Le 6ème anniversaire de la naissance de l’Etat palestinien

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Le 6ème anniversaire de la naissance de l’Etat palestinien

Le 29 novembre 2018 correspond au 6ème anniversaire de la naissance de l’Etat de Palestine. Les palestiniens se sont (naturellement) bien gardés de le célébrer, de peur d’apparaître comme étant une nation sans histoire et sans âme. Pour mémoire, l’Assemblée Générale des Nations Unies a accordé à la Palestine, le 29 novembre 2012, le statut « d’Etat non membre de l’Onu » dans une formulation laconique : la résolution laissait, dans le même temps, à l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) ses « droits et privilèges acquis » et son rôle de « représentant du peuple palestinien ». Les palestiniens ne pouvaient donc se réjouir de ce « non évènement », d’autant  que la Palestine n’est toujours pas dotée d’une assiette territoriale déterminée et qu’ils sont, en raison de leurs divisions,  incapables de s’autodéterminer. Le plus gênant, pour ce peuple (inventé), tient à l’absence de cadre philosophique les structurant, qui serait compatible avec les valeurs des Nations de l’Onu.

Notons toutefois que les palestiniens disposent de plus en plus de prérogatives sur le plan international : le 10 septembre 2015, l’État de Palestine s’est vu autoriser à hisser son drapeau dans les différents sièges des Nations Unies. Plus récemment, le 16 octobre 2018, la Palestine a été nommée (pour 2019), à la Présidence du « Groupe de 77 et la Chine » (qui comprend désormais 134 pays en voie de développement). Ainsi, la Palestine pourra, désormais, faire des déclarations, des propositions d’amendements, répondre pour le groupe, ou soulever des motions de procédure … alors qu’elle n’est toujours pas membre de l’Onu (sic). Certes, l’Observateur permanent de l’État de Palestine s’est engagé à faire « avancer la coopération et les accords mutuellement bénéfiques pour le bien commun de toute l’humanité » (sic), mais personne n’y croit vraiment. Même les Etats-Unis se sont insurgés contre cette nomination.

Pour les palestiniens, il est difficile d’admettre que leur Etat est tout récent, sinon en gestation. Aussi, préfèrent-ils célébrer le « 29 novembre » comme le « jour de la solidarité en faveur du peuple palestinien » (cette date anniversaire a été décrétée en 1977). Cette date correspond à l’adoption de la résolution 181 de l’Onu (29 novembre 1947) qui a partagé la Palestine mandataire en un Etat juif et un Etat arabe. Depuis, les palestiniens s’approprient cette date, plus ancienne, bien qu’elle ne les concerne pas. C’est la seconde Charte de l’Olp de 1968 qui a institué « le peuple palestinien ». Auparavant, les habitants de la région se faisaient appeler « arabes de Palestine », à l’instar des « arabes du Liban », de « Syrie », « d’Arabie Saoudite », de Jordanie… c’est-à-dire membres de la grande nation Arabe.

Sur ce point, les actions de l’Onu sont contreproductives. Pire, l’Onu encourage insidieusement les palestiniens à poursuivre la lutte contre Israël et contre les juifs (quand bien même ce combat est contraire aux principes de l’Onu) : le 29 juin 2018, le Secrétaire Général de l’Onu, Antonio Guerres a déploré l’absence de création de l’Etat de Palestine en l’imputant, pour partie à Israël. Il a lancé : «  La lutte du peuple palestinien pour l’autodétermination, l’indépendance et la dignité, qui dure depuis des décennies, se heurte à de nombreux obstacles, notamment la poursuite de l’occupation militaire du territoire palestinien; la poursuite des violences et de l’incitation à la violence ; la poursuite de l’implantation et de l’expansion des colonies de peuplement; les profondes incertitudes liées au processus de paix ; la détérioration de la situation humanitaire et économique, en particulier dans la bande de Gaza» (sic).

