Libertés républicaines contre séparatisme islamiste 

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Libertés républicaines contre séparatisme islamiste

Dans son discours du 18 février 2020, le Président Emmanuel Macron a réaffirmé la primauté des libertés républicaines (et notamment la laïcité) face au séparatisme islamiste : les lois républicaines et les libertés qu’elles induisent constituent le ciment de la nation française ou, comme l’a dit le Président, « notre unité dans la République ». Or, comme l’a constaté le Président, « des parties de la République veulent se séparer du reste » et lui substituer «  un projet politique au nom de l’islam ». Il devient affectivement urgent de gérer cette incompatibilité dans la société française entre laïcité et liberté de croire (ou non) dans le respect des lois républicaines, et repli vers l’Islam, qui intègre, non seulement une relation personnelle avec Allah, mais également un mode de compréhension de l’univers.

L’histoire française a permis de dégager un principe, celui de la neutralité des services publics qui doit présider au fonctionnement sociétal républicain. Or, seule la séparation entre l’Eglise et l’Etat est de nature à permettre à chacun de pratiquer sa religion sans troubler l’ordre public dans le respect des libertés de chacun et de l’égalité de tous, alors que ce mécanisme, est pour l’heure, incompatible avec les fondements de l’Islam.

Or, les partisans du séparatisme islamique ont perçu une fragilité dans le système démocratique français : c’est le plus grand nombre qui choisit le mode d’organisation de la vie politique.  C’est l’effet pervers de la démocratie, en ce qu’elle peut devenir l’instrument de sa propre disparition (comme lors de l’avènement du parti nazi au pouvoir en 1933, ou encore la transformation, en parti politique, des mouvements terroristes islamistes pour prendre le contrôle d’un territoire comme le Hezbollah au Liban, ou le Hamas dans la Bande de Gaza).

Le Président de la République a donc souligné l’importance, au delà de la laïcité, du principe de « civilité », c’est-à-dire de la manière de se comporter les uns par rapports aux autres dans le respect du principe de l’égalité de l’homme et de la femme. Or, dans la société démocratique, rien ne saurait remettre en cause ce principe, et surtout pas une religion, sauf à troubler l’ordre public. Les ressortissants doivent donc disposer des mêmes droits, quel que soit leur lieu de résidence.

Emmanuel Macron a ainsi déploré qu’il existait un projet de séparation de la République en cours (depuis plusieurs décennies) au nom d’une religion. Il l’a qualifié de « séparatisme », et l’a dit « inacceptable » : on ne saurait refuser de serrer la main d’une femme, voire d’être soigné par elle ou de recevoir ses enseignements, parce que c’est une femme. De même, les déscolarisations pour raisons religieuses sont inacceptables, tout comme l’exigence d’un certificat de virginité pour pouvoir se marier : les Lois de la Religion ne peuvent être supérieures aux lois de la République.

Il a donc confirmé qu’il n’était pas question de stigmatiser l’Islam mais juste indispensable de laisser chacun vivre sa foi (ou non) en tant que français dans les Lois de la République. Aussi, a-t-il présenté sa lutte contre le séparatisme islamiste autour de quatre axes : la lutte contre les influences étrangères à l’école et les lieux de culte, une meilleure organisation du culte musulman dans le respect des lois de la République, une lutte contre les manifestations du séparatisme islamiste et du repli communautaire, l’offre d’une alternative dans le champ social, sportif, périscolaire, sanitaire culturel, culturel, dont le défaut nourrit le séparatisme islamiste.

Il convient donc de revenir sur l’une des motivations de la Loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, en l’occurrence assurer l’égalité des droits de chacun, au sein de la République. Or, démocratie et laïcité sont indissociables pour pouvoir y parvenir.

En outre, le défaut de séparation de l’Eglise et de l’Etat conduit à des oppositions doctrinales sanglantes, comme ce fut le cas entre catholiques et protestants au 16ème siècle (et comme c’est le cas, de façon contemporaine, dans le monde de l’Islam entre sunnites et chiites). En effet, l’institution religieuse est un instrument du pouvoir en ce qu’elle impose ses dogmes et oriente la société dans sa conception idéologique. Or, cette imposition de la norme religieuse fait obstacle à la recherche de l’harmonie entre les populations humaines, et à l’égalité des droits dans la liberté de chacun.

Le problème en Islam est double : le premier résulte de ce que le mode de foi affirme être en mesure d’apporter des réponses à des problématiques qui ne sont pas abordées par les Lois républicaines ou qui les contredisent : l’Islam impose son  mode de compréhension de l’univers alors que la République se contente de fournir les règles du comportement social, dans le respect de tous (l’Etat républicain laisse à chacun le soin d’apporter des réponses sur ce qui relève du surnaturel). Le second problème, plus gênant, résulte de ce que l’Islam est persuadé détenir la « Vérité » et être en mesure de l’apporter au plus grand nombre (ce dont elle a convaincu ses adeptes). Pour sa part, la tolérance républicaine rechigne à imposer une vérité, a fortiori de nature transcendantale, se contentant d’apporter une organisation sociétale fondée sur la justice. Sur ce point, la société occidentale est radicalement opposée à société musulmane, les règles de fonctionnement et de compréhension de cette dernière lui étant parfaitement étrangères.

Pour autant, l’Islam permet aux personnes, naturellement croyantes, de trouver une réponse à leur interrogations de nature spirituelle, que ne peuvent offrir le Judaïsme (le système de foi est quasiment inaccessible lorsque la mère n’est pas juive) ou le catholicisme (compte tenu de la diminution des vocations et d’ordinations de prêtres). Or, comme la société occidentale est devenue matérialistes, sans références à l’essence transcendentale de l’individu, la prière n’est plus une aide pour se perfectionner soi même, un moyen de puiser de la force ou plus simplement, un mode d’apaisement de la conscience. C’est une raison des très nombreuses conversions de français à l’Islam.

La France a vécu, jusqu’en 1905, dans une combinaison parfaite du religieux et du profane avant de comprendre que les principes de Liberté, d’Egalité et de Fraternité des citoyens supposaient la mise en place d’une société laïque et l’abandon des principes religieux arbitraires, qui y font obstacle.

Or, le monde de l’Islam n’est pas encore parvenu à ce niveau de conscience de la nécessité d’une séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il devrait pourtant y arriver pour plusieurs raisons : de plus en plus de musulmans rejettent les systèmes islamiques et les fuient, dès qu’ils ne peuvent. Par ailleurs, les régimes islamiques corrompus ou les dictatures dans les pays musulmans privent l’individu de libertés, et ne sont un modèle pour personne. Les personnes musulmanes qui viennent s’établir en France sont à la recherche des libertés offertes. L’inconvénient, pour les musulmans, résulte de ce que l’Islam est leur seule référence identitaire, à l’origine d’un dilemme: fuir l’Islam pour reconstruire un cadre musulman… qui ne marche pas.

La réforme du monde de l’Islam est en route. N’en doutons pas une seconde. En attendant, le Président de la République a été courageux d’aborder cette question.

Par Maître Bertrand Ramas- Muhlbach

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  1. La même problématique secoue Israël, qui se trouve en butte à la volonté séparatiste d’une oligarchie religieuse en quête de pouvoir, et une majorité plus ou moins laïque attachée à la démocratie et l’état de droit.

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