MiKeTZ: de la modestie avant tout (vidéo)

Parasha des retrouvailles de Joseph et ses frères et du Patriarche. Parasha où tous les personnages sont éprouvés moralement et où finalement tout se termine pour le mieux: les rancunes sont effacées, les songes de Joseph se sont réalisés et ses frères se prosternent bien devant lui. L’on pourrait voir un lien entre le facteur qui provoque la rencontre et le fait que les frères s’inclinent devant celui qu’ils ont détesté pour ne pas dire haï ; celui qu’ils ont jalousé et vendu qui a enduré d’énormes souffrances pour se retrouver aux commandes de l’Egypte, la nation la plus puissante de l’époque. Les larmes sont contenues dans le symbole du blé en effet blé ou חיטה a une valeur numérique de 32 ou בכי pleur et ces larmes sont celles qui seront versées par un peuple entier et fort pendant ce long exil.

Joseph a séjourné 12 longues années au cachot de Pharaon. Ce jeune garçon de 17 ans enlevé, vendu, et revendu encore comme esclave, n’était plus ce fils adoré par son père, issu d’un milieu favorisé dirions-nous aujourd’hui. Il était à présent un homme, dans la trentaine, confronté aux autres détenus condamnés soit pour avoir perdu le soutien politique dont ils bénéficiaient, soit pour des méfaits commis. Joseph malgré les épreuves traversées reste fidèle au D. d’Israël. Il reste soumis à l’enseignement reçu par sa mère et par son père. N’oublions pas qu’au contraire de ses dix frères issus de 3 mères différentes, il fut le seul à protéger sa mère lors de la rencontre avec Esaü….faisant passer sa mère avant lui-même.

Mikets est, en général, la sidra lue le shabbat de Hanouka. Et, Hanouka est une fête que les Sages mettent en corrélation avec Souccoth à cause de sa durée de 8 jours.

Hanouka n’est pas seulement le miracle de la petite fiole d’huile dont la quantité d’huile est suffisante pour une journée et qu’elle a duré 8 jours ou le temps nécessaire pour se rendre jusqu’au moulin d’huile d’olives pour fabriquer de la nouvelle huile et la rapporter au Temple pour reconstituer un stock suffisant pour recommencer à allumer le candélabre (la ménorah). Il y eut un autre miracle que l’on évoque au moins 3 fois par jour pendant ces 8 jours et pas l’un des moindres : la victoire remportée par une poignée d’hommes fidèles au culte d’Israël se soulevant contre l’envahisseur et l’oppresseur hellène pour faire valoir leurs droits d’hommes pieux et libres.

C’est à l’occasion de Hanouka que l’on rappelle l’histoire de la guerre de Guid’on (Gédéon) contre les Madianites. En effet, le peuple des Bené Israël est l’objet d’un siège de la part des Madianites. Qui, avec leurs chameaux et leurs éléphants assiègent le camp des Israélites. Ils sont extrêmement nombreux et le peuple a peur. Leur dirigeant, Gédéon, n’en mène pas large non plus : il rassemble les hommes du camp pour mener un combat et il rassemble ainsi 32,000 combattants. La lutte est pour HaShem. Guid’on, lance les avis suivants : que ceux qui ont pris épouse récemment regagnent leur foyer et, des soldats se détachent du groupe !!! Que ceux qui viennent de bâtir une maison et n’en ont pas encore profité, repartent chez eux ! Que ceux qui ont planté une vigne et n’en ont pas encore joui repartent chez eux ! Que ceux qui ont peur s’en aillent ! Ne restèrent plus autour de Guid’on que 10,000 hommes capables de livrer bataille mais…… HaShem déclare au jeune homme que ce nombre est beaucoup trop élevé encore ! Guid’on rétorque que déjà les deux tiers des hommes sont repartis chez eux ! HaShem lui conseille de soumettre ces hommes à une épreuve supplémentaire : « conduis cette troupe au bord du fleuve et ordonne- leur de s’abreuver »…………… Ceux qui se mettront à genoux pour boire directement du fleuve, tu les élimineras1 et, ceux qui prendront de l’eau dans leurs mains pour boire, ceux-là, tu les garderas auprès de toi. Le nombre qui résista à toutes les épreuves fut de 300 ! Ainsi, dit HaShem, on ne pourra pas conclure que la victoire est attribuée aux combattants en si petit nombre mais bien à la bénédiction divine car D est Celui qui livre la bataille et anéantit Ses ennemis !!!

Les Macchabées, en guerre contre les Juifs hellénisés puis, en guerre contre les Séleucides, étaient aussi très peu nombreux (une poignée) contre des dizaines de milliers d’ennemis du D. d’Israël et HaShem a permis à cette poignée d’hommes courageux parce qu’emplis de la foi en un D. Suprême de reprendre les rênes d’une nation qui a fait de la Torah son guide civil et spirituel.

Joseph lui aussi était seul, face à un nombre incalculable d’idolâtres car tout élément faisait l’objet d’un culte. L’Egypte nageait dans l’impureté la plus totale. Joseph, appelé chez Pharaon pour interpréter les rêves royaux a pour réaction noble de sanctifier le Nom d’HaShem : c’est Lui qui donne les rêves et c’est Lui qui en souffle l’interprétation.

Cette modestie est remarquable et c’est grâce à cette qualité que Joseph atteindra un très haut niveau social. Tout comme Moïse, plus tard, qui deviendra le SEUL Prophète à dialoguer avec l’Éternel Face-à-face.

Joseph qui avait pu comprendre un certain nombre de choses d’après ses fameux rêves savait que le temps de voir se réaliser complètement ses songes n’était pas encore arrivé.

