Commentaire : sans nul besoin de recourir aux données, qui paraissent biaisées, de cette soit-disant étude du Lancet, il existe des praticiens et des expérimentations pratiques, en Israël et en Inde, pour apporter une attitude de scepticisme dans cette sorte de religion de “l’hydroxychloroquine” et de son héraut, le Pr Raoult. On peut donc exercer un doute raisonnable, sans chercher à démolir par principe l’expérience suivie à Marseille. Il aura, de toute façon, eu le mérite d’essayer (même si c’était un effet-palcebo), en période déclarée “de guerre”, où les “plus hautes instances” de l’Etat se seront, à plusieurs reprises, fourvoyées sur les armes essentielles pour mener une telle “guerre” : masques, tests, études partisanes, etc. Nous publions donc les deux versions propices au débat, en rappelant que Sanofi reste le grand producteur d’Hydroxychloroquine en France et en Europe et que cet industriel pharmaceutique n’est pas plus indemne d’intérêts dans toute cette “affaire” que d’autres mis en cause (Gilead, etc).

INTERVIEW. Le coauteur de l’étude du Lancet, fondateur de Surgisphere, répond aux questions levées par leur publication sur la chloroquine

Depuis sa publication le 22 mai 2020, l’étude du Lancet qui a mis en évidence une association entre chloroquine et surmortalité est remise en question. Contacté par Sciences et Avenir, le coauteur de l’étude Sapan Desai, fondateur de l’entreprise Surgisphere, se défend.

The lancet

L’étude publiée dans le prestigieux journal scientifique The Lancet est la plus grande étude publiée à ce jour sur la chloroquine comme traitement pour la Covid-19.

AFP/ARCHIVES – LOIC VENANCE

 

 

Suite à la publication de l’étude du Lancet du 22 mai 2020, qui suggère qu’il y a une association entre la chloroquine et l’hydroxychloroquine et une surmortalité chez des patients atteints de Covid-19, de nombreux scientifiques ont émis des doutes sur l’origine et la transparence des données utilisées pour cette analyse. Contacté par Sciences et Avenir, Sapan Desai, coauteur de l’étude et fondateur de l’entreprise américaine spécialisée dans les données médicales Surgisphere (dont sont issues les données étudiées), répond aux questionnements.

Sciences et Avenir : Comment ont été acquises les données utilisées pour l’étude ?

Sapan Desai : Ces données sont issues de la base de données de Surgisphere, qui est alimentée par les utilisateurs de notre logiciel de ” machine learning “ (ou apprentissage automatique grâce à l’intelligence artificielle, NDLR) QuartzClinical. Ce logiciel permet aux centres de santé de mieux analyser leurs données afin d’améliorer leurs performances. En contrepartie, les institutions de santé qui utilisent le logiciel donnent leur accord pour que leurs données, une fois anonymisées, puissent être incluses dans la base de données de Surgisphere. Nous ne recevons aucune information qui puisse identifier les patients.

Et qu’est-ce que Surgisphere ?

C’est une interphase collaborative qui donne accès aux chercheurs à une base de données en temps réel avec l’information anonymisée de plus de 240 millions de visites médicales dans plus de 1.200 institutions de santé, dans 45 pays. Cela permet d’analyser la santé des populations en temps réel au niveau mondial, avec une précision inédite. Cette base de données est financée par les bénéfices générés par le logiciel QuartzClinical.

Votre publication a été remise en question récemment, notamment à cause de l’homogénéité des données entre les différents continents. Comment expliquez-vous cette homogénéité ?

Après la publication, nous nous sommes aperçus que la table en question (table supplémentaire S3, NDLR) présentait des données appariées, déjà ajustées pour les covariables autres que les traitements étudiés. C’est pourquoi ces données ont l’air si homogènes. Suite aux remarques de nos collègues, nous avons modifié l’article en remplaçant cette table S3 par une table avec des données brutes, donc non ajustées (modification mise en ligne le 29 mai au soirqui enlève aussi à l’Australie des données provenant d’un hôpital asiatique, mis par erreur avec les données australiennes, NDLR). Cependant, cela n’affecte en rien les résultats de notre étude ni ses conclusions.

Est-ce que les données brutes sur lesquelles se base l’étude seront mises à disposition du public pour que ces résultats puissent être vérifiés ?

Les données obtenues sont issues de nombreuses institutions de santé, avec lesquelles nous nous sommes engagés à ne pas partager avec des tiers les données individuelles des patients. Cependant, nous pouvons partager des données agrégées. (Surgisphere a ensuite annoncé au journal Nature qu’ils permettraient aux autres chercheurs d’analyser leurs données, NDLR).

