Les liens méconnus entre Israël et le Qatar pour calmer Gaza

Pendant des années, Israël a courtisé discrètement le riche émirat du Qatar dans le but d’obtenir son aide financière pour stabiliser la bande de Gaza, selon une série de documents révélés récemment.

Dès le début des années 2010, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait initié des relations avec les autorités qataries afin qu’elles injectent des fonds substantiels dans l’enclave palestinienne. Une stratégie destinée à la fois à améliorer les conditions de vie des Gazaouis et à désamorcer les velléités belliqueuses du Hamas, le mouvement qui gouverne le territoire.

En décembre 2020, l’ancien chef du Mossad Yossi Cohen aurait ainsi adressé une lettre de remerciements à un haut responsable qatari, sur les encouragements mêmes de Netanyahu. « Votre aide humanitaire joue un rôle fondamental dans l’amélioration de la stabilité et de la sécurité dans la région », y écrit-il, louant la « coopération » et la « coordination » entre les deux pays pour acheminer cette aide financière.

Deux ans plus tôt, en 2018, Netanyahu lui-même avait exhorté dans une missive secrète les autorités de Doha à « poursuivre les transferts de fonds », les présentant comme un moyen de « démotiver les organisations terroristes ».

Cette politique de recherche d’un État « généreux » susceptible de financer Gaza s’est poursuivie au-delà du mandat de Netanyahu. Son successeur Naftali Bennett, pourtant issu d’un gouvernement différent, l’a perpétuée en 2022, convaincu que la « paix économique » dans la bande favoriserait la « paix sécuritaire ».

Si la stratégie de pomper l’argent qatari vers Gaza peut être critiquée comme un renforcement indirect du Hamas, elle témoigne surtout de la recherche pragmatique par Israël d’un chalutage diplomatique pour calmer les tensions dans ce territoire insurgé.

Au final, si la stratégie pragmatique israélienne de courtiser le Qatar pour financer Gaza peut se comprendre, elle a malheureusement contribué à renforcer le Hamas, au détriment de la population civile.

Bien que ces fonds qataris aient pu temporairement améliorer les conditions de vie des Gazaouis, une partie non négligeable a été détournée par le Hamas pour consolider son emprise sur le territoire et construire de nouveaux tunnels militaires.

Loin d’avoir atteint l’objectif affiché d’assurer la stabilité, cette aide financière étrangère a donc involontairement renforcé les capacités belliqueuses du mouvement terroriste.

Face à cette dérive, Israël se doit de revoir sa approche et de trouver d’autres leviers diplomatiques pour garantir sa sécurité, sans alimenter indirectement une organisation hostile. Car tant que le Hamas demeurera au pouvoir à Gaza, toute aide économique risque d’être en partie détournée au profit de la lutte armée contre l’État hébreu.

S’il ne fait aucun doute que la population gazaouie a un besoin criant d’assistance humanitaire, les autorités israéliennes doivent impérativement s’assurer que celle-ci ne profite pas aux groupes extrémistes qui oppriment les civils palestiniens eux-mêmes.

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