La célébration de Hanouka, qui dure 8 jours, est d’une dimension messianique à divers égards :

A l’époque où les Grecs envahirent la Judée et voulurent atteindre à l’identité du peuple Juif en s’attaquant au spirituel : en interdisant la célébration du shabbat et la lecture de la Torah, en interdisant la célébration de la brith mila (circoncision) et en prohibant également la proclamation de la néoménie (rosh hodesh). Les Hellènes qui consacraient leurs idéaux à préserver la beauté, avaient une influence néfaste sur les Juifs au point de vouloir les « aveugler » aussi, l’allumage des lumières de la Menora dans le Temple ré inauguré, chassa-t-il les ténèbres imposées par l’envahisseur grec.

Au long de la semaine de Hanouka, chaque matin, nous lisons ce qui s’intitule la «parashat haNessiim » qui est prise dans la parashat Nasso et qui narre l’état d’esprit dans lequel les « nessiim » (chefs, on dirait aujourd’hui les présidents) de chaque tribu apportaient chaque jour les sacrifices à faire au Beith HaMikdash. A ce propos, Aharon, le Grand Prêtre s’affligea2 et HaShem le consola en lui disant qu’il n’avait pas à céder à l’amertume car lui, le Grand Prêtre, allume la Menora chaque jour ! Les exégètes s’étonnent de cette « piètre » consolation car la fonction du Cohen Gadol, en dehors de l’allumage de la Menora, était de faire fumer l’encens, de présenter les sacrifices, de bénir le peuple, de déclarer la pureté ou l’impureté des hommes ou des femmes et surtout, une fois par an, il devait de par son office demander pardon au Créateur pour tout un peuple ! En ce cas, pourquoi faire uniquement ressortir la Menora ? C’est qu’HaShem savait que les deux Temples seraient détruits et que tout ce service pontifical ne pourrait reprendre que lorsque le troisième temple descendrait des cieux tout prêt à l’ère messianique. En revanche, ce qui serait toujours l’apanage des pontifes serait de toujours bénir le peuple chaque jour, chaque shabbat et chaque fête et, d’allumer3 une fois l’an la hanoukia qui est une sorte de représentation de la menora du Temple.

Les tefiloth (prières) quotidiennes remplacent les sacrifices journaliers et nos sages préconisent pour qui devrait offrir un sacrifice (hatat, shelamim etc..) de lire la partie appelée « korbanoth » en spécifiant qu’il le fait à la place d’un sacrifice…

C’est la raison pour laquelle, en allumant la hanoukia nous proclamons que ces lumières sont saintes « hanéroth halalou kodesh hem » et que nous n’avons pas le droit de nous en servir pour un usage privé car elles représentent le Temple et sa sainteté.

Le Ben Ish Hay de Bagdad tire un parallèle très judicieux entre Hanouka, l’emplacement de la Hanoukia et le Messie (Mashiah)  : en effet, le meilleur emplacement pour allumer la hanoukia est près d’un endroit où passent beaucoup de gens pour publier le miracle de Hanouka c’est-à-dire en conséquence ou près d’une fenêtre ou près de la porte d’entrée de l’habitation et dans la guemara de shabbat on précise : la mezouza à droite, le maître de la maison (avec son talith) au centre et la hanoukia à gauche. Ainsi, en rassemblant les trois lettres initiales de ces trois éléments nous obtenons : tsadé (tsadik) pour le talith avec ses tsitsioth [talith metsouyetseth] mem pour la mezouza, et heth pour hanoukia ce qui forme le mot tsémah qui est l’autre nom du Mashiah : car la fête de hanouka durant huit jours à cette période, il y a forcément un shabbat, une mila et aussi un rosh hodèsh que les grecs avaient interdit aux Juifs d’observer et, de plus cette fête brise un cycle naturel et s’inscrit en conséquence dans un contexte messianique au-delà du naturel.

Les lumières sont à admirer et donc reliées au sens de la vue que nous devons préserver de toute impureté.

C’est parce que Joseph a su préserver son âme du mal et sauvegarder sa vue de visions impures qu’il fut destiné à des fonctions de roi en Egypte. Lorsqu’on évoque Joseph on cite le verset 22 du chapitre XLIX : « ben porat yossef, ben porat âlé âyin » que l’on utilise souvent contre le mauvais œil : « le rameau de Joseph est fertile……….. ».

Lorsque Rosh Hodesh Téveth tombe un shabbat de Hanouka, on a coutume de lire le chapitre IV de la prophétie de Zacharie : dans sa vision il aperçoit la menora du Temple avec sur chaque côté droit et gauche deux oliviers dont les fruits fournissent automatiquement l’huile d’olives nécessaire à l’allumage des 7 lumières du chandelier d’or du Temple et l’ensemble se fait automatiquement sans aucune intervention humane car il en sera ainsi aux temps du Mashiah où les humains auront pour devoir (et auront à cœur) d’accourir au Temple pour prier et rendre hommage au Saint béni soit-IL et de faire faire des sacrifices.

Ensemble, en allumant ces bougies de Hanouka et en nous réjouissant, en montrant le miracle de Hanouka tout autour de nous, nous allons chasser les ténèbres de la haine gratuite et de l’ignorance pour faire valoir et faire briller la lumière de la Torah et d’Israël.

Hag Hanouka sameah.
Caroline Elishéva REBOUH

Notes:

1 Car, ceux-ci sont narcissiques et ont une tendance à se livrer à l’idolâtrie.

2 Car, sur les douze tribus celle de Lévy n’était pas assujettie à une présentation de sacrifices et, à la place de Joseph et Lévy, les tribus d’Ephraïm et Menashé apportaient les sacrifices.

3 Une fois par semaine pour Shabbat, pour toutes les fêtes et pour Hanouka chaque jour pendant huit jours.

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