Les défaillances d’Ofek 11 pourraient entraver les opérations de renseignement 
Ofek11Amos

Mardi 13 septembre, à exactement 17h 34, le compte-à-rebours du centre de contrôle des Industries Aérospatiales Israéliennes s’est achevé et une fusée Shavit 2 transportant le satellite-espion Ofek 11 israélien a décollé de la base des forces aériennes de Palmachim, en route pour se mettre en orbite de la terre.

Le lancement est d’abord apparu comme un succès, mais à peine environ 90 minutes plus tard, les ingénieurs ont réalisé que dès que le satellite est entré en orbite, tous les systèmes ne fonctionnaient pas ou ne répondaient pas aux instructions.

Il est encore difficile de déterminer l’étendue  des dysfonctionnements qui affectent les systèmes d’Ofek. Les efforts pour les identifier précisément, faits par les IAI qui ont été sélectionnés pour construire et envoyer la série de satellites Ofek, se poursuivent.

Israël est un des 12 pays capables de lancer des satellites, de façon indépendante, dans l’espace. A cause des limites géographiques, militaires ou autres, ses satellites ne peuvent qu’être lancés en direction vers l’ouest, au-dessus de la Mer Méditerranée en sens inverse de la rotation de la terre. De tels lancements  exigent une fusée super-puissante, telle que la Shavit 2, et une charge utile ultra-légère, comme Ofek.  

Ofek 1, le premier de la série a été lancé en 1988, suivi d’Ofek 2 en 1990. Tous deux ont été conçus pour en tester la conception. Le premier véritable satellite espion du pays, Ofek 3, est entré en orbite en 1995 et a été suivi d’Ofek 5, Ofek 7 et Ofek 9 en 2010.

Ofek 10,lancé en 2014, a été équipé d’un radar à ouverture synthétique qui fournit des images en 3D des objets dans presque toutes les conditions météorologiques, ainsi que de caméras ayant une résolution de 70 mégapixels, capables d’identifier les plaques d’immatriculation de tout véhicule sur une route.

En général, les satellites ont fonctionné efficacement une fois mis en orbite. Mais il y a eu des défaillances – les plus importantes étant celles d’Ofek 4, d’Ofek 6 et du satellite de communications Amos 6, qui a été détruit le mois dernier par l’explosion de la rampe de lancement de Cap Canaveral, en Floride.

Si la mission d’Ofek 11 devait échouer, cela ne signifierait, non seulement, que des centaines de millions de dollars seraient partis en fumée, mais aussi des pertes indirectes qui s’ajouteraient, encourus à cause du besoin de fermer l’espace aérien et les eaux territoriales pour le lancement, ainsi que les efforts dépensés à déployer des avions de combat et de reconnaissance, et des équipes d’accompagnement, de secours, d’unités d’élimination des matériaux dangereux.

Les utilisateurs primordiaux des satellites espions israéliens sont l’unité 9900 des renseignements de Tsahal, qui recueille les renseignements visuels (VISINT), analyse l’imagerie satellitaire et localise les renseignements nécessaires en vue des opérations ; l’unité 8200 de Tsahal, qui développe et traite les renseignements signalétiques ( SIGINT) et d’autres systèmes informatiques. Et les réseaux des opérations spéciales, dont l’unité des « Sayeret Matkal » les renseignements des forces aériennes et de la Marine, les services de renseignements et de sécurité du pays, ainsi que le Ministère des Affaires étrangères.

Le manque d’un seul satellite, dans œil dans l’espace, pour observer et surveiller des points vitaux du Moyen-Orient – comme la Péninsule du Sinaï, l’Iran, le Liban, la Syrie, les routes de livraisons d’armes au Hezbollah et les mouvements et les mouvements de l’Etat Islamique – risque de dépouiller Israël d’une ressource stratégique majeure qui soutienne les opérations des renseignements nationaux et des forces aériennes.

 

DEBKAfile Reportage Spécial 15 Septembre 2016, 9:10 PM (IDT)
Adaptation : Marc Brzustowski

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