Pourquoi n’avez-vous pas analysé séparément le rôle des deux antibiotiques étudiés (azithromycine et clarithromycine), ou la relation dose-effet de la chloroquine et l’hydroxychloroquine ?

Souvenez-vous qu’il s’agit d’une étude observationnelle, qui n’a donc pas la rigueur d’une étude interventionnelle randomisée. Quand nous avons conçu cette étude, nous avons utilisé l’information disponible à ce moment et nous avons donc étudié les facteurs qui nous ont semblé les plus importants sur le moment. Il y a actuellement beaucoup d’autres études en cours sur le rôle de la chloroquine et l’hydroxychloroquine, et on espère que ces recherches permettront de construire sur les connaissances actuelles (dont notre étude) et d’analyser plus en détail ces traitements.

sciencesetavenir.fr

LancetGate : Surgisphere la société qui a fourni les données à l’étude est-elle sérieuse ?

 Publié le 29/05/2020 à 17:16 – Mise à jour le 30/05/2020 à 23:29

LancetGate : surgisphere la société qui a fourni les données à l’étude est-elle une sérieuse?

FranceSoir

Surgisphere est la société responsable de la collecte des données de l’étude du Professeur Mehra qui a fait l’objet d’une attention planétaire depuis ces 7 derniers jours.  Après notre première interview avec Mr Mehra qui nous avait laissés dubitatifs sur la forme et le fond, nous nous sommes intéressés à cette entreprise. Et là quelques questions se posent et des surprises.

La société surgisphere a :

Plusieurs adresses qui ressemblent plus à des logements peut-être lié à des déménagements ou de la domiciliation d’entreprise.
Plusieurs entreprises au même nom ont été successivement enregistrées dans divers états, puis liquidées ou en suspension.
Peu d’employés avec une date d’entrée très récente et peu de mentions sur google de ces diverses personnes et un profil questionnable.
Peu d’activité jusqu’à mars 2020 sur le site internet.

Son fondateur Sapan Desai MD annonce dans une vidéo que le Remdesivir de Gilead réduit la durée du séjour à l’hopital, et dit qu’il lui faut plus de “données de bonne qualité”

Pour une étude de la taille de celle du Lancet (96000 participants), cette société qui se dit spécialisée dans le big data et l’intelligence artificielle, ne fournit à ce jour pas vraiment d’éléments factuels de sa réalité ni de sa capacité à faire.  Au contraire des indices plutôt surprenants apparaissent quand on cherche des informations sur la société (beaucoup de déclaratif et peu voire pas de données officielles de type déclaration d’impôts…).  Des questions ne manqueront pas d’être posées par plus qualifié que nous.

A propos de la société

La société Surgisphere aurait été créée en le 1er mars 2007 (Crunchbase) par le docteur Sapan Desai qui est un des co-auteurs de l’étude de Mr Mehra dans The Lancet.  Cette société serait spécialisée dans le big data et l’usage de l’intelligence artificielle dans l’analyse des données.  Une autre société au nom de Sapan Desai, Surgisphere Corporation a été créée le 28 juin 2012 puis dissoute en janvier 2016 (https://opencorporates.com/companies/us_tx/0801618466).  Une autre au même nom (https://opencorporates.com/companies/us_nc/1037229) créee le 8 avril 2008 et suspendue le 22 octobre 2015.

Pour continuer des sociétés au même nom ont été créées et radiées plusieurs fois dans divers états pour non-production des comptes.  Un indice de plus :

 

 

Qui est le docteur Sapan Desai ?

Le Dr Desai semble être le fondateur de Surgisphere, qui a été formé en 2007. Une recherche PubMed pour «Sapan Desai» montre 39 publications médicales au cours des cinq dernières années. À l’exception des deux articles COVID-19 très récents, la base de données Surgisphere ne semble avoir été utilisée dans aucune des 37 autres publications. Pourquoi le fondateur de Surgisphere aurait-il accès à l’un des plus grands référentiels de données patient en temps réel, mais ne l’aurait-il pas utilisé avant sa publication sur COVID-19?

 

Aux USA les médecins sont souvent notés sur les sites internet seulement accessible au travers d’un VPN.  Nous n’avons trouvé qu’un seul commentaire fort négatif sur ce monsieur, que l’on décrit plus comme un homme d’affaires qu’un médecin, ne prenant pas le temps. Pourtant nous trouvons certains commentaires sur linkedin.

