Le terrorisme accroc à la drogue : Boko Haram et les services de renseignements turcs sont co-impliqués dans la propagation de l’usage de drogues stimulantes qui alimentent la sauvagerie dans les attentats terroristes. 

L’usage de stimulants narcotiques par les djihadistes de Boko Haram (BH) dans le nord-Est du Nigéria peut avoir fourni un bon moyen de s’assurer d’une énergie et d’une force sans que l’individu éprouve le moindre remords, pour mener ses attaques contre des cibles civiles et militaires,mais cela peut aussi  fournir des indices sur là où où il faut frapper cette organisation et sur ses liens logistiques, notamment avec les services turcs.

Des preuves consistantes de l’usage répandu de stimulants narcotiques par les combattants de Boko Haram correspondent aussi à l’utilisation de la même drogue tout au long de l’année 2014-2015 par Daesh [l’Etat Islamique] en Syrie, en Irak et en Libye, ainsi qu’au cours des attentats de Daesh à Paris la nuit du 13 novembre.

 Seifeddine Rezgui was found to have been high on drugs when he carried out the Tunisia massacre this summer.

On a découvert que Seifeddine Rezgui avait un fort taux de consommation de cette drogue, lorsqu’il a commis les attentats sur la plage de Sous, le 26 juin 2015.

Il n’est pas encore tout-à-fait clair de savoir si l’usage de narcotiques apr Boko Haram y est recommandé ou suggéré, en tant que doctrine opérationnelle, ou si ce phénomène s’est développé spontanément. Ce que les enquêtes ont permis de comprendre de l’impact de ces stimulants c’est qu’ils ne font pas qu’apporter un surcroît d’énergie et d’état d’alerte, mais qu’ils décuplent également le niveau de sauvagerie et d’agressivité des terroristes-junkies.

L’une des pistes d’enquête significatives serait de déterminer précisément comment l’approvisionnement en pillules de Captagon a atteint Boko Haram. En janvier 2014, des reportages sont apparus mentionnant que la Syrie fabriquait et trafiquait de larges quantités d’amphétamines, en tout premier lieu une drogue appelée Captagon (bien que ce ne soit pas nécessairement la même drogue ou le même contenu que l’original médicament légal des années 1980 ; il n’y a plus que le nom qui est demeuré le même), ce qui générait des centaines de millions de dollars de profit.

Le Captagon, qui est le nom de marque pour la Fenethylline, est un stimulant synthétique qui sert de drogue populaire de diversion au Moyen-Orient. Conséquence du conflit syrien la drogue a commencé à être prduite à grande échelle par les groupes djihadistes en Syrie et par le Hezbollah dans la Beka’a. Lors d’un accrochage, l’armée syrienne a saisi un camion-remorque contenant une tonne de pillules. 

Le Captagon a été transféré clandestinement au Liban qui a organisé le trafic vers le reste des régions du Golfe. En 2014, les forces de sécurtié intérieures libanaises (ISF) ont saisi 55 millions de pillules ; en 2013, ils ont saisi 12, 3 millions et avant 2013, ils n’en ont saisi qu’un demi-million de pillules par an.

Les vastes saisies de quantités de Catagon au Liban étaient relativement inconnues avant l’effondrement de la Syrie. Plusieurs rapports d’août 2014 ont affirmé que Daesh, l’Etat Islamique, percevait de larges revenus en fabriquant et en trafiquant cette métamphétamine dans des laboratoires pharmaceutiques dont il s’est emparé à Alep (qui appartenaient donc auparavant au régime syrien d’Assad).Les sites d’Alep contenaient tous les produits chimiques et l’équipement nécessaire pour fabriquer un produit hautement toxique.

Un reportage du Telegraph, journal britannique du 12 janvier 2014 citait un officier du contrôle des narcotiques syrien de la ville centrale de Homs en Syrie, qui disait avoir observé les effets du Captagon sur des manifestants et des djihadistes détenus pour interrogatoire. Il remarquait : “Nous pouvions les passer à tabac et ils ne ressentaient aucune douleur… Beaucoup d’entre eux éclataient de rire, alors que nous leurs mettions de sacrées râclées”. Khabib Ammar, un militant des médias basé à Damas, déclarait au Telegraph que les combattants syriens impliqués dans le commerce de la drogue vendaient des armes grâce à l’argent qu’ils retiraient de la vente de drogue.

Le lien entre les groupes terroristes et les groupes criminels – en particulier les narcotrafiquants, les trafiquants d’armes et les trafiquants d’êtres humains – sont un trait caractéristique du phénomène historique du terrorisme, qui traverse les lignes idéologiques, les organisations “caritatives” sur le front servent souvent de lien entre les entreprises criminelles et les groupes terroristes.

