L’Opération « Tempête décisive » au Yémen et la nouvelle du réchauffement des relations saoudo-turques qui l’ont précédée ont donné aux adversaires du régime d’Assad en Syrie l’espoir qu’une opération similaire pourrait être menée chez eux. Ces espoirs sont confortés par des informations publiées dans les médias occidentaux et arabes, sur la possibilité d’une opération conjointe saoudo-turco-qatarie contre le régime au pouvoir en Syrie. Toutefois, d’autres voix considèrent ces espoirs comme vains, tant parce que l’opération au Yémen n’a pas atteint ses objectifs, que parce que l’Egypte y est opposée.

Dans le même temps, les différentes factions de l’opposition ont remporté une série de victoires stratégiques le mois dernier dans la région d’Idlib, au nord-est de la Syrie, en s’emparant notamment de la ville de Jisr Al-Shughour et de la base militaire d’Al-Qarmid. Le principal acteur de ces succès, qui font suite à une longue période de difficultés et de défaites, est Jaish Al-Fatah (« l’Armée de conquête ») – une coalition regroupant les factions de l’opposition constituée en mars 2015 et comprenant la branche syrienne d’Al-Qaida, Jahbat Al-Nusra, (JN) et d’autres factions, islamistes et modérées. Ces victoires ont conduit tant le régime que les éléments de l’opposition à penser que la version syrienne de l’Opération Tempête décisive avait déjà été entamée par les forces de l’opposition syrienne qui reçoivent une aide de l’Arabie saoudite et de la Turquie.

Les victoires de l’opposition en Syrie septentrionale et les informations sur une éventuelle opération conjointe saoudo-turque dans le pays sont une grave préoccupation pour le régime d’Assad, qui a envoyé son ministre de la Défense en Iran discuter des « étapes en vue d’une coopération stratégique entre les deux armées, afin de traiter les menaces régionales » [1]. Le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid Al-Muallem, a accusé l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar d’être derrière l’escalade militaire des « groupes terroristes armés » dans la plupart des zones de conflit, et en particulier à Idlib.[2] Dans une déclaration devant le Conseil de Sécurité des Nations unies, le ministre syrien des Affaires étrangères a appelé à un arrêt de l’agression turque contre la Syrie et à des sanctions contre ses auteurs et ses soutiens.[3]

Il est possible que ces informations sur une opération militaire conjointe saoudo-turco-qatarie et les efforts intensifs récemment déployés par les forces d’opposition sur le terrain soient destinées à amener le régime syrien à accepter des conditions plus favorables à l’opposition et à ses soutiens, dans le cadre du processus politique qui est actuellement mené sous la supervision de l’Envoyé spécial des Nations unies en Syrie, Steffan de Mistura.

Le rapport en anglais de MEMRI passe en revue les informations concernant l’éventualité d’une opération militaire conjointe entre l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie en Syrie, ainsi que la possibilité que les récentes victoires des rebelles résultent d’une aide clandestine de ces pays :

MEMRI

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