Les seules autres mentions de lui que nous ayons pu trouver sont ces vidéos récentes où il s’exprime sur une chaine AI Med du docteur A Chang le 11 mai 2020 et une du 14 avril 2020.  Une des vidéos a fait 191 vues et l’autre 953 vues à ce jour, ce qui est très faible pour une vidéo sur l’intelligence artificielle et le Covid 19.  Un point à noter dans la vidéo c’est que Mr Desai déclare avoir collecté des dossiers médicaux partagés (EHR) avec plus de 1200 partenaires dans le monde. Il indique également que sa société exploite 1 petabyte de données, ce qui est colossal pour une petite structure comme la sienne.  Les EHR (electronic health record, dossier de données patients) sont constamment mis à jour. Une question fondamentale est comment une société de cette taille peut-elle jouer dans cette cour?  Elle va forcément devoir s’appuyer sur une société major en informatique.  Devrait-on chercher une piste vers une société puissante qui investit dans l’IA, le stockage de données, les biotechnologies et a l’ambition que chacun de nous ait un passeport de santé numérique (ID2020)?

Nous avons fait une demande d’entretien par le biais du site internet de la société.  Suite à cela nous avons reçu un email d’une autre société qui serait l’agence de communication http://www.blissintegrated.com/

Depuis ce jour, Sapan Desai a donné une interview rapide dans Sciences et Avenir.

 

Qui sont les employés de la société

Sur linkedin, la société fait état de 5 personnes qui y travaille dont 4 d’entre elles sont arrivées soit en mars 2020 ou en avril 2020.  Nous avons fait des recherches google sur chacun d’entre eux sans trop de succès (très peu de mention ou de publications) et le profil de Stacy Prigmore a attiré notre attention plus particulièrement car nous ne pouvons trouver aucune information sur lui.

 

L’empreinte internet de cette société remonte à l’enregistrement de son site internet en 23 mars 2007.  Cependant ce site ne serait réellement actif que depuis Mars 2020

Les articles publiés sur le site de Surgisphere datent au plus de Mars 2020

Le Site internet de la société donne l’impression de n’exister ou de n’avoir de l’activité que depuis mars 2020 et rien entre 2013 et 2020. Une activité dormante

 

Sur google trends 

Très peu de recherches sur le nom de la société “surgisphere” avant cette semaine. (merci @fluorro)

TWITTER

L’actitvité twitter commence en 2013 et est quasi nulle jusqu’au 12 mars 2020.

DOMICILIATION

Pour une société spécialisée dans le big data et l’AI avec 4 salariés, nous avons trouvé quatre adresses différentes, ce qui est bizarre pour une société de si petite taille, mais qui pourrait s’expliquer par diverses étapes de sa vie.

La première est un bureau à Chicago chez Regus au 875 Ave 31st Floor Chicago IL 60611

La seconde est un pavillon résidentiel à 759 W Meryls Ct Palatine, IL 60074 dans la banlieue de Chicago.  Plutôt cossu comme pavillon.

La troisième une maison de plus petite taille à 4706 CARMEN LN DURHAM NC Zip:27707-5299 dans la banlieue de Durham en Caroline du Nord

 

La quatrième est une adresse à washington 3 Hermann Museum Circle D Houston, TX 77004 qui se trouve est une adresse résidentielle aussi de type appart’hotel.

 

ASPECT ECONOMIQUE

Le chiffre d’affaires de cette société est apparemment 8 millions de dollars dont la mise à jour est en mars 2020 (Source : ZoomInfo).  Nous avons aussi cherché les déclarations d’impôts de cette société sans succès.

Une question importante est donc qui sont les autres clients de cette société.

Comment une société qui fait un chiffre d’affaires de cette taille peut prendre la responsabilité d’une étude de l’ampleur de celle publiée dans the Lancet?

HEBERGEUR

La société Surgisphere aurait trois sites internet :
https://surgisphere.com/ (non sécurisé même avec un certificat valide)
https://www.quartzclinical.com/
https://surgicaloutcomes.com/  (source :source http://www.whois-raynette.fr/)

Pour surgisphere une particularité observée est que la date de mise à jour des noms de domaines lui appartenant est le 14 mai, proche de la date de publication de l’article de The Lancet.

 

RECHERCHE D’HISTORIQUE SUR INTERNET

En utilisant wayback machine, un service qui permet de tracer l’historique des sites internet, on peut s’apercevoir que l’historique du site internet n’est pas là ou qu’il a été exclu. Information mise en avant sur Twitter par le médecin américain James Todaro (Medical Degree Columbia University)

 

A l’étranger

James Todaro a fait une analyse identique.

James Todaro, MD

@JamesTodaroMD

Very strange…