Le rôle joué par les services de renseignements turcs, l’Organisation Nationale des Renseignements ou : Milli İstihbarat Teşkilatı: MİT, mérite une enquête approfondie, étant donnée sa fonction croissante dans le soutien aux opérations de Daesh en Syrie, en Irak et en Libye et ses relations privilégiées avec les opérations des Frères Musulmans au Soudan. Des organisations prétendument caritatives islamiques, telles que l’IHH (Fondation pour les Droits de l’Homme, les Libertés et l’Aide Humanitaire : İnsani Yardım Vakfı) travaillent depuis longtemps en Afrique, depuis le milieu des années 1990 et l’IHH est à présent clairement identifiée comme un outil majeur au prodfit du MIT, les renseignements turcs, qui est devenu plus visible dans son rôle “caritatif” en tentant de briser les blocus maritime israélien de Gaza en mai 2010. 

L’IHH – une solide organisation sunnite-wahhabite, liée aux Frères Musulmans – a reconnu, en août 2015 mener des opérations incessantes à Benghazi, Tripoli, Misrata, Derna et Sebhe : tous ces points sont des noeuds d’échanges et d’interaction entre des gens douteux, trafiquants d’armes qui organisent des réseaux resserrés à travers le Sahel et la région du Bassin du Niger. L’IHH est encore plus lourdement engagé au Soudan et, comme en Libye, il réalise des entreprises caritatives  authentiques. Cependant, sa mission primordiale est d’entreprendre le prosélytisme et de nouer des contacts exploitables par le MIT, les services secrets turcs d’Erdogan.

L’IHH a aussi pour principale fonction de s’engager lourdement au Nigéria, en particulier dans le travail caritatif et médical au nord (musulman) du Nigéria, mais aussi en fournissant de “l’aide” et un soulagement aux “victimes de Boko Haram”. Spécifiquement, l’IHH opère ouvertement dans les régions frontalières du Niger, du Tchad et du Nigéria, ce qui lui apporte des opportunités évidentes pour travailler directement avec Boko Haram lui-même. En outre, les services médicaux de l’IHH apporte une couverture parfaite pour gérer les cargaisons de “médicaments”.

Ces stimulants narcotiques sont utilisés de façon extensive pour engendrer un sentiment de courage et d’endurance, dans beaucoup d’autres situations de conflits, comme on l’a rapporté, parmi les djihadistes islamistes Maitatsine, dans le nord du Nigéria dans les années 1980.L’utilisation de Pervitine par les armées allemandes de la Seconde Guerre Mondiale (autant la Wehrmacht que les SS), une drogue méthamphétamine diffusée en 1938 par l’entreprise pharmaceutique Temmler, basée à Berlin, en particulier lors des opérations de Blitzkrieg contre la Pologne et la France, ont pavé la voie à la propagation et à l’usage routinisé de ce genre de drogues pendant toute la guerre par l’Allemagne. 

En 2014, le Département d’Etat américian a indiqué qu’environ la moitié de 59 groupes terroristes sur sa liste sont liés au trafic de narcotiques. Alors qu’il est notoire que Boko Haram a facilité l’essentiel de ses premières opérations par le kidnapping, l’extorsion de fonds et le braquage de banques – à l’exception d’attaques contre des unités militaires pour s’emparer de leurs armes – il est maintenant devenu évident que le trafic de narcotiques est un aspect significatif des opérations de ce groupe terroriste. Mais c’est aussi cet usage de stimulants narcotiques qui provoque le rythme et l’échelle des opérations de BH. Une question essentielle à éclaircir consiste à savoir si cette dérive dans le trafic de drogues est apparu naturellement oui organiquement, ou s’il fait partie du modèle général reliant Boko Haram et Daesh, grâce à l’organisation principale qui facilite les opérations de Daesh : le MIT, c’est-à-dire les services spéciaux des renseignements turcs, sous l’égide de Recep Tayyip Erdogan.

Par GIS/Defense & Foreign Affairs [Extraits tirés d’un rapport d’enquête fondé sur des sources au Nigeria et au Moyen-Orient]

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worldtribune.com

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

Autre question : combien de temps encore l’OTAN permettra en son sein l’existence d’une entité terroriste comme le MIT, qui fait partie directement des causes principales de l’extension du djihadisme de Daesh et du trafic de drogue incitant à la sauvagerie, comme le Captagon à travers le monde. 

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