«  L’Iran est devenu le coin de rue du Mossad  » : l’Iran marque la mort du chef nucléaire

Les Iraniens ont tweeté sur cette élimination avec surprise et en soulignant également les capacités illimitées de ceux qui sont supposés l’avoir tué.

L'éminent scientifique iranien Mohsen Fakhrizadeh est vu en Iran, sur cette photo non datée. Site officiel de Khamenei / WANA (West Asia News Agency) / Document via REUTERS (crédit photo: REUTERS)
L’éminent scientifique iranien Mohsen Fakhrizadeh est vaperçu en Iran, sur cette photo non datée. Site Web officiel de Khamenei / WANA (Agence de presse d’Asie de l’Ouest) / Document via REUTERS (crédit photo: REUTERS)

 Les Iraniens ont répondu avec admiration et surprise lorsqu’un scientifique nucléaire iranien a été abattu à l’est de Téhéran. Les réseaux sociaux en farsi étaient pleins de tweets sur la fusillade surprenante de l’un des hommes clés contrôlant le programme nucléaire en Iran. «Il semble que Téhéran est devenu un coin de rue (ou le terrain de jeu) du Mossad», a écrit un homme sur Twitter.

Mohsen Fakhrizadeh était un homme qui «évitait de se trouver sous les feux de la rampe», a déclaré le Guardian. Pourtant, il était bien sous les feux de la rampe, en plein soleil à l’heure de midi, lorsqu’il a été tué, les hommes armés ont, non seulement, tiré sur un véhicule, mais ont semblé en faire exploser un second, peut-être un agent de sécurité voyageant avec lui. Il n’était pas si mystérieux et secret pour eux. Il était suffisamment connu pour que quelques heures plus tard, les médias du régime iranien et les médias étrangers publient déjà des reportages assez fournis à son sujet. Comme Qasem Soleimani, le «commandant de l’ombre» de la force Qods du CGRI, il n’était pas particulièrement dans l’ombre, et quand il est sorti de l’ombre, c’était sous une pluie de balles, de rafales et d’explosions.
Né dans la ville de Qom, connue pour ses lieux saints et ses religieux, il était membre du Corps des gardiens de la révolution islamique. Il faisait partie des cercles qui étaient «étroitement surveillés» par les États-Unis et d’autres, selon les reportages. Mais son identité n’était pas un «nom familier». Il est né en 1958 et a grandi sous le Shah, devenant majeur pendant la révolution islamiste. Cétait un général de brigade dans les pasdaran, selon les reportages. Cela signifie qu’il possédait une couleur idéologique, qu’il n’était pas seulement un scientifique, mais qu’il mettait ses connaissances au service du fanatisme. D’autres éléments centraux du programme nucléaire iranien ont été ciblés au fil des années.  Lui était en bout de chaîne, tout en haut.
De 2010 à 2012, plusieurs scientifiques nucléaires iraniens ont également été tué à Téhéran. Plus tôt cette année, en juin et juillet, plusieurs explosions mystérieuses ont visé le programme de missiles iranien près de Khojir et sur le site nucléaire de Natanz. L’Iran a également été la cible d’un ou plusieurs virus informatiques (Stuxnet) qui ont retardé son programme nucléaire au cours de la dernière décennie et demie.
La suppression physique du 27 novembre a provoqué une onde de choc chez ceux qui observent l’Iran. Il était un universitaire et a été accusé par Israël de travailler sur le programme secret Amad pour développer des armes nucléaires et avait déjà été pris pour cible dans le passé. Il avait un dossier détaillé de sécurité. Il a été nommé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un discours de 2018
Les Iraniens ont tweeté sur l’exécution en manifestant leur surprise et en soulignant également les capacités de ceux qui l’auraient tué. Outre les tweets accusant le Mossad et Israël, il y a eu d’autres débats sur la façon dont cela s’est produit. Un utilisateur a suggéré que le coup était lié à une réunion il y a plusieurs jours entre Israël et l’Arabie saoudite. D’autres ont complété des commentaires sur ce «message» à l’Iran qui a été envoyé il y a environ une semaine lors de la réunion de haut niveau à Neom.
Un autre utilisateur de Twitter a écrit: «L’exécution de Fakhirzadeh, la figure la plus éminente et le commandant le plus important du [programme nucléaire]  du CGRI est le plus grand échec du renseignement du CGRI en 39 ans (d’existence du régime). Le niveau de renseignements et les capacités de contre-espionnage de la République islamique sont une illusion. L’utilisateur a suggéré que l’Iran n’est bon que pour arrêter les dissidents, pas pour protéger ses propres hauts fonctionnaires.
Des membres du CGRI pro-iraniens ont tweeté que cette élimination démontrait l’échec de la politique du ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif de vouloir traiter avec l’Occident. Un utilisateur a écrit: «Il y a deux mois, vous avez dit que si quelque chose arrivait à l’un de nos scientifiques nucléaires, alors nous riposterions. Il est temps de le faire, pour ne pas s’en tenir qu’aux slogans. Dans un sens, cela signifie que l’Iran a averti après le sabotage de Natanz qu’il allait riposter. Cependant, l’Iran n’a pas encore exercé de représailles contre qui que ce soit.
Adaptation : Marc Brzustowski

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