Il y a bien des forces spéciales françaises en Syrie. Pour la première fois ce jeudi, les autorités françaises ont reconnu que des militaires français se trouvaient sur le sol syrien pour conseiller des rebelles arabo-kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS) engagés contre l’organisation État islamique (EI) dans la bataille de Minbej (province d’Alep, nord).

La France ne reconnaissait jusqu’ici la présence de forces spéciales – environ 150 hommes – que dans le Kurdistan irakien.

« L’offensive de Minbej est clairement soutenue par un certain nombre d’États, dont la France. Le soutien c’est le même que d’habitude, c’est du conseil », a déclaré à l’AFP l’entourage du ministre français de la Défense, sans précisions sur le nombre de soldats présents. « On appuie par des apports d’armes, de la présence aérienne et du conseil », avait déclaré, sans donner de détail, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian sur Public Sénat vendredi dernier.

Profitant de la guerre qui ravage la Syrie depuis mars 2011, l’EI occupe dans le nord du pays une bande territoriale près de la frontière turque allant de la province d’Alep à l’ouest vers celles de Raqa et Deir Ezzor plus à l’est.

La bataille de Minbej, à 80 km à l’est d’Alep, a commencé le 31 mai. Selon l’armée américaine, l’offensive est menée par environ 3 000 combattants arabes locaux, avec le soutien d’environ 500 miliciens kurdes. Aidées par la coalition internationale, surtout les États-Unis, les FDS veulent couper l’axe d’approvisionnement de l’EI en hommes, armes et argent depuis la frontière turque. Elles sont parvenues à la périphérie de la ville et affirment encercler trois côtés de la ville, l’est, le nord et le sud. Environ 20 000 personnes vivent encore dans la ville, six fois moins qu’avant le début de la guerre en 2011. Et des milliers de civils tentent de fuir.

Les militaires français n’interviennent pas eux-mêmes et ne sont donc pas susceptibles de combattre directement contre des militants de l’EI, notamment les Français présents à Minbej, souligne-t-on au ministère de la Défense.

Le Parisien

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