Michpatim: la Loi garantit l’intérêt général (vidéos)

Chers Amis,
Avec cette sidra nous arrivons à la fin des « shovavim » : ces 6 parashoth qui nous font gravir toutes les étapes passées en 210 ans de l’époque de la fin des patriarches au milieu du désert..
Cette péricope est dense car son contenu est, en fait, le début des différents codes : civil, pénal et autres lois que l’on va trouver jusqu’au bout de la Torah, jusqu’au bout des 613 commandements. Prenez soin de vous, Cordialement CR

La parasha de Michpatim fait suite à celle de Ythro. C’est aucun doute pour cela que la sidra commence par Veéléh hamishpatim.

Rashi fait ainsi remarquer que la conjonction VE se trouve là de manière à signifier que les préceptes qui sont contenus dans Mishpatim font suite à ceux contenus dans le Décalogue.

HaShem évoque le droit des esclaves, des employés…. Quels sont leurs droits ? Pourront-ils être libres un jour ou bien sont-ils esclaves à vie ? La sidra nous éclaire dans ce domaine ainsi que sur la justice et la façon de donner, prêter, etc….

Les trois concepts que nous abordons ici sont mishpat, tsedaka et guemilouth hassadim.

Ces trois domaines abordent un pan de la vie sociale ou des relations sociales entre l’homme et son prochain telles que les lois sur le travail et les esclaves, le don, le respect des biens de son prochain, les crimes prémédités ou par inadvertance, les vols, les biens confiés avec ou sans rétribution et les prêts sans compter bon nombre d’autres lois qui sont énoncées.

Pour ce qui est du don, il ne s’agit pas forcément de don en argent mais cela peut avoir trait aussi au don de soi.

Quoiqu’il en soit, il ne s’agit pas forcément de personnes dans le besoin mais il peut s’agir de personnes qui ont besoin d’aide physique, d’aide dans des conseils, des démarches.

Pour ce qui concerne les prêts en argent il est une obligation si on en a la possibilité et que quelqu’un demande un prêt de prêter et sans intérêt.

Établir une justice c’est faire du bien c’est appliquer la loi c’est établir des relations privilégiées entre les humains et c’est aussi éveiller l’attention des uns vis-à-vis des autres.

La première loi a trait à l’esclave hébreu. Il s’agit de quelqu’un qui ne peut rembourser ses dettes et qui, s’engage à servir son débiteur pour voir s’effacer sa dette.

De cette loi en découleront d’autres comme le spécifiera ensuite la guemara dans le traité de kidoushine.

Ainsi, si un homme doit servir, son maître doit obéir à des lois précises pour qu’il ne soit pas tenté de profiter de son statut de maître : les meilleurs mets seront servis à l’esclave et, au bout d’un certain temps, lorsque sera observée l’année shabbatique , il sera relaxé sauf si de sa propre volonté il effectuait le choix de continuer à servir son maître.

La loi est énoncée mais sont édictés les moyens de réparation, voire de dédommagement.

Dans le Judaïsme il y a une loi appelée loi du talion que les nations ont interprétée comme étant une loi de vengeance : quelqu’un a causé un dommage corporel à un tiers il faut lui causer le même dommage disent les « Gentils ».

Alors qu’en réalité il s’agit uniquement de considérer quel est le dommage causé et d’évaluer une réparation matérielle !

Un autre aspect du droit est présenté ici : celle de la responsabilité civile et, les répercussions qui peuvent se projeter à cause d’un manque ou d’un refus de voir l’implication dont il est question dans chaque cas.

De même que dans le Décalogue il existe un fil conducteur verticalement et horizontalement reliant D. à Ses créatures et les créatures à leur Créateur mais aussi les créatures entre elles, ici, des liens sont tissés encore horizontalement entre les créatures humaines pour les rendre responsables et solidaires entre elles mais aussi toutes les créatures sont fondues en une entité dotée de plusieurs facettes : chaque être est une facette et chaque mitsva en est une autre la Torah est un macrocosme composée de microcosme tout comme le peuple juif est un macrocosme composé de microcosmes.

