Le programme Bleu-Blanc colle si mal au Moyen-Orient

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Le programme du parti bleu-blanc rate sa cible face aux nouvelles réalités du Moyen-Orient

Les listes fusionnées de Benny Gatz, Yair Lapid et Moshe Ya’alon ont publié leur programme politique, ce mercredi 6 mars. Il a pour objectif de définir les lignes directrices que Gantz et Lapid aspirent à imposer, après le renversement de Binyamin Netanyahu lors des élections du 9 avril. Toutefois, un parti dirigé par trois anciens chefs d’Etat-Major, dont l’un a également été ministre de la Défense, est étonnamment mal informé des événements actuels dans la région, notamment en ce qui concerne la situation d’Israël.

Argument 1 : Par- dessus tout, Israël manque de dirigeants capables de lancer une politique visant à tirer parti des possibilités de changer la réalité dans la région et autour de nos frontières. En dépit de la campagne réussie de Tsahal contre le renforcement du Hezbollah, qui est la force la plus puissante au Liban, et de la présence établie de l’Iran en Syrie, une réalité menaçante se dessine au-delà de nos frontières septentrionales. Les opérations israéliennes n’ont aucun effet sur la manière dont Poutine, Erdogan et Rouhani vont décider du règlement du conflit en Syrie.


DEBKAfile : La présentation (faite, ici, dans le programme Bleu-Blanc, des dirigeants russes, turcs et iraniens comme partageant un seul et même esprit sur l’avenir de la Syrie était peut-être partiellement vraie il y a six mois. Aujourd’hui, ils sont à couteaux tirés sur le nord de la Syrie, l’ouest de la Syrie et surtout sur ce qui va se passer dans la province d’Idlib, le dernier bastion des rebelles (co-pilotée par la Turquie). Ils sont également aux antipodes, selon la manière dont chacun perçoit l’avenir de la Syrie et leurs différents rôles dans ce pays.

Poutine a fait part de son désaccord avec ses partenaires d’autrefois devant le Premier ministre Binyamin Netanyahou, lors de leur rencontre à Moscou le 27 février et il lui a offert une ouverture historique sur une nouvelle relation israélo-russe. Il l’a invité à jouer un rôle actif pour la première fois dans l’équation syrienne. Le vecteur de leur action : une équipe conjointe russo-israélienne pour travailler de concert sur le retrait des forces étrangères (y compris iraniennes) de Syrie. ( DEBKAfile a rapporté pour la première fois le 2 mars dernier l’importance de ce nouveau rôle pour Israël dans la diplomatie internationale .). [NDLR : Les 4 leaders de Bleu-Blanc semblent passer totalement à côté… ]

Argument 2 : Nous allons convoquer une conférence régionale des nations arabes à la recherche de stabilité et promouvoir le processus de séparation avec les Palestiniens, tout en veillant fermement à la sauvegarde des intérêts de la sécurité de l’État d’Israël et de la liberté d’opération de l’armée israélienne partout où c’est nécessaire.

DEBKAfile : A quelles nations arabes les auteurs du programme bleu-blanc font-ils référence? Où trouveraient-ils un seul gouvernement arabe prêt à assister à une telle conférence pour atteindre cet objectif?

Argument 3 : Il n’y aura plus de désengagements unilatéraux en Judée-Samarie ni de retraits dans quatre zones stratégiques : les blocs d’implantation, la vallée du Jourdain, Jérusalem et le Golan .

Argument 4 : La conférence régionale pour la stabilité abordera une question d’importance non négligeable : le statut régional d’Israël en tant que force dirigeante. Il n’y aura plus de négociations avec l’Iran sur un accord nucléaire ni de règlement en Syrie sans que les parties, dirigées par Israël, ne fassent valoir leurs intérêts et qu’on réponde à leurs besoins.

DEBKAfile : Ce que disent les futurs chefs de gouvernement israélien, c’est que ni les Etats-Unis, ni la Russie, ni la Chine, ni l’Europe ne seront autorisés à discuter du programme nucléaire iranien, ni à convoquer une conférence régionale sur la question syrienne, sans que les dirigeants du parti bleu-blanc n’y soient invités à y assister. Sont-ils sérieux?

