leur mission. Ensuite, ils durent affronter une opposition interne parfois violente et furent amenés à adresser de sévères reproches à leurs contemporains. Enfin, tous deux durent leur survie à un sauvetage miraculeux : par le Nil pour Moché par l’intermédiaire de Bitya, et par un puits profond pour Jérémie grâce à l’entremise de son fidèle serviteur Baroukh ben Néria.
Mentionnons également que Moché et Jérémie semblent passer rapidement de la petite enfance à l’état de jeune homme ou « Naar » en hébreu. Notre Paracha qualifie ainsi Moché de Naar alors qu’il n’est qu’un enfant : « Elle l’ouvrit (le panier), elle y vit l’enfant : c’était un garçon (Naar) vagissant » (Exode, 2,6) ; de même, comme nous l’avons vu, un Midrach nous enseigne qu’à peine Jérémie était-il né qu’il s’exprimait déjà tel un jeune homme (Yalkout Chimoni).

Le livre de Jérémie
Le livre de Jérémie nous ramène au temps des derniers rois de Juda avant la captivité. L’apparition d’un prophète est toujours l’indice du mauvais état du peuple d’Israël, mais aussi une preuve de la grâce de Dieu.
Dès avant sa naissance, l’Éternel avait mis à part ce jeune homme pour le service auquel il le destinait. Timide, Jérémie commence par résister à l’appel de Dieu: « Je suis un enfant ». Ne parle pas ainsi, lui répond l’Éternel. Qu’importent tes capacités, du moment que tu ne dis et ne fais rien d’autre que ce que je te commande.
Pour encourager son jeune messager, Dieu lui donne deux visions remarquables : Le bâton d’amandier (« l’arbre qui veille ») rappelle la verge d’Aaron qui jadis avait bourgeonné, fleuri et mûri des amandes (Nomb. 17 v. 8) et confirme la décision de ce Dieu vigilant et fidèle.
Il faut donc se hâter d’avertir le peuple et le presser de se repentir, car le pot bouillant annonce la menace imminente d’ennemis venant du nord. Tâche difficile !
Mais Jérémie reçoit la force d’en haut (v. 18) avec une promesse : « Moi je suis avec toi » (v. 19; voir aussi ch. 15 v. 20).
Les premiers mots que l’Éternel met dans la bouche de Jérémie sont destinés à regagner le cœur de son peuple oublieux… trop fidèle image de notre propre cœur !
Et c’est comme si le Seigneur nous demandait avec tendresse: Te souviens-tu de cet heureux temps qui a suivi ta conversion ? Comme tu brûlais alors de zèle et de reconnaissance !
Certes, tu marchais dans ce monde comme dans un désert, « un pays non semé ».
Mais je te suffisais alors pleinement. Si tu as oublié ce temps-là, moi j’en ai gardé le souvenir.
Car elle m’était agréable, cette ardeur de tes affections, cette joie de ton premier amour.
Enfin, notre Haftara s’achève sur un passage poétique où Hachem assure au peuple Juif qu’il viendra à son secours en souvenir notamment des périodes de « fiançailles », et de la jeunesse du peuple Juif où il a suivi Hachem avec confiance lorsqu’Il le mena dans le désert. La Paracha, elle-même, décrit ce secours miraculeux accordé par Hachem au peuple Juif en souvenir notamment de ses ancêtres.

SOURCES/

1 COMMENTAIRE

  1. Je ne savait pas que Moché et Jérémie étaient nées circoncis. Y a t’il d’autres cas connu ?
    Le fait même qu’ils ne ce sentent pas qualifié pour accomplir l’oeuvre de D…, les qualifient justement pour le job. Car ainsi, ils peuvent être les vecteurs de la puissance de D…, et non pas la source. Quand D… mandate quelqu’un pour accomplir son oeuvre, celui-ci doit être conscient que s’il tente de la réaliser sans l’aide de D…, il échouera. D… est jaloux de ses prérogatives, et a lui seul revient la gloire.

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