L’antisionisme : un appel déguisé à la destruction d’Israël

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L’antisionisme : un appel déguisé à la destruction d’Israël

Le 20 février 2019, le Président Emmanuel Macron a dénoncé la résurgence des actes antisémites sur le territoire français « sans doute inédite depuis la seconde guerre mondiale ». Aussi, le Président français prévoit-il de faire adopter une définition nouvelle de l’antisémitisme intégrant, désormais, (ce qui est appelé) « antisionisme », puisqu’il en est sa forme moderne. La question se pose toutefois de savoir comment le sionisme, (qui n’était à l’origine qu’un simple projet migratoire), est devenu l’instrument d’une haine anti juive. La raison en est simple : l’idée sioniste est à l’origine du processus ayant conduit à la création de l’Etat d’Israël. « L’antisionisme » n’est donc qu’un appel, déguisé, à la destruction d’Israël.

Historiquement, le sionisme était une volonté, exprimée par quelques juifs, de revenir à Sion. Le but était d’y établir un foyer national juif (en Eretz Israël), et ainsi de permettre au peuple juif de s’autodéterminer. Théodore Herzl en a conceptualisé le principe, avec son manifeste « der Judenstaat » (« l’Etat juif » ou encore « l’Etat des Juifs »), dans lequel il a posé les fondements étatiques de l’Etat et en a décrit les institutions. Il est parti d’un postulat relativement simple : d’une part les peuples n’acceptent pas les juifs, d’autre part, la haine qu’ils inspirent est la cause de massacres, de spoliations, de conversions forcées…Il suffit donc de créer un Etat, par les juifs, et pour les juifs, pour les en préserver.

Le principe était, d’ailleurs, tout à fait conforme avec les prophéties Bibliques : « Je vous rassemblerai du milieu des peuples, je vous recueillerai des pays où vous êtes dispersés, et je vous donnerai la terre d’Israël » (Ezéchiel 11,17) ; voire également : « Je lèverai ma main vers les nations, je dresserai ma bannière vers les peuples ; Et ils ramèneront tes fils entre leurs bras, ils porteront tes filles sur les épaules » (Esaïe 49,22), voire encore : « Ils rebâtiront sur d’anciennes ruines, Ils relèveront d’antiques décombres, Ils renouvelleront des villes ravagées, Dévastées depuis longtemps (Esaïe 61,4) ; voire enfin : « Dans les temps à venir, Jacob prendra racine, Israël poussera des fleurs et des rejetons, et il remplira le monde de ses fruits (Esaïe 27,6)…

Le projet d’établissement d’un Etat juif correspondait d’ailleurs aux aspirations historiques du peuple juif, en diaspora, quant à un retour à Jérusalem : le Psaume 137 (rédigé lors de l’exil à Babylone en -636) met les juifs en garde : « Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service ! Que ma langue s’attache à mon palais ». De même, chaque année lors de l’office de Pessah, les juifs prononcent « l’an prochain à Jéruslaem »…

Rappelons enfin que, dans son Mishne Torah, Maïmonide a prophétisé : « Les Temps messianiques auront lieu lorsque les Juifs regagneront leur indépendance et retourneront tous en terre d’Israël».

C’est ainsi que, dès le milieu du 19° siècle, des juifs ont effectivement entrepris leur retour en Eretz Israël, y sont montés en masse, procédé au rachat de terres en Palestine (depuis le début du 20° siècle), et décidé de fonder leur Etat Israël le 14 mai 1948 (L’Onu en date du  29 novembre 1947 ayant opportunément décidé d’un partage de la Palestine mandataire entre un Etat juif et un Etat arabe).

Le sionisme est donc une affaire exclusivement interne aux juifs :

– le processus a conduit à la mise en place de l’Etat d’Israël en 1948

– le concept subsiste toujours, au sein de la communauté juive de diaspora : certains envisagent leur montée en Israël alors que d’autres, non.

– En Israël, le concept est également repris par les mouvements politiques de droite qui rêvent du Grand Israël ou qui sont favorables à une annexion de la zone C de Cisjordanie, sous contrôle administratif et militaire exclusivement israélien, en vertu des accords israélo palestinien de paix d’Oslo (1993).

