Alors que l’agenda de Donald Trump en matière de politique étrangère demeure extrêmement vague, l’espoir à Jérusalem d’une nouvelle ère d’intérêts communs et de valeurs communes se dessine à l’horizon. Cette excitation, cependant, n’exclut pas un sentiment sous-jacent d’incertitude à Jérusalem compte tenu de la nature imprévisible de Trump.

Seulement quelques instants après l’annonce officielle de sa victoire, les politiques israéliens, principalement de droite, ont publié des messages de soutien au nouveau président, saluant son élection comme un signal de la disparition de la solution à deux Etats et la fin des tentatives de forcer Israël à se conformer aux attentes de la communauté internationale.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, quatre ans après avoir été fustigé pour avoir publiquement soutenu le candidat républicain Mitt Romney, n’a pas réitéré l’expérience pour ces élections. Il a même été jusqu’à refuser de rencontrer Trump à Jérusalem, au début de la campagne.

Mais il s’est toutefois empressé de féliciter le nouveau président américain, qu’il a qualifié d' »ami », et l’a remercié pour son soutien constant à Israël. Au cours d’un entretien téléphonique entre les deux leaders mercredi soir, Netanyahou a été officiellement invité par Trump à se rendre à la Maison Blanche dès que possible. La conversation a été décrite par les assistants de Netanyahou comme « chaleureuse et cordiale ».

Et en effet, tout au long de sa campagne, le facteur israélien était très présent. Trump a notamment fait de nombreuses promesses pour des actions futures, détaillées dans un document officiel, inspiré par ses plus proches conseillers, David Freidman – qui pourrait devenir le prochain ambassadeur américain en Israël – et Jason Greenblatt.

GPO

Et si Obama est le président qui a accordé la plus grosse enveloppe d’aide militaire à Israël, Trump jure qu’Israël obtiendra non seulement le montant maximum d’assistance garanti dans le mémorandum d’accord de septembre, mais pourra également recevoir le financement additionnel du Congrès, en dépit d’une clause l’interdisant. À cet égard, un Congrès à majorité républicaine ne peut que soutenir d’autres politiques pro-israéliennes, en accord avec la Maison Blanche.

Le conflit israélo-palestinien figure aussi bien entendu à l’ordre du jour. L’équipe de Trump a promis que la nouvelle administration ne soutiendrait que des négociations directes sans conditions préalables, en accord avec la position de Jérusalem, tout en s’engageant à s’opposer à toute tentative n’allant pas dans ce sens.

Il a également été souligné que l’administration Trump estime que la solution à deux États semble inatteignable à ce stade, en raison de l’incitation à la haine de l’Autorité palestinienne. Une fois de plus, une politique parfaite pour Jérusalem. Certains experts israéliens ont même ironisé en disant qu’à partir de maintenant, Washington mettra la pression à Jérusalem pour construire davantage d’implantations

Par ailleurs, lors de leur entretien fin septembre à New York, Trump a assuré à Netanyahou qu’il empêcherait toute initiative potentielle unilatérale du président Obama concernant les pourparlers de paix – que ce soit dans le cadre des Nations Unies ou ailleurs.

Trump a encore garanti que les États-Unis cesseraient de financer le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, estimant qu’il est instrumentalisé par des dictatures qui tentent d’isoler l’Etat juif.

Une autre promesse porte sur la question controversée de Jérusalem. Trump a non seulement assuré que Washington reconnaîtrait officiellement Jérusalem comme capitale éternelle et indivisible d’Israël, mais a également déclaré qu’il ferait transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

La question iranienne a elle aussi été abordée à de nombreuses reprises. Trump a répété qu’il ne se laisserait pas duper comme son prédécesseur par l’offensive de charme iranienne – n’excluant pas de revenir sur l’accord nucléaire.

MANDEL NGAN (AFP)

MANDEL NGAN (AFP)
« Donald Trump et sa fille Ivanka dans un bureau de vote le 8 novembre 2016 à New York »

A tout cela, s’ajoute la connexion personnelle de Trump avec le judaïsme. Aux côtés de nombres de ses collègues, sa fille Ivanka de confession juive et dont la famille et très pro-israélienne, devrait devenir l’un des esprits les plus influents dans le bureau ovale.

Mais Trump demeure imprévisible.

Israël craint d’une part qu’il reste neutre en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien et d’autre part qu’il force tous les pays bénéficiaires du soutien financier américain à payer – y compris Israël.

Les responsables à Jérusalem sont très prudents, et font la différence entre les promesses de campagne et les actions réelles.

Et peut-être plus que toute autre chose, comme le prouvent en particulier les relations entre Washington et Jérusalem – c’est le lien personnel entre les deux dirigeants qui aura un impact énorme sur la relation entre les deux alliés.

A Jérusalem, une seule chose est certaine: quand il s’agit de Trump, l’incertitude est susceptible de devenir un mantra.

i24news Ellie Hochenberg

4 Commentaires

  1. Décidément nous ne parviendrons jamais à croire en la sincérité d’un ami, même s’il s’agit d’un Président des USA, comment se débarrasser de ce complexe du « doute » qui va finir par nous caractériser et qui nous a déjà tellement nuit dans le passé…

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