Jean-Louis Harouel : «Les femmes qui portent le burkini sont des militantes»

Pour Jean-Louis Harouel, l’interdiction du Burkini sur certaines plages est parfaitement conforme au droit. Pour lui, le port du vêtement islamique traduit une volonté politique d’imposer une culture et des modes de vie contraire à notre histoire et nos valeurs.


Jean-Louis Harouel est professeur agrégé de droit à Paris II et auteur de «La grande falsification. L’art contemporain», «Le vrai génie du christianisme» et «Revenir à la nation» (Editions Jean-Cyrille Godefroy). Son dernier ouvrage Les droits de l’homme contre le peuple est paru aux éditions desclée de Brouwer.


La justice a validé ce week-end l’arrêté municipal interdisant le port du Burkini à Cannes. Des associations «anti-islamophobie» réclamant en urgence la suspension de l’arrêté municipal cannois du 28 juillet se sont vues déboutées par le tribunal administratif de Nice. Cette décision est-elle surprenante? Vous semble-t-elle conforme au droit français?

Jean-Louis Harouel: Cette décision n’est aucunement surprenante car parfaitement conforme à la jurisprudence du Conseil d’État, sachant que celle-ci n’a pas été statique à travers le temps mais a évolué en fonction du contexte politique et social. Dans des périodes relativement apaisées, cette jurisprudence était résolument libérale et faisait passer les libertés avant les soucis de l’ordre public, comme en témoigne le célèbre arrêt Benjamin de 1933. Cependant, dans la seconde moitié des années 1930, les passions politiques s’exacerbant et l’ordre public étant sans cesse plus menacé, intervient en 1936 le tournant de l’arrêt Bucard, par lequel le Conseil d’État a abandonné cette jurisprudence libérale pour faire prévaloir les impératifs de l’ordre public. Et il faudra attendre 1953 pour que s’opère avec l’arrêt Naud un retour au libéralisme de la jurisprudence Benjamin.

Aujourd’hui, dans le contexte d’un affrontement de civilisations donnant lieu à un conflit armé ayant fait en un an des centaines de victimes sur le territoire national, il est logique que reviennent au premier plan les exigences de l’ordre public, et le juge des référés a d’ailleurs invoqué «le contexte de l’état d’urgence et des récents attentats» pour justifier sa décision en la fondant sur «un risque de troubles à l’ordre public».

Le juge note en outre que «sont respectées les dispositions de l’articles 1er de la Constitution (»La France est une République laïque»), qui interdisent à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers.»

Certes, mais en l’occurrence, il ne s’agit pas d’un service public, mais d’une plage…

Le fait d’administrer et gérer au bénéfice des usagers une portion du domaine public affecté à l’usage du public constitue une activité exercée dans l’intérêt général, et relève donc de la notion de service public.

Est-ce un premier pas vers l’interdiction de tous les signes religieux dans l’espace public? N’est-ce pas une vision de la laïcité excessive? Cette dernière sert-elle de cache sexe à un combat plus spécifique contre l’islam politique?

L’islam est, par nature, politique. On ne saurait trop le rappeler: l’islam est un système total qui mêle le religieux, le politique, le juridique, la civilisation. L’islam est un code de droit qui prétend remplacer le droit du pays d’accueil. Si bien que toute concession faite à l’islam comme religion est un abandon consenti à l’islam comme système politico-juridique ainsi qu’à la civilisation islamique.

Face à l’islam, la laïcité conçue comme neutralité ne suffit pas. Le cas de figure n’est pas le même qu’avec le catholicisme. Notre laïcité s’est certes construite contre l’Église, mais en accord avec les paroles fondatrices du christianisme: rendre à César et à Dieu ce qui leur revient respectivement. L’islam est au contraire l’anti-laïcité par excellence, si bien que notre État laïque devrait le combattre beaucoup plus durement qu’il n’a combattu le catholicisme.