Inversement, ce que l’on appelle « antisionisme » devrait être son antithèse et ne concerner que les juifs : certains juifs, ultra orthodoxes, étaient opposés à la création d’Israël (avant 1948) puisqu’ils estimaient que seule l’arrivée du Messie devait conduire à la fondation de l’Etat d’Israël (Des mouvements Haredim (religieux) minoritaires contestent toujours la création d’Israël tels Neturei arta, Edah Haredit,  Agoudat Israël). De même, le concept d’antisionistes devrait être réservé à la partie des juifs de diaspora qui n’entendent pas venir s’établir en Israël.

Pourtant, le concept d’antisionisme s’est développé au sein de la population non juive. Le terme renferme, désormais, la catégorie des opposants à la politique israélienne mais aussi, par extension, des antisémites qui remettent en question:

– l’Etat d’Israël lui-même et la volonté pour les juifs de migrer en Israël.

– la politique israélienne qui serait discriminatoire à l’endroit des non juifs,

– la présence juive en zone C de Cisjordanie, et …à Jérusalem.

L’Onu est bien évidemment responsable de cette montée en puissance de ce que l’on appelle « l’antisionisme » des non juifs. Le 10 novembre 1975, elle a voté la résolution 3379 qui « considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination sociale » (sic). C’est donc bien elle qui a permis le développement de la contestation de la politique israélienne voire de la légitimité de l’Etat juif. Autrement dit, elle a favorisé la mutation du concept d’antisionisme en le réservant aux ennemis d’Israël.

Cette mutation du concept d’antisionisme n’en reste pas moins une parfaite ineptie : le sionisme était, au départ (et sur le plan étymologique), le projet migratoire de personnes juives désireuses de se rendre dans la Palestine sous mandat Britannique pour y établir un état. Or, l’Onu a fait, de l’antisionisme, le moyen d’incarner une contestation de la légitimité d’Israël alors que l’Etat d’Israël existe depuis 1948 et que le choix pour les juifs de venir s’établir ou non en Israël les regarde exclusivement (une instance internationale ne saurait interférer dans ce choix).

La résolution 3379 a finalement été révoquée (le 16 décembre 1991) avec la résolution 46/86. Trop tard : le mal était fait. Le mouvement BDS s’est bien évidemment engouffré dans la brèche, en contestant la commercialisation de produits israéliens, invoquant faussement, une soi disant « occupation de la Palestine ». De même, Dieudonné a contribué au glissement du concept en affirmant (notamment) que « le sionisme a tué Jésus ». Martin Luther King, quant à lui, ne s’y est jamais trompé. Dans sa lettre à un ami anti-sioniste écrite en 1967, il concluait son propos de la manière suivante : « quand les gens critiquent le sionisme, ne te trompe pas, ils pensent les Juifs ».

Si le sionisme a permis de créer l’Etat d’Israël, l’antisionisme n’est qu’un appel insidieux à sa destruction. Ses adeptes peuvent ainsi maquiller leur antisémitisme viscéral sous les apparences d’une pensée politique. D’ailleurs, l’emploi du mot « sioniste » leur évite de prononcer le terme « juif » (dont l’évocation rappelle le mauvais traitement qui leur a été réservé au cours de la seconde guerre mondiale). Bien qu’il s’y soit refusé, il appartient donc au Président MACRON d’intervenir énergiquement pour que cesse son utilisation dévoyée.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

4 COMMENTS

  1. Aucun futur pour les Juifs en France , quittez “le bateau” avant qu’il ne sombre dans l’océan de l’islam ! l’eau arrive déjà au niveau du bastingage! prenez le bateau pour Israël ! et j’ajouterai qu’il n’y a également aucun futur en France pour les français non-juifs eux-même !…

  2. Un antisioniste est un salaud de génocidaire qui fait semblant de ne pas savoir que l’antisionisme apelle à l’assassinat de millions d’êtres humains.

  3. 2 points a relever :
    1- le mouvement de retour physique a Sion n a jamais cessé , des communautes juives ont subsisté durant des siecles et on trouve de nombreuses traces d emigration individuelles de rabbins de differentes regions vers Israel depuis le moyen age .
    2- Macron ne va pas ” lutter ” contre l antisionisme qui est le coeur de la strategie eurabienne française , cette strategie transcende les partis , c est le projet des patrons veritables de la France et elle n est pas discutable , il serait temps d ouvrir les yeux et les oreilles

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