Plus les microcosmes se perfectionnent et plus l’entité qu’ils constituent est parfaite.

Mishpatim n’est donc pas seulement un énoncé de lois mais aussi un code de conduite sociale pour que les actions soient engagées particulièrement pour l’intérêt général.

 

Caroline Elishéva REBOUH

MiCHPaTiM 5782: Le début des lois (vidéo)

Avec cette sidra, nous abordons véritablement la partie consacrée plus spécifiquement aux lois bien qu’en mêlant des récits des événements qui jalonnent l’histoire de notre Peuple. En effet, depuis la première parasha de Bereshith, le texte de la Torah est plutôt narratif en ce sens que nous suivons et assistons à la Création du monde et à l’évolution de l’Humanité, le développement et le cheminement spirituel des Patriarches et des Matriarches, la découverte d’HaShem, s’il était possible de s’exprimer ainsi, et la descente aux enfers de Joseph puis de tout cet embryon de peuple que sont les descendants de Jacob en Egypte, puis la sortie de ce peuple de cette étape longue de 210 ans où le peuple a été forgé dans ce creuset que fut l’Egypte.

A présent, cette section, se situe après que la Torah ait été dédiée, au peuple juif, dans le désert. Le désert dénué de tout moyen de dissipation morale et intellectuelle, dénué de tout artifice de quelque nature que ce soit. Dans le désert pour que ce soit un endroit neutre où toute personne le désirant peut adopter la Torah qu’elle appartienne à n’importe quelle race ou nation.

Souvent Shabbat Michpatim tombe au début du mois d’Adar tandis que parfois, comme c’est le cas cette année où nous sommes dans une année embolismique, avec un mois d’Adar supplémentaire, cela tombe avant Adar et comme « shabbat mevarekhim ». En ce cas, cette année le shabbat shekalim tombera vers la fin du mois d’Adar rishon et donc le shabbat mevarekhim d’Adar shéni (le deuxième mois d’Adar. Cependant, nous verrons que cette péricope contient des allusions à « Mahatsith haShekel ».
Dans notre parasha : Mishpatim, nous allons être confrontés à des problèmes de dommages que la Guemara de Baba Kama détaille et qui porte le nom « générique » de ARBAA AVOTH NEZIKINE ou les 4 facteurs pouvant générer des dommages importants pour lesquels un tribunal rabbinique devra déterminer qui est le fautif, et évaluer les dommages et comment dédommager le plaignant.
Les Sages du Talmud s’entendent à considérer et, également, à tracer des parallèles entre ces facteurs et les quatre exils souvent évoqués mais encore consacrer tout une étude entre ces facteurs et les conséquences de la vente de Yossef HaTsadik….

Certains exégètes « classiques » tels que Rashi, Rabbénou BeHayé, le Alshikh HaKadosh ou le Shlah HaKadosh et bien d’autres, bien entendu, émettent des opinions fort intéressantes.
Les 4 facteurs (avoth) de dommages sont (en hébreu) HASHOR (le bœuf/taureau), HABOR (le puits/citerne), HAMAVE’EH, HABE’ER (dont l’origine vient d’un feu).

Sur le plan des EXILS, voici les correspondances :
HASHOR (le taureau/le bœuf) correspond à l’exil de Babel.
HABOR (le puits/la citerne) correspond à l’exil de Maday (Les Mèdes).
HAMAVE’EH correspond à l’exil de la Grèce.
HABo’ER correspond à Edom.
Selon les Sages, la symbolique qui découle de cela est la suivante : YOSSEF HaTsadik
HASHOR (le taureau/le bœuf) est un clin d’œil vers Yossef, fils de Jacob et Rahel car l’emblème de sa tribu est un bœuf.
HABOR (le puits/la citerne) une autre allusion vers Yossef qui fut précipité dans la citerne avant d’être vendu.
HAMAVE’EH (l’homme) Yossef abandonné aux mains des marchands.
HABo’ER (feu) La tunique de Yossef qui est déchirée et maculée.
D’après le Shlah HaKadosh, ces 4 avoth nezikin viennent plutôt symboliser la vie de l’homme car, lorsqu’arrive l’instant où l’être humain doit rendre des comptes sur son existence terrestre, il passe par la flagellation (hibouth hakever), puis, il doit rendre des comptes sur ce qu’il a mangé lors de son séjour sur terre, et combien de mensonges il a pu proférer, et enfin, le feu de la géhenne.
Dans le corps de la parasha, on pourra lire que celui qui vole un bœuf paiera 5 fois sa valeur à celui qui a été lésé. Pourquoi 5 fois ? Rabbénou BeHayé explique car, lors de la faute du veau d’or ont été appliquées 5 punitions et Rabbénou Ephraïm pense que c’est en expiation du fait que 5 personnages n’ont pu pénétrer en Erets Israël : Myriam, Aharon, Moïse, Nadav et Avihou.
Mais, en s’appuyant sur un verset de Qoheleth (chapitre 7, verset 28), on tire la conclusion qu’aucune femme n’a fauté au sujet du veau d’or auquel cas dit-on (otsar hamidrashim) les femmes ont reçu en récompense le Rosh Hodesh qui est une fête avec la récitation du Hallel et le moussaf ! La première partie de ce verset désigne un pour mille a fauté pour le veau d’or c’est donc que 600 hommes sur 600,000 ont fauté en ce cas pourquoi 3000 sont-ils morts ? c’est parce que la faute est punissable par 5 fois plus donc : 600×5=3000 !!!
En abordant le nombre de sacrifices à offrir, nous verrons que la faute commise par les frères est encore en cause : en effet, Yossef est « comparé » à un agneau lorsqu’il est en bas âge et à un taureau/bœuf en étant adulte. C’est pourquoi la faute de la vente de Yossef n’ayant pas encore été rachetée tout comme la faute du veau d’or, il faut sacrifier 5 bœufs et 4 agneaux. D’où viennent ces chiffres ? Parce que sur les 12 fils de Jacob, il y avait 8 fils de femmes légitimes et 4 provenant de concubines mais sur les 8 fils de femmes légitimes, en fait on n’en retient que 5 (car on soustrait Lévy du service sacerdotal et on ôte aussi Joseph dont il est question et Benjamin qui était trop jeune à l’époque de la vente) on a donc seulement 5 fils de femmes légitimes et 4 fils de concubines ce qui rejoint les chiffres donnés pour les sacrifices : 5 bœufs et 4 agneaux qui font 9 animaux en regard des 9 frères de Joseph présents au moment de la vente de leur frère !!!

Ceci pour nous faire revenir aux 4 avoth nezikine et aux 4 exils cités en premier lieu et tirer l’enseignement suivant :
HASHOR……………………….BABEL…………………………………FAUTE DU VEAU D’OR
HABOR………………………..MADAY (Médes)…………… ILS ONT JETE JOSEPH DANS LE PUITS
HAMAVE’HE……………….. YAVAN (Grecs)…………….. ILS ONT MANGE APRES
HABo’ER……………………… EDOM………………………….EN RAPPORT AVEC LES MERAGUELIM .
Dans la Guemara, Reysh Lakish s’exprime ainsi au sujet du demi-shekel : cette terouma que nous devons faire d’un demi-shekel par personne a un rapport très étroit avec la vente de Yossef : un demi shekel fait allusion au fait que le veau d’or a été à la mi-journée mais le produit de la vente de Joseph fut de « 20 kassef » ce qui correspond à 1/2 shekel. La « koutoneth passim » de Yossef a coûté « 2 selaîm » qui équivalent à 1/2 shekel. Nous verrons, pour Pourim, que d’autres faits sont rattachés au fait du repas après la « condamnation » du peuple en Perse rejoint les principes de cette sidra.
Cette péricope nous sert d’introduction à l’étude des lois contenues dans les autres parashoth que nous étudierons au-fur-et-à-mesure.

Caroline Elishéva REBOUH
MA Hebrew and Judaic Studies Administrative Director of Eden Ohaley Yaacov
0547891691

Pour ceux qui ont le souvenir de cette ville Tlemcem

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