Ainsi que je le préconise dans mon récent livre Les droits de l’homme contre le peuple, il faut pour l’islam un régime dérogatoire comme en Suisse où la construction de minarets est interdite alors qu’on peut bien sûr y construire des clochers.

Il faut impérativement nommer l’ennemi. Or, en l’espèce, celui-ci est double : d’une part les djihadistes violents qui massacrent dans notre pays ; et d’autre part, les djihadistes «civilisationnels», qui œuvrent inlassablement à rendre toujours plus présents sur notre sol leur civilisation, leurs règles et leur mode de vie.

Cela vient après l’affaire du parc aquatique privatisé pour les salafistes dans les Bouches-du-Rhône. Ce genre de pratique est tolérée dans certaines villes pour la communauté juive par exemple. Que répondez-vous à ceux qui dénoncent le deux poids deux mesures?

Peut-on citer le nom de quelqu’un ayant opéré un massacre en France au nom d’une quelconque mouvance du judaïsme?

En Corse, la baignade de jeunes filles en Burkini a provoqué une violente rixe entre jeunes corses et jeunes d’origine maghrébine. Que cela vous inspire-t-il?

C’est un exemple des troubles à l’ordre public que peut entraîner cet étalage sur les plages françaises des pratiques identitaires islamiques. Surtout dans le contexte des récents massacres commis par des islamistes au nom de leur dieu.

Par ailleurs, il est clair qu’en Corse où la population est restée plus près de son sol, plus ancrée dans ses villages, elle se montre plus réactive face au processus de la conquête islamiste non dite mais bien réelle dont l’Europe occidentale est l’objet. Cependant, même dans l’Hexagone, de plus en plus de gens ont conscience du lien qui existe entre les carnages des terroristes islamistes et le folklore identitaire arabo-musulman qui est le terreau où se nourrit le djihadisme.

Après l’arrêté de Cannes, pris le 28 juillet, une autre commune des Alpes-Maritimes interdit la baignade en burkini: Villeneuve-Loubet. Cela est-il le signe d’une prise de conscience face au danger de l’islam politique, au-delà de la menace terroriste?

On peut l’espérer. Notre pays est actuellement en guerre, et s’il ne veut pas être vaincu dans cette guerre, il doit savoir contre qui et contre quoi il se bat. Pour ne pas perdre une guerre, il faut impérativement nommer l’ennemi. Or, en l’espèce, celui-ci est double: d’une part les djihadistes violents qui massacrent dans notre pays ; et d’autre part, les djihadistes «civilisationnels», qui œuvrent inlassablement à rendre toujours plus présents sur notre sol leur civilisation, leurs règles et leur mode de vie.

À moyen et long terme, le plus grand danger pour les Français est la conquête feutrée de la France par le djihadisme civilisationnel, conquête qui s’opère au nom des droits de l’homme. Les femmes qui portent des vêtements de bain islamiques sont des militantes de la conquête de notre pays par un groupe humain porteur d’une civilisation antagoniste. Cet été, les plages sont la nouvelle partie de notre territoire que vise à s’approprier les islamistes.

Alexandre Devecchiofigarovox

Ce que révèle l’affaire du Burkini

On apprenait il y a quelques jours que l’association Smile 13 organisait une journée dans un parc aquatique réservé aux femmes et aux enfants de moins de 10 ans et qu’il serait permis d’y porter le burkini. La polémique a d’abord percé sur les médias sociaux, comme d’habitude, avant d’être reprise par la classe politique et de trouver de l’écho dans la presse internationale. Ce n’est pas surprenant: l’islamisme prend d’abord la forme d’un impérialisme culturel qui progresse dans l’ensemble des sociétés occidentales.

L’islamisme prend d’abord la forme d’un impérialisme culturel qui progresse dans l’ensemble des sociétés occidentales.

Ainsi, à Québec, en 2014, le maire Régis Labeaume, malgré ses réticences personnelles et une exaspération qu’il ne parvenait pas à masquer, a cru devoir accepter la présence du burkini dans les piscines publiques de la ville, au nom de la diversité, qui aurait naturellement tous les droits et à laquelle il faudrait se soumettre. Le commun des mortels reconnaît spontanément une provocation identitaire dans l’organisation d’un tel événement: l’islam le plus rigoriste s’installe en France et veut y vivre selon ses propres règles.

