Notre chance avec les Arabes de Jérusalem

 

Voici un point de vue différent et optimiste sur la position et le rôle des Arabes de l’Est de Jérusalem au sein même de la fabrique de la société israélienne  : 42% de cette communauté dotée d’un budget insuffisant, malgré le fait qu’elle vit dans des quartiers dont le niveau d’infrastructures et de services fait souvent penser aux pays en voie de développement, éprouve un sentiment d’appartenance à la société israélienne – ce qui correspond à une courbe statistique très haute et très surprenante.

Un tiers des membres de ce groupe (33%), même s’il est actuellement empêtré dans un conflit national et religieux avec nous, se sent fier d’être Israélien. A l’Est de Jérusalem, où le Hamas a réussi à empiéter ces dernières années, 43% des Arabes reconnaissent les relations historiques et religieuses entre le peuple juif et la terre d’Israël.

Un nombre presque incroyable de 46% des Arabes de l’Est de Jérusalem perçoivent positivement la police et le travail qu’elle effectue. De plus, la volonté des Arabes de l’Est de la ville est de forger des liens avec les Juifs – comme l’ont démontré, à la fois, un sondage d’Israël Hayom, la semaine dernière, et une recherche qui sera publiée bientôt sur l’emploi des Arabes de l’Est de Jérusalem, réalisée par Marik Shtern et Ahmed Asmar – qui prouvent que l’histoire des Arabes de l’Est de Jérusalem est complexe et à multiples facettes.

85% des Arabes de l’Est de Jérusalem sont nés après la réunification de la ville en 1967 et ils ne se rappellent pas d’un temps où la ville était divisée. Beaucoup entreprennent un processus « d’Israélisation », pour ne pas dire d’occidentalisation et deviennent de plus en plus identiques à des Arabes israéliens. Certains, mécontents de leur statut de résidence permanente, requièrent la citoyenneté israélienne, mais celle-ci ne leur est accordée qu’avec parcimonie.

En dépit de cela, il n’y a à peine que quelques milliers des 335.000 Arabes de l’Est de Jérusalem qui aient voté lors des élections municipales pour le conseil municipal de la ville de Jérusalem, même s’ils ont le droit de vote, en tant que résidents permanents. De façon incidente, il y aurait bien plus de résidents de l’Est de Jérusalem à voter et peut-être à former une liste qui les représenterait plus authentiquement au sein de la municipalité, s’ils n’étaient pas en permanence terrorisés par le Fatah et le Hamas.

Théoriquement, ils pourraient déterminer un tiers des sièges du conseil municipal. En pratique, cependant, ils exercent rarement leur droit de vote, comme si cela pouvait être interprété comme une reconnaissance du contrôle d’Israël sur la ville unifiée.

Mais, ces derniers temps, les choses peuvent être différentes. La voix de la raison se fait entendre, en définitive, dans les rues de l’Est de Jérusalem. Ils ont lentement reconnu que la façon d’apporter des changements dans la crise physique et sociétale qui taraude ces quartiers passe par les budgets et l’influence politique à Safra Square, qui est le siège de la Municipalité de Jérusalem.

En tant que Juifs et Israéliens, nous ne devrions pas nous laisser effrayer par ce changement. Si des électeurs et des listes politiques de l’Est de Jérusalem devaient participer aux élections locales, il s’agirait d’un phénomène bienvenu. Jérusalem est démographiquement une ville à laquelle nos deux ethnies appartiennent et ce n’est pas prêt de changer de si tôt.

Au cours des 50 années passées, nous n’avons pas suffisamment porté attention à leur fournir des égouts, des trottoirs, des routes, de l’éclairage des parcs et d’autres infrastructures et services élémentaires appropriés. Par conséquent, il n’est que juste et conforme pour eux de le faire par eux-mêmes – de l’intérieur, à partir du seul endroit où ils peuvent influencer les priorités municipales, en laissant de côté le débat politique sur Jérusalem.

Cependant, Israël doit créer les conditions pour qu’ils participent à des élections réellement libres. Ils ne se rendront pas aux urnes s’ils craignent d’être abattus en chemin ou de voir leur voiture incendiée. La police et les services de sécurité du Shin Bet, pour leur part, doivent permettre aux Arabes de voter sans crainte du Hamas et du Fatah. On peut aussi utiliser les technologies à cette fin – au 21 ème siècle, il est possible de voter en utilisant un ordinateur, même depuis son domicile ou son poste de travail.

Même ceux qui craignent que les Arabes de l’Est de Jérusalem puissent exercer une influence négative sur les intérêts nationaux juifs à Jérusalem ne devraient pas s’effrayer de conclure un véritable partenariat avec eux. Bien que la majorité juive à Jérusalem ait en fait chuté au cours de ces dernières années, elle reste ferme à plus de 60%. En outre, les décisions importantes concernant Jérusalem – la construction, les budgets et les frontières, par exemple – sont décidées par le gouvernement national et pas par la municipalité.

Incidemment, il est tout-à-fait possible de restaurer la majorité juive dans la ville si nous rejetons les pressions américaines et bâtissons Jérusalem et ses environs à un rythme plus dynamique – même si nous ne faisons bouger les limites de la ville qu’un peu au nord, au-delà de la barrière de séparation, qui déconnecte déjà les quartiers arabes de Jérusalem et établissons des conseils locaux israéliens séparés pour les Arabes dans ces localités.

Adaptation : Marc Brzustowski

1 COMMENTAIRE

  1. Dans cet article de Nadav Shragaï, l’on croit comprendre ( et cela correspondrait à des conversations que
    j’ai eues, avec des arabes de la Vieille Ville, il y a des années) qu’il existe une véritable aspiration des Arabes de Jérusalem- Est à devenir israéliens.
    S’il n’existait pas autant de pressions des mouvements terroristes anti-israéliens, des votes arabes s’exprimeraient , dans le sens d’une appartenance assumée, à l’Etat d’Israel.
    Dans le cas de Jérusalem, le quartier juif appelé  » Cardo », se situe bien dans Jérusalem-est?
    Autrement dit, pourquoi des listes communes juifs et arabes de Jérusalem ne pourraient-elles pas
    être constituées, d’autant que l’auteur spécifie que l’on peut, désormais, voter de chez soi — évitant ainsi,
    pour les citoyens arabes, d’être menacés de représailles par des gens du fatah ou du hamas?
    Dans un tel climat de confiance enfin établi, les budgets nécessaires aux infrastructures communes
    aux habitants de Jérusalem ( de l’électricité, la voirie, en passant par la sécurité) seraient votés en vue du
    bien commun.

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