D’ailleurs, l’assemblée générale de l’Onu a célébré le 29 novembre 2018 (en séance extraordinaire) avec le Comité qui se dit « pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien ». Aussi, les palestiniens s’imaginent qu’ils sont titulaires de « droits inaliénables », alors qu’ils sont juste tenus au respect d’obligations.

Ce discours onusien est naturellement mensonger puisque l’Etat de Palestine existe depuis 6 ans : les palestiniens s’auto déterminent sur les zone A et B de Cisjordanie depuis 1993, et sur la Bande de Gaza depuis 2007.

En outre, le message de l’Onu est éminemment pervers : il accorde aux palestiniens un droit de « lutter » (ce qui signifie pour eux le droit de recourir aux opérations terroristes) alors qu’il n’y a pas d’occupation militaire en Cisjordanie mais une présence militaire juive sur les territoires cisjordaniens en vertu des accords de paix d’Oslo. De même, il n’y a pas de colonies de peuplement mais juste des implantations juives en zone C de Cisjordanie (60 % du territoire) sur laquelle Israël dispose des prérogatives administratives et militaires en vertu des accords de paix.

Aussi, cette comédie onusienne qui laisse croire aux palestiniens qu’ils constituent un peuple bafoué, est largement exploitée par les terroristes du Hamas. Pour lui : «La célébration annuelle du 29 novembre par les Nations Unies en tant que Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien constitue un aveu de culpabilité politique, moral et juridique de la part de la communauté internationale pour la catastrophe qui a frappé le peuple palestinien» (sic). Il a donc réitéré son rejet du plan de partition qui viole « les règles de la justice et l’éthique universelle » (sic), considérant que « L’occupation israélienne s’est vue offrir une légitimité pour son vol de la Palestine, dans une violation flagrante de la loi internationale et des principes moraux et légaux de l’ONU ».

Grâce aux manipulations onusiennes de l’histoire, le Hamas peut user d’une rhétorique guerrière pour encourager la lutte des palestiniens, vociférant : « Ce douloureux anniversaire est de nouveau arrivé, alors que l’occupation israélienne commet des massacres contre le peuple palestinien, organise des raids et des campagnes d’arrestations, démolit des maisons appartenant à des Palestiniens, judaïse Jérusalem, profane quotidiennement des lieux saints, confisque des terres palestiniennes et multiplie les activités illégales de colonies de peuplement en Cisjordanie occupée » (le Hamas ne fait que reprendre les thèses onusiennes).

Aussi, le Hamas peut avancer que « la résolution 181 est nulle et non avenue, car elle légitime l’occupation forcée des terres d’autres peuples, en violation flagrante du droit international ». Cette thèse lui permet alors de soutenir qu’Israël ne serait pas légitime et qu’inversement, la lutte pour le défaire le serait. Le Hamas appelle donc les palestiniens à « résister à l’occupation par des moyens armés et non armés, ce qui est un droit légitime au sens des conventions et des lois internationales » (sic).

De même, il rejette par anticipation «l’accord du siècle» américain, qui vise à légitimer l’occupation israélienne de la Palestine et à délégitimer la cause palestinienne », insistant pour poursuivre la résistance face « au projet sioniste, jusqu’à la libération de la Palestine et le retour des réfugiés ». Plus précisément, il condamne toutes les mesures prises par Trump visant à remettre en cause « notre droit total à Jérusalem, capitale éternelle de l’État de Palestine, par le transfert de l’ambassade américaine à cette ville sainte occupée, en tant que capitale de l’entité sioniste, ainsi que par les tentatives visant à liquider le droit au retour des réfugiés et leur indemnisation ».

Si les palestiniens nient la réalité juridique, leur Etat ne durera pas bien longtemps.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

4 COMMENTS

  1. Mais de quoi parle-t-on? quel état de palestine Un état doit avoir des frontière, une monnaie. C’est donc un état fantoche. N’en déplaise à l’ONU, macron merkel et tous les autres antisémites.
    ROSA

  2. Vivement que ce pseudo état pour un pseudo peuple rejoigne les poubelles de l’histoire et qu’on s’occupe de choses vraiment importantes.

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