French lawyer Gilles-William Goldnadel poses at his office on February 10, 2015 in Paris. AFP PHOTO / JOEL SAGET (Photo by Joël SAGET / AFP)

Gilles-William Goldnadel: «La gauche est minoritaire, mais elle continue de donner le tempo»

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Pour l’avocat, la faiblesse de caractère de la droite, et la stratégie de dédiabolisation engagée par Marine Le Pen, ont laissé à la gauche médiatique, pourtant minoritaire, le loisir d’imposer ses sujets dans les débats.

Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Il publie Manuel de résistance au fascisme d’extrême-gauche (Nouvelles éditions de Passy, 2021).

Le résultat des urnes est largement la conséquence de la manière dont le second tour de l’étrange campagne s’est déroulé.

D’abord, l’édification du «barrage contre l’extrême droite» dont le président a dû se résoudre à se faire le castor a mi-temps, conformément à sa stratégie naturelle de caméléon. La diablesse ayant dans notre système mono-satanique remplacé le diable rentré dans sa boîte au soir du premier tour. Il aura, par exemple, construit ce barrage en Seine st Denis, mais se sera abstenu de l’édifier publiquement lors de l’unique duel national, en sachant combien l’épouvantail avait perdu de pailles.

Nul ne sait exactement quel aura été l’impact direct de ce «front républicain» en manifeste déclin au regard du résultat d’hier. Son caractère factice et artificieux était tel, que les débats télévisés du soir, très policés, ne reprenaient plus la vieille antienne.

Le prix payé par la candidate à sa dédiabolisation aura été coûteux sinon prohibitif.Gilles-William Goldnadel

En revanche, son impact indirect aura été manifestement sous estimé au regard de la victoire confortable d’un président contesté. Le prix payé par la candidate à sa dédiabolisation aura été coûteux sinon prohibitif.

C’est ainsi qu’à vouloir s’adoucir on en devient trop lisse. Marine Le Pen aura notamment décidé de reléguer au second plan l’immigration.

On comprend que l’un des seuls improbables avantages de son nom est de lui conférer une sorte de décoration éternelle de résistante contre l’immigration invasive sans qu’il lui soit nécessaire de seulement l’exhiber.

Mais on remarquera à cet instant – objet principal de notre chronique – que c’est déjà implicitement concéder au camp de gauche politico- médiatique immigrationniste adverse, que c’est parce que cette décoration n’est pas très décorative qu’on la serre dans son tiroir. L’exemple du débat télévisé est emblématique où il apparaît que la candidate n’était apparemment pas trop chagrinée de voir les questions sociétales remisées à l’heure des bâillements pour privilégier la question du pouvoir d’achat.

Je ne conteste pas cette tactique populiste payante, à défaut d’avoir été gagnante. Mais ce discours anticapitaliste consacre la domination de la gauche démagogue dans le débat public.

Dans la forme, c’était largement se priver du bénéfice d’une prestation patriotique dans laquelle on excelle au profit d’un exercice d’économiste dans lequel on est plus malaisant. Nul ne peut calculer le prix de ce sacrifice sur l’autel de la dédiabolisation sans que l’on sache faire la part du calcul ou d’un surmoi inconscient payé à l’idéologie médiatique qui domine encore le temps. Alors même que les Français dans leur grande majorité sont opposés à l’immigration forcée.

La droite est nombreuse dans les urnes mais la paresse de son combat culturel, sa faiblesse de caractère et le tropisme médiatique gauchisant expliquent pourquoi elle est dominée dans les débats. Gilles-William Goldnadel

Autres signes qui montrent cette domination idéologique de gauche inversement proportionnée au nombre: la manière dont le candidat caméléon a pu courtiser sans vergogne ni désagréments dans le quatre-vingt-treizième département une clientèle communautarisée, en décernant sans dommage médiatique un brevet de féminisme à une femme voilée. Voile dans lequel par ailleurs il voyait par le passé un manque de civilité.

Au passage, on remarquera la puissante réalité de cette transformation démographique que l’idéologie nie mais qui est aujourd’hui devenu un enjeu électoral. Il le sera encore sans doute bien plus dramatiquement dans cinq ans au regard du résultat présent. Le succès, relatif, de Jean-Luc Mélenchon s’expliquant notamment par l’adhésion massive qu’il aura reçu des banlieues islamisées par la grâce disgracieuse d’un clientélisme à juste titre décomplexé.

Je décrivais à ce sujet lundi dernier dans Le Figaro l’impunité médiatique et politique dont le candidat castriste, d’un extrémisme de gauche innommé, avait bénéficié. C’est ainsi que son islamo- gauchisme, indulgent envers l’islamisme le plus radical et antisémite ne lui aura été reproché par personne, même à droite. Il aura donc pu empocher dans les banlieues son bénéfice électoral sans avoir à payer le moindre frais moral.

Autre conséquence, combien plus importante, du manque d’esprit critique à l’égard de l’extrême gauche mélenchoniste: la possibilité de la gauche écologiste ou des débris du Parti Socialiste de pouvoir envisager avec elle une alliance sans être voués aux gémonies. Les Républicains de droite rétifs au macronisme n’ont pas cette licence d’association avec le Rassemblement National pour cause d’asymétrie médiatique.

Dernier exemple aussi significatif que pittoresque: le parti des Insoumis peut se payer le luxe d’envisager de désigner Taha Bouhafs comme candidat à Venissieux, aux élections législatives. Celui-ci a été condamné pour injure raciale par le tribunal de Paris et enchaîne les déclarations pro- islamistes et antisionistes. Il est vrai que SOS Racisme ne lui en tient pas mauvaise rigueur.

La droite est nombreuse dans les urnes mais la paresse de son combat culturel, sa faiblesse de caractère et bien sûr et avant tout le tropisme médiatique gauchisant expliquent largement pourquoi elle est dominée dans les débats. C’est encore la gauche minoritaire qui choisit les chansons et donne le tempo.

L’étrange campagne qui s’achève ne me démentira pas.

Gilles-William Goldnadel.  www.lefigaro.fr
Gilles-William Goldnadel. JOEL SAGET/AFP

 

1 COMMENTAIRE

  1. Les français sont des veaux comme le disait De Gaulle , il n’aurait jamais accepté un barrage électoral médiatisé avec la gauche contre un soit disant parti extrémiste le RN ou reconquête , la honte des LR d’avoir laissé faire cela et de soutenir Macron le gaucho qui favorisera immigration et tenue maghrébine dans l’espace public , les valeurs de la république sont piétinés avec le chaviste Mélenchon pour clientélisme, pour le 3 tours les français doivent se ressaisir et voter massivement à droite toute ….

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