Au Moyen-Orient, l’US Navy a lancé une force opérationnelle qui sera dotée de drones aériens et navals.

À l’avenir, les opérations navales devraient reposer de plus en plus sur des navires sans équipage, qu’ils soient autonomes ou barrés à distance, ainsi que sur les drones aériens, embarqués ou non. En tout cas, plusieurs initiatives allant dans ce sens ont été lancées au cours de ces dernières années, notamment aux États-Unis, où l’US Navy y voit un moyen de gagner de la « masse » par rapport à son homologue chinoise, laquelle est désormais en mesure d’aligner plus de 300 bâtiments.

En 2019, le Bureau des capacités stratégiques [SCO] du Pentagone a ainsi lancé le programme « Ghost Fleet Overlord », afin d’accélérer l’intégration de navires autonomes au sein de l’US Navy. Dans le cadre de celui-ci, deux bateaux sans équipage [Unmanned Surface Vessel, USV], le Ranger et le Nomad, ont été mis au point.

Le premier a été engagé, avec succès dans un exercice impliquant des navires « traditionnels » de la marine américaine. Quant au second, il a parcouru, en juin dernier, 4421 nautiques entre le golfe du Mexique et San Diego en mode autonome. Seul le transit dans le canal de Panama a été supervisé par un opérateur.

« L’autonomie ne se limite pas à la traversée en ligne droite de vastes zones de l’océan : elle implique également des éléments tels que l’évitement des collisions et le respect des règles en mer », avait expliqué le SCO, à l’époque.

À ces deux navires, qui passeront sous l’autorité de l’US Navy à partir de 2022, il faut également ajouter le « Sea Hunter », un bateau qui, barré à distance ou pouvant naviguer de manière autonome, a été développé dans le cadre du projet ACTUV [Anti-Submarine Warfare (ASW) Continuous Trail Unmanned Vessel], lancé en 2012 par la DARPA, l’agence de recherche du Pentagone.

Ces USV vont dont venir en complément des véhicules sous-marins sans équipage [UUV – Unmanned Underwater Vehicles] et les drones aériens. L’un des enjeux sera donc de les faire manoeuvrer ensemble… au milieu de navires avec équipage. Tel a été le but de l’exercice « Unmanned Integrated Battle Problem 21« , [UxS IBP 21], organisé en avril dernier, au large de la Californie. Et c’est ce que tentera de faire la « Task Force 59 » [TF 59], que l’US Navy vient de créer au sein de la 5e Flotte, dont le quartier général est implanté à Bahreïn.

Celle-ci compte plusieurs forces opérationnelles ayant chacune un rôle particulier. Ainsi, les TF 50 et 51 se concentrent sur les opérations aéronavales quand les TF 52, 54 et 55 s’occupent respectivement de la guerre des mines, de la lutte anti-sous-marin et de la guerre de surface.

Selon un porte-parole de l’US Navy, cité par l’AFP, cette TF 59 sera donc « dédiée à l’intégration rapide de systèmes sans pilote et de l’intelligence artificielle aux opérations maritimes dans la région ». Et elle aura vocation « à améliorer nos connaissances dans le domaine maritime et d’autre part, à renforcer notre capacité de dissuasion », a complété l’amiral Brad Cooper, le chef du NAVCENT, c’est à dire des forces navales relevant de l’US Centcom, le commandement américain pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale.

« Je pense que cet environnement nous convient vraiment pour accélérer nos expérimentations. Et notre conviction est que si les nouveaux systèmes peuvent fonctionner ici, ils peuvent probablement fonctionner n’importe où ailleurs et s’adapter à d’autres flottes », a expliqué l’amiral Cooper.

Pour le moment, on ignore quels seront exactement les moyens de cette TF 59. S’agissant des drones aériens, elle devrait toutefois mettre en oeuvre des MQ-9 Sea Guardian ainsi que des MQ-4C Triton et des MQ-8B Fire Scout. Voire des engins évalués lors de l’exercice « UxS IBP 21 ». Seulement, tous n’ont pas encore été déclarés opérationnels, comme le Sea Hunter et son alter ego, le SeaHawk.

Photo : L’USV « Sea Hawk » © US Navy

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