Hussein Badreddine al-Houthi, le chef des rebelles chiites Houthis au Yémen, a bien vite appris les leçons de propagande de ses financeurs iraniens. Il a déclaré dimanche que “les responsables des attaques contre le peuple yéménites sont« l’axe du mal »menée par les Etats-Unis et Israël”. S’exprimant publiquement pour la première fois depuis les attentats de mosquées à Sanaa ont tué au moins 137 personnes, al-Houthi a ajouté que l’Arabie saoudite et le Qatar financent les régimes destructeurs, au détriment des peuples de la région.

Le chef de la milice chiite des houthis, Abdel Malek al-Houthi, a appelé hier à la mobilisation pour poursuivre l’offensive lancée par ses forces dans le sud du Yémen qui vise, selon lui, les extrémistes sunnites d’el-Qaëda et de l’État islamique (EI).

Dans un discours télévisé, M. Houthi a invité « le grand peuple du Yémen (…) à la mobilisation générale » et au recrutement « de combattants pour les enrôler » dans sa milice. Pour M. Houthi, dont la milice bénéficierait du soutien de l’Iran chiite, « le président Abd Rabbo Mansour Hadi est une marionnette aux mains des forces du mal, conduites par les États-Unis », accusés de fomenter un complot « financé par l’Arabie saoudite et le Qatar ». « Toutes les forces politiques qui soutiennent el-Qaëda seront dans le collimateur » des miliciens chiites, a-t-il prévenu, avant d’ajouter : « Désormais, nous ne permettrons plus qu’el-Qaëda et Daech bénéficient d’une couverture politique ou régionale. »

Dans son discours diffusé par al-Masirah TV, la chaîne de sa milice, M. Houthi a menacé de se retirer du dialogue politique parrainé par l’émissaire de l’Onu pour le Yémen, Jamal Benomar, et rejeté implicitement une offre de dialogue à Riyad, proposée par l’Arabie saoudite à la demande du président Hadi. « Le dialogue ne peut se poursuivre indéfiniment. C’est une mascarade et cela est inacceptable », a-t-il dit, avant de prévenir que « le peuple va se prendre en charge et laisser les forces politiques poursuivre leur dialogue improductif ».

En outre, « le dialogue ne peut pas être placé sous le patronage d’une quelconque partie qui alimente les tensions au sein du peuple yéménite », a-t-il ajouté dans une allusion à l’Arabie saoudite.
Des centaines de miliciens houthis et de militaires fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh tentaient en outre hier de prendre le contrôle de la ville de Taëz, qui commande la voie vers Aden, la grande ville du Sud où est retranché M. Hadi depuis sa fuite en février de la capitale. La conquête de Taëz permettrait aux houthis d’avancer aussi vers le détroit stratégique de Bab al-Mendeb, à l’embouchure du golfe de Aden et de la mer Rouge, une importante voie maritime pour le commerce international.

Face à la progression des houthis, les forces loyales au président Hadi, soutenues par des tribus et des membres des « comités populaires » (supplétifs de l’armée), se sont employées à renforcer les défenses autour de Aden, selon des sources de sécurité et militaire. Ces forces établissaient notamment une ceinture de sécurité à la périphérie de la capitale du Sud, où des soldats, « soutenus par une quarantaine de chars de combat, ont été déployés », a déclaré à l’AFP une source militaire. De plus, des milliers de personnes sont sorties dans les rues de Taëz pour protester contre la présence de ces miliciens, les houthis, qui ont tiré à balles réelles tuant un manifestant et en blessant cinq autres, selon des militants.

Par ailleurs, six membres de tribus ont été tués dans des combats à al-Qania, une localité de la province de Ma’reb, à l’est de Sanaa, où ils s’opposaient à une avancée des houthis, a indiqué une source tribale faisant état de la mort d’une trentaine de miliciens chiites, un bilan impossible de vérifier de source indépendante.

Enfin, le Conseil de sécurité de l’Onu a publié hier soir une déclaration unanime de soutien à M. Hadi, lors d’une réunion d’urgence à New York. Dans leur déclaration, les 15 pays membres agitent une vague menace de sanctions contre les houthis, comme ils l’ont déjà fait en vain à de nombreuses reprises depuis le début de la crise yéménite. Selon l’émissaire de l’Onu au Yémen, Jamel Benomar, qui s’est adressé au Conseil par vidéoconférence depuis le Qatar, le pays s’achemine vers « une guerre civile » et risque la « dislocation ».

(Source : AFP)

 

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