Macron giflé par un homme, la classe politique s’indigne

Tain-l’Hermitage (France)

Emmanuel Macron a été giflé par un homme poussant le cri de guerre royaliste « Montjoie Saint Denis! » lors d’un déplacement à Tain-l’Hermitage (Drôme) mardi, une première pendant son quinquennat, condamnée par l’ensemble de la classe politique.

Dans une vidéo diffusée sur Twitter et authentifiée par l’entourage du chef de l’Etat, M. Macron est vu se dirigeant rapidement d’un groupe de personnes massées derrière des barrières pour les saluer, avant de s’approcher d’un homme portant un tee-shirt kaki, une barbe noire et une chevelure longue.

Saisissant l’avant-bras du président, l’individu semble lui porter ensuite un coup sur la joue, l’entourage de M. Macron évoquant une « tentative de gifle ».

Dans cette même vidéo, juste avant la gifle, est hurlé le cri de guerre royaliste « Montjoie Saint Denis! », ainsi que « A bas la macronie ».

Deux personnes, dont l’auteur de la gifle, ont immédiatement été interpellées et étaient entendues « par la brigade de gendarmerie de Tain-L’Hermitage », a indiqué la préfecture de la Drôme.

Selon cette source, l’incident s’est produit « vers 13h15 » après que M. Macron a visité le lycée hôtelier de Tain-l’Hermitage, où il a échangé avec des acteurs de la restauration sur le grave manque de main d’oeuvre dans le secteur, à la veille de la réouverture des restaurants en salle.

Le chef de l’Etat a poursuivi sa visite, serrant les mains des personnes présentes pendant une dizaine de minutes, a indiqué l’Elysée.

S’il est parfois pris à partie verbalement durant ses sorties, voire hué et insulté avec virulence comme en 2018 par des Gilets jaunes au Puy-en-Velay, M. Macron n’avait jamais été agressé physiquement depuis son arrivée à l’Elysée.

– « Solidarité » –

Quelques minutes auparavant, le président avait appelé « tout le monde au respect et au calme » pour ne pas fragiliser la démocratie. Cette exhortation intervenait après la polémique déclenchée dimanche par des propos de Jean-Luc Mélenchon, prédisant « un grave incident ou un meurtre » dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, mais aussi après la vidéo de menace de mort visant LFI.

« Cette fois-ci vous commencez à comprendre que les violents passent à l’acte ? Je suis solidaire du Président« , a réagi sur Twitter M. Mélenchon.

« J’exprime toute ma solidarité avec le président de la République« , a poursuivi le député Insoumis Eric Coquerel, rappelant avoir « été agressé en 2018 par des gens qui disaient +Montjoie Saint-Denis+, de l’Action française« .

A l’image des Insoumis, l’ensemble de la classe politique a immédiatement condamné le geste.

« Je considère ce genre de comportement comme inadmissible« , et « profondément condamnable dans une démocratie« , a ainsi déclaré la dirigeante du Rassemblement national Marine Le Pen.

« Il est inadmissible de s’attaquer physiquement au président de la République, à des responsables politiques, mais plus encore au président qui est le Président« , a insisté Mme Le Pen, en déplacement à Laxou (Meurthe-et-Moselle).

« Gifler le Président, c’est gifler la République. Intolérable, inacceptable« , a de son côté estimé le patron des députés LR Damien Abad, quand Xavier Bertrand, président (ex-LR) des Hauts-de-France a rappelé que « le respect des institutions de la République et de ses représentants est un principe cardinal de notre vie démocratique« .

« C’est très tendu partout« , a déploré le député LREM de l’Hérault Patrick Vignal, en se projetant sur les prochaines échéances électorales. « Je pense que cette campagne pue. Et c’est à cause aussi du personnel politique. Personne n’en sortira gagnant« , a-t-il regretté.

