L’expérience de combat d’Israël peut aider à vaincre le coronavirus

Opinion: Une guerre contre un ennemi invisible n’est pas trop différente de celle contre une puissance étrangère; nous devons avoir de la discipline, un plan clair, des renseignements précis et surtout faire confiance au leadership du pays [voir : les risques encourus à cause de la rivalité entre Ministère de la santé et Ministère de la Défense]

Amos Yadlin|
Publié le: 23.03.20, 23:30

Si Israël faisait face à une troisième guerre du Liban, à une percée nucléaire iranienne ou à une autre confrontation à Gaza, nous aurions sûrement su gérer les questions de sécurité et gérer la crise dans son ensemble grâce à notre expérience accumulée.
Le défi auquel nous sommes maintenant confrontés n’est pas par nature un problème de sécurité (bien que ses implications pour la sécurité du pays soient indéniables), mais il pourrait potentiellement être abordé en utilisant les mécanismes qu’Israël a développés dans le passé pour faire face aux menaces à la sécurité.

 מעבדה לזיהוי נגיף הקורונה בצה"ל

Tsahal a créé un laboratoire de recherche sur les coronavirus
( Photo: Unité du porte-parole de Tsahal )
Cette campagne contre le coronavirus est la campagne la plus critique menée par Israël depuis la guerre de 1973 à Yom Kippour. Et bien qu’un virus ne soit pas une armée, pour le vaincre, il est essentiel d’adopter les méthodes des dirigeants de ces époques pour gérer des campagnes dangereuses et coûteuses qui étaient souvent remplies d’incertitude.
Nous devons fixer deux objectifs clairs pour cette campagne. Le premier est de protéger la vie et la santé du public. La seconde est de maintenir une économie qui fonctionne (y compris par la préparation à la sécurité si le besoin se fait sentir pour nous défendre) et de reprendre l’activité économique dès que possible.
Il y a une certaine tension entre ces deux objectifs, et donc chaque décision doit trouver le parfait équilibre entre eux.
Il est probable que la vague de décès dus au virus n’a pas encore atteint son apogée et pourrait en fait se poursuivre pendant quelques mois. Les chercheurs prédisent une deuxième éclosion plus puissante à l’automne qui se poursuivra pendant l’hiver.

נגיף הקורונה בתל אביב ישראל

( Photo: AP )
Adoptant ce point de vue, nous sommes au beau milieu d’une bataille printanière pour arrêter la propagation du virus, suivie peut-être d’un sursis en été et d’une dure campagne atroce en automne et en hiver.
Pour gagner cette bataille en cours, nous aurons besoin de plus que des tactiques qui nous font gagner du temps. Nous aurons au moins besoin d’une stratégie globale pour toute l’année prochaine, ainsi que de trouver un juste équilibre entre les aspects sanitaires, économiques, sociaux et peut-être sécuritaires de la crise.
À l’heure actuelle, le plus grand fossé auquel nous sommes confrontés dans notre lutte contre le virus est celui du renseignement ; l’image de l’épidémie que nous avons en ce moment se concentre uniquement sur les cas connus de virus, alors que le nombre réel est probablement beaucoup, beaucoup plus élevé.
Gérer la crise en utilisant uniquement des informations partielles et non vérifiées causera des dommages considérables à l’économie, tandis qu’une bonne intelligence, un renseignement de qualité peut garantir des actions précises et ciblées contre l’épidémie.
L’intelligence brumeuse, des renseignements incomplets et insuffisants, désavantagent Israël. Le nombre actuel de tests quotidiens ne permet pas une réponse efficace, annule une lecture fiable de la situation actuelle et condamne à la quarantaine de nombreuses personnes peu susceptibles de contracter le virus.

מליאת הכנסת

Knesset vide à cause du virus
( Photo: courtoisie )
Nous avons besoin de données fiables sur les membres de la population qui ont vaincu le virus – beaucoup d’entre eux l’ont fait sans montrer aucun symptôme. Il est difficile de croire qu’il n’y a qu’une poignée de personnes en Israël qui se sont effectivement remises du coronavirus.
Cette population, qui est très probablement à l’abri d’une réinfection, pourrait être la clé pour relancer l’économie israélienne.
Gérer correctement le calendrier de cette campagne est essentiel ; Le concept de sécurité d’Israël est celui d’une guerre courte avec une conclusion claire et contre le virus cela ne peut pas être le cas.
Le public n’est informé ni du calendrier du gouvernement ni des mesures que le gouvernement prendra à l’avenir. Mais contrairement aux campagnes antérieures de lutte contre les ennemis extérieurs, la lutte contre un virus signifie que toutes les informations, ainsi que la stratégie du gouvernement, doivent être mises à la disposition du public.

מתפללים בכותל בירושלים שומרים מרחק אחד מהשני

Les fidèles du Mur occidental maintiennent une distance les uns des autres
( Photo: AFP )
Le gouvernement n’utilise toujours pas tous les moyens à sa disposition. Pour diverses raisons, il a été décidé de ne tirer parti de l’establishment de la défense qu’à un stade relativement tardif, malgré ses capacités éprouvées à gérer les urgences nationales.
L’utilisation de Tsahal pour aider à lutter contre l’épidémie est la bonne chose à faire, tant qu’elle est utilisée correctement et se concentre sur les domaines où elle apporte un avantage relatif.
En fin de compte, un peu comme en temps de guerre, le sort de la guerre réside dans la résilience du public, la confiance qu’il a en son gouvernement et son adhésion aux protocoles d’urgence.
Abuser de la crise pour imposer des restrictions inutiles aux fondations nationales et aux droits fondamentaux du pays ne fera que saper la volonté du public de faire face aux nouvelles difficultés qui font partie intégrante de la lutte contre le virus.
Comme par le passé, le public agira de manière responsable et coopérera aussi longtemps que sa confiance dans le leadership d’Israël restera.
Gén. De division (rés.) Amos Yadlin est le directeur de l’Institut d’études sur la sécurité nationale (INSS) de l’Université de Tel Aviv et a dirigé la direction du renseignement militaire de Tsahal.
Adaptation : Marc Brzustowski

2 Commentaires

  1. Comment se fait-il qu’Israel n’etait ABSOLUMENT pas préparé à une attaque terroriste bactériologique ?????? Comment se fait-il qu’on nous a dit d’aller voter le 2 mars pour les élections et qu’on nous a martelé de ´sortir de chez soi pour voter’ et ´de ne pas avoir peur du virus’?????? Y a t il des réponses à ces questions ou bien prend on les gens pour des imbéciles ????? Que Q’ fasse que le virus se retourne contre ceux qui l’ont créé, ceux qui l’ont propagé et sur ceux qui savaient et se sont tus. AMEN qu’il en soit ainsi.

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