Même si la journée a été annulée, il demeure nécessaire de réfléchir à ce qu’elle représentait. En s’appropriant le SpeedWater Park le temps d’une journée, il s’agit de marquer la présence en France d’un islam radical, étranger aux mœurs françaises, et qui entend le demeurer. On aura beau distinguer le voile ordinaire du voile intégral, les deux témoignent d’une forme d’exhibitionnisme identitaire ayant pour vocation de rendre l’islam visible au cœur de la cité. Le temps d’une journée, ce parc aquatique aurait dû être classé parmi les territoires perdus de la nation. La culture française y aurait été remplacée par une autre.

Le voile témoigne d’une forme d’exhibitionnisme identitaire pour rendre l’islam visible au cœur de la cité.

L’islamisme s’approprie le corps des femmes pour marquer sa présence physique et symbolique dans les nations qu’il veut conquérir. Naturellement, une frange des élites préfère capituler et se réfugier derrière les droits de l’homme, comme si la politique s’abolissait dans leur célébration systématique. La logique de la soumission est la suivante: puisque le parc aquatique est privé, n’est-il pas permis à n’importe quel groupe de le louer pour une journée et de le soumettre aux règles qu’il voudra? De quoi la société se mêle-t-elle?

C’est l’occasion, aussi, pour plusieurs, de désubstantialiser la laïcité française au nom d’un multiculturalisme qui prétend lutter contre l’islamophobie: on refait ainsi le procès des lois qui entendent réguler l’expression des communautarismes religieux dans l’espace public. On dédramatise la situation et on fait comme si rien ne se passait. Encore une fois, on classe l’événement dans la rubrique des faits divers – c’est-à-dire qu’on en fait un non-événement qui ne mériterait même pas d’être pensé politiquement.

On ne se leurrera pas: l’islamisme est dans une logique de conquête politique et idéologique. Il veut implanter de manière irrémédiable un islam particulièrement rigoriste au cœur des sociétés occidentales et rendre inimaginable sa critique, sauf à risquer l’accusation d’islamophobie. Il teste comme il peut les défenses occidentales pour voir là où elles cèderont. Il est dans une guerre d’usure. Nos sociétés, qui ne savent plus trop comment assumer politiquement leur héritage de civilisation, semblent désarmées devant lui.

En les détachant de leur ancrage civilisationnel, l’islamisme joue ce qu’on appelle les valeurs de la république contre la France.

En les détachant de leur ancrage civilisationnel, l’islamisme joue ce qu’on appelle les valeurs de la république contre la France. Il maquille en droits de l’homme à faire respecter des conquêtes communautaristes. Il dissimule derrière une adhésion aux grands principes de la modernité libérale son implantation territoriale, culturelle et idéologique. La France, sans trop s’en rendre compte, se soumet au système des accommodements raisonnables qui l’amène à voir dans sa propre faiblesse une marque de grandeur et de générosité humanitaire.

La même situation s’est présentée devant les tribunaux canadiens lorsqu’une immigrante pakistanaise a voulu, en octobre 2015, prêter son serment de citoyenneté en niqab. Les tribunaux et la classe politique lui ont donné raison au nom des droits de l’homme. Dans un pays qui passe pour le Disneyland diversitaire du nouveau monde, on a normalisé juridiquement et culturellement un symbole qui consacre l’infériorisation des femmes au nom des droits de l’homme. L’individualisme radical rend invisible le conflit des cultures.

Mais une évidence reprend ses droits: ce sont moins des valeurs abstraites qui font un pays que sa culture et ses mœurs. Dans les faits, la mise en place de zones plus ou moins officiellement soumises à une forme d’apartheid sexuel correspondent à la défrancisation programmée de parcelles du territoire nationale. Celle qui revêt le burkini déclare en fait de manière agressive sa non-appartenance au monde occidental. Et une association qui organise une activité où celui-ci sera à l’honneur pratique, quoi qu’on en pense, le militantisme politique le plus radical.

