Le nouvel ordre irano-syrien règne au sud de Damas

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UN NOUVEL ORDRE ÉMERGE DANS LE SUD DE LA SYRIE ALORS QU’ASSAD REPREND LE CONTRÔLE

Le régime syrien règle ses comptes avec les rebelles liés à l’occident et à Israël, alors que l’Iran  renforce sa présence dans la région.

Un nouvel ordre émerge dans le sud de la Syrie alors qu'Assad reprend le contrôle

Un soldat israélien parle avec un mégaphone à des personnes qui se tiennent près de la barrière frontalière séparant Israël et la Syrie du côté syrien telle qu’elle est vue depuis les hauteurs du Golan près de la frontière syrienne israélienne le 17 juillet 2018 .. (photo: RONEN ZVULUN / REUTERS)

Des preuves provenant du sud-ouest de la Syrie indiquent que le régime d’Assad a commencé à régler des comptes avec d’anciens rebelles qui ont travaillé avec Israël et avec des pays occidentaux pendant les années où cette région était sous contrôle du régime.

Un certain nombre d’anciens commandants rebelles en vue dans les provinces de Deraa et de Quneitra ont récemment disparu après avoir été appréhendés par les forces du régime. D’autres anciens rebelles ont été empêchés de quitter la région pour se rendre dans la province d’Idlib, contrôlée par l’opposition, dans le nord-est du pays

Le 7 novembre, le corps de Ghanim al-Jamous, ancien chef de la police syrienne libre dans la ville de Dael, a été retrouvé au bord d’une route à la périphérie de la ville. Les officiers appartenant au terrible service du renseignement de la Force aérienne d’Assad ont empêché des passants de s’approcher du corps.

Jamous est l’un des 23 anciens commandants rebelles et militants de l’opposition à avoir été arrêtés ou avoir disparu aux mains des organes du régime au cours des dernières semaines. Beaucoup plus de jeunes résidents syriens de la région ayant des liens moins clairs avec l’opposition ont également été arrêtés.

Parmi les autres personnes touchées par la répression du régime figurent des personnes autrefois directement liées à Israël. Le 7 septembre, Ayham al-Juhmani, ancien commandant du groupe Ahrar al-Nawa de la ville de Nawa dans la province de Quneitra, a été arrêté par les forces du régime. On n’a pas entendu parler de depuis. Ahrar al-Nawa faisait partie des groupes ayant coopéré le plus étroitement avec Israël. Juhmani lui-même a passé quelque temps dans un hôpital en Israël pendant la guerre civile et a été soigné pour des blessures subies au combat.

Entre temps, alors que les organes de sécurité du régime s’attaquent aux anciens dirigeants de l’ordre fragile apparu au cours de la période 2011-18, les nouvelles dispositions dans le sud-ouest de la Syrie sont en train d’émerger. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) et ses milices supplétives – y compris le Hezbollah libanais et des groupes irakiens tels que Asaib Ahl al-Haq – en font partie intégrante.

Un rapport récent publié sur le site Web de l’Observateur syrien des Droits de l’Homme fournit des détails sur une grande base iranienne en construction dans la région de Lajat, dans la province de Deraa. Selon l’observateur syrien, Asaib Ahl al Haq et le Hezbollah, agissant pour le compte des Iraniens, “ont détruit environ 650 maisons et ont nettoyé un certain nombre de villages de Lajat, les nivelant au sol, pour créer une zone paramilitaire de 30 km de circonférence. Dans ces villages, les milices soutenues par l’Iran ont préparé des casernes et des entrepôts d’armes et de munitions afin de faire de cette zone une base militaire pour les milices étrangères soutenues par l’Iran. Les premiers lots d’armes et de munitions ont abouti entre les mains des milices de la région par cette route au début du mois d’octobre. »

Le rapport décrivait ensuite l’itinéraire emprunté par les combattants associés à l’Iran du point de passage de la frontière irako-syrienne à Abu Kamal vers Lajat, sous la supervision du personnel de l’IRGC.

Des preuves de la présence de membres du Hezbollah et d’autres miliciens chiites pro-iraniens vêtus de l’uniforme de l’armée arabe syrienne parmi les forces du régime retournant dans la région frontalière du plateau du Golan sont également en train d’apparaître. Ceci en dépit de l’engagement symbolique de la Russie de repousser de tels éléments à au moins 85 kilomètres du corps.

Cette activité iranienne près de la frontière va de pair avec l’activité de Téhéran, notamment le transfert de chiites du sud de l’Iraq vers des quartiers sunnites déserts.

Tout cela s’ajoute à l’émergence d’un nouvel ordre d’après-guerre dans la partie de la Syrie contrôlée par le régime. Ceux qui espéraient une nouvelle sorte de Syrie sont en train d’être rassemblés, détenus et ont disparu.

L’Iran, quant à lui, est en train de créer un type de commandement très différent. Une présence iranienne indépendante est intimement liée au corps de l’État syrien lui-même et ne se distingue pratiquement pas, d’une manière qui est, et ce n’est pas une coïncidence, analogue à la situation au Liban et en Irak (sans les institutions nominales d’un gouvernement représentatif).

PAR JONATHAN SPYER
 30 NOVEMBRE 2018 22:19
Adaptation : Marc Brzustowski

2 COMMENTS

  1. On est passé à la phase de concentration de troupe.
    Est-ce que notre gouvernement a fait distribuer les pastilles de cesium aux populations du Nord d’
    Ysraël.?

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