   , 

Adaptation : Marc Brzustowski

Blue-White party’s platform is way off-mark on the Middle East

7 COMMENTS

  1. Sur le même article, j’avais répondu en hébreu à Tik Debka dont je suis un lecteur assidu et reconnaissant. Cet organe constitue une mine d’or pour qui s’intéresse à la géopolitique et la géostratégie de notre région.
    Je n’ai pas été publié mais je leur écrivais ceci en substance : “Vous êtes incomparables et précieux dans votre domaine, pourquoi vous embourber dans la politicaillerie du jour-le-jour ? Pourquoi compromettre votre sérieux et votre réputation ? ”
    Je le reformule ici, car cet article me confirme dans mon appréhension.
    -Sur le point 4, le dernier. L’éditorialiste -car c’en est un- se trompe du tout au tout. Les trois anciens chefs d’Etat-major de Tsahal et l’ancien directeur-adjoint du Mossad, Ram Ben Barak, qui va siéger à leurs côtés, savent mieux que “Debka” de quoi il en retourne, tout de même…
    Israël est désormais l’Hyper-puissance régionale, dont les grandes puissances doivent tenir compte à l’avenir. Et, par pitié, en passant, ne nous attroupons pas autour de ce mensonge grotesque suivant lequel Netanyahou est à l’origine de cette puissance… Elle le dépasse et de beaucoup ! Son vrai architecte en chef, vient de nous quitter. Il s’appelle Moshé Arens (z”l), il y a travaillé dès la fin de la désastreuse guerre du Kippour.
    Le futur leadership régional d’Israël, que la realpolitik finira par imposer, dépend uniquement de la ferme volonté de sa direction. Ce ne sont pas les liens, supposément personnels, qui ont convaincu Poutine de changer de cap (sous réserve de confirmation…), c’est la force de nos armes combinée à l’alliance d’intérêt que les sunnites ont noué (momentanément ?) avec Israël ! C’est d’ailleurs le premier pas de ce leadership futur. Il sera gage à l’avenir d’une paix, non point fondée sur le consentement hypothétique des parties -très inégales- en présence, mais sur le rapport de force brut, le seul à compter dans les relations internationales. Oui, s’il le veut, Israël peut écarter les intervenants extérieurs de la table des négociations, il n’en aura que les coudées plus franches.
    De ce point dépend, bien évidemment, la réponse au 2e argument. Oui, les Etats de la région, ceux qui sont intéressés à se mettre à l’abri, répondront à la convocation d’une conférence régionale. Non point touchés par une soudaine grâce à laquelle personne ne croit, mais en vertu du théorème d’Audiard : “quand un monsieur de 120 kg s’adresse à monsieur de 60 kg, le monsieur de 60 kg a tout intérêt à écouter”.
    Tout le reste n’est que commentaires politiques. Dans lesquels, à mon grand regret, Debka met un pied bancal.
    Ce n’est pas sa place, tout simplement.

    Henri Bettan, ancien journaliste, citoyen d’Israël.

  2. Mariage contre nature d’éléments divergeant ayant en vue une seule chose: “tout sauf Bibi”.
    Voila le parti blanc bleu.
    Mais on peut leur retourner le slogan: “n’importe quoi sauf Bibi” et effectivement ils représentent la politique du n’importe quoi!
    En particulier la rotation entre Gantz et Lapid c’est vraiment comme disent les anglais du “bullshit” (de la merde!). Cela dénote de leurs ambitions personnelles sans aucune nécessité quant aux intérêts bien compris d’Israël et du Peuple Juif…

  3. Il ne faut pas craindre Marine, si les français ne veulent pas s’enliser dans la merde qui s’appelle islam, il faudra voter Marine, mais je doute fort qu’ils en aient le courage. Même les Juifs seraient mieux protégés. Il y a belle lurette que je ne crois plus au CRIF dont les dirigeants sont des sujets de cour

  4. CE SERAIT UN TRES GRAND MALHEUR POUR ISRAEL SI LA GAUCHE VENAIT AU POUVOIR,NOUS NE SOMMES PAS DANS N’IMPORTE QUELLE REGION DU MONDE.IL FAUT UN GOUVERNEMENT DE DROITE MEME ASSOCIE A L’EXTREME DROITE,QUI N’EST PAS LE FRONT NATIONAL EN ISRAEL.ISRAELIENS,N’OUBLIEZ PAS QUE VOUS N’ETES QUE 9 MILLIONS ENTOURES PAR 500 MILLIONS D’ENNEMIS ET DONC POUR L’INSTANT PAS DE COMPROMIS.J’ESPERE DE TOUT COEUR QUE BIBI SE REELU.QUAND A LA PAUVRE EUROPE,JE SOUHAITE QUE LES JUIFS S’EN AILLENT EN ISRAEL,AUX USA,AU CANADA EN AUSTRALIE OU AILLEURS ET QUE S’Y INSTALLENT DES GOUVERNEMENTS D’EXTREME DROITE AFIN D’EVITER LE TRES GRAVE DANGER QUI LA MENACE SERIEUSEMENT.JE TIENS CE LANGAGE CAR LA FRANCE EST MON PAYS ET QUE JE L’AIME.HACHEM ELOHENOU HACHEM ERAD.

  5. Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux.
    Benjamin Franklin

  6. La question ne se posera pas.
    Le parti bleu et blanc tourne au vert, et il va être gommé de l’histoire dans les tous prochains jours…

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