Au moment où la culture nationale s’efface, c’est la souveraineté nationale qui devient inopérante.

D’ailleurs, au même moment où la culture nationale s’efface, c’est la souveraineté nationale qui devient inopérante. La France n’est plus la bienvenue chez elle. On devine qu’elle ne reprendra ses droits dans ces espaces dénationalisés qu’avec une grande résolution politique. Évidemment, encore une fois, on ne manquera pas d’esprits subtils occupés à réinventer une nouvelle définition de la France pour la rendre conforme à sa multiculturalisation. Il est toujours plus facile de jouer avec les mots et de fuir la réalité que d’affronter lucidement cette dernière.

C’est une chose, et une bonne chose, naturellement, de permettre aux musulmans de vivre librement leur foi dans nos sociétés qui peuvent à bon droit se faire une fierté de leur respect de la liberté de conscience. C’en est une autre, toutefois, de consentir à une forme d’effacement de la culture de la société d’accueil, comme si elle était optionnelle dans son propre pays. Si les pays occidentaux doivent être naturellement accueillants envers leurs citoyens musulmans, ils n’ont pas toutefois, à se transformer en terre d’Islam.

A Rome, on doit faire comme les Romains.

Pour vraiment s’intégrer aux pays qui l’accueillent, la religion musulmane devra s’occidentaliser et se transposer dans une culture qui l’obligera à transformer son rapport à l’inscription sociale de la foi. Les musulmans devraient moins chercher à rendre leur religion la plus visible possible dans la cité que s’acculturer aux mœurs occidentales et miser sur une pratique religieuse moins conquérante, qu’il s’agisse de la taille des mosquées et des minarets, des prières de rue ou encore des signes religieux ostentatoires.

Le nouvel arrivant, dans un pays, doit envoyer le signal qu’il en en respectera les coutumes et les usages. C’est sa manière de dire qu’il sait qu’il arrive dans un monde qui est déjà-là et auquel il est prêt à s’intégrer en profondeur, notamment en reconnaissant et en respectant la nature profonde de la civilisation qu’il rejoint. On aime dire qu’à Rome, on doit faire comme les Romains. La formule demeure plus que valable et devrait commander une refondation sérieuse de nos politiques d’intégration.

FigaroVox Mathieu Bock-Côté

4 Commentaires

  1. Je suis très étonnée de constater que personne n’évoque l’hygiène. En fait ce « burkina » est en invention très récente, je dirais même qu’il est né avec la rixe corse il y a quatre jours.

    En fait les femmes arabo-musulmanes se baignent tout habillées : sous-vêtements (sont-ils impeccables de propreté ?) + collants + pantalon + robe + foulard, tout ceci macérant dans la sueur due à la forte chaleur. Et ces femmes se baignent dans l’eau d’une piscine où se trouvent des enfants, ce qui est inacceptable. Ces femmes qui se lavent elles-mêmes tout en faisant la lessive des vêtements qu’elles portent sur elles amènent des bactéries et des microbes dans une eau qu’elles polluent.

    Un recrudescence de maladies de peau a été observée par des médecins spécialistes en dermatologie. La gale, par exemple, dont trois de mes petites nièces ont été victimes, probablement attrapée à bord d’un autobus. Le même autobus parisien dont le plancher a été recouvert, trois jours de suite, par des milliers de cafards, fait unique depuis vingt ans que j’habite le même quartier.

  2. Le burkini devrait être interdit par les autorités médicales. cet uniforme noir qui couvre tout le corps et la tête est dangereux pour la santé de la personne qui le porte car la couleur noire retient les rayons du soleil et emmagasine la chaleur de façon insupportable. C’est par ailleurs un uniforme de combattante contre la liberté des femmes, contre le corps des femmes et contre notre civilisation tout entière qui l’a toujours exalté.

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