AVANT MACRON, CES AUTRES PRÉSIDENTS ET RESPONSABLES VICTIMES D’AGRESSIONS

Avant Emmanuel Macron, d’autres présidents ou Premiers ministres ont été victimes d’agressions ou d’incivilités lors de sorties publiques en France. Rappel des faits.

Nicolas Sarkozy

Le 30 juin 2011 à Brax (Lot-et-Garonne), un homme de 32 ans, employé municipal d’Agen, agrippe la veste du président Nicolas Sarkozy en train de saluer des habitants rassemblés derrière une barrière de sécurité. Regrettant son geste par la suite, il déclare avoir voulu dire au chef de l’Etat qu’il faut « écouter les gens qui l’ont élu« . Il sera condamné à six mois de prison avec sursis.

Le 23 juin 2010, au cours d’une visite de Nicolas Sarkozy dans des quartiers sensibles de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), un jeune homme de 21 ans lui lance : « Va te faire enculer connard, ici t’es chez moi« . L’homme est blessé lors de l’interpellation et condamné à 35 heures de travaux d’intérêt général (TGI) pour outrage au chef de l’Etat et à la police.

Le 6 novembre 2007, des marins pêcheurs en colère protestent contre l’envolée des cours du gazole lors d’une visite du président Sarkozy au Guilvinec (Finistère). L’un d’eux lui lance: « Enc…! » Riposte immédiate: « C’est toi qui a dit ça ? Eh ben descends un peu le dire, descends un peu ! » Un jeune pêcheur réplique : « Si je descends, je te mets un coup de boule« , n’hésitant pas à sauter une barrière en direction du président avant d’être arrêté par les services de sécurité. Il ne sera pas poursuivi.

Jacques Chirac

Le 14 juillet 2002, Maxime Brunerie, 25 ans, tente d’atteindre Jacques Chirac avec un fusil 22 long rifle dissimulé dans un étui à guitare lors du défilé présidentiel sur les Champs-Elysées. Le tir est dévié par un spectateur. Brunerie est condamné en décembre 2004 à dix ans de réclusion criminelle. « Je voulais faire quelque chose d’historique« , explique-t-il.

Il est libéré en août 2009. Le 4 mars 2002, le président Jacques Chirac, qui effectue son deuxième déplacement sur le thème de la sécurité durant la campagne présidentielle, est la cible de crachats à Mantes-la-Jolie (Yvelines), en pleine affaire sur les marchés publics d’Ile-de-France, tandis que fusent quelques « Chirac voleur« .

Lionel Jospin

Le 17 avril 2002, venu à Rennes pour son dernier meeting de campagne présidentielle, le Premier ministre-candidat Lionel Jospin est aspergé de ketchup par deux jeunes mineurs alors qu’il remonte l’allée centrale du Parc des expositions où il doit prendre la parole devant 7.000 personnes.

Emmanuel Macron reçoit une gifle d’un homme qui était présent derrière les barrières de sécurité.

3 Commentaires

  1. Plus je réfléchis, moins je crois à cette histoire de gifle spontanée !
    Macron est en campagne électorale sur le dos de nos impôts. Il a besoin d’une nouvelle affaire pour se faire re-elire comme il le souhaite et poursuivre son œuvre de destruction de la France.
    Quoi de mieux que cet « attentat » perpétré par un jeune blanc, dans une petite ville bien française, et où l’on trouve après une rapide perquisition des ouvrages «d’extrême drouate » pour alimenter ce qui n’est qu’un geste stupide !

    Les français sont tellement c.ns qu’ils vont avaler cette histoire et plaindre le sordide Macron !

  2. [08/06 à 23:23] Claude Élie: 5 ans ferme, pour la honte au premier fonctionnaire de l’état.
    Ce serait normal.
    À moins que les experts de la cassation n’évoquent une baffée délirante, au quel cas il faudra en appeler au chef de l’état pour que…gasp!
    Quant à St Denis et Montjoie, c’est la préfecture du 9-3,et Montjoie une rue paumée de la pleine-StDenis où on prépare le craque…
    Un bled que même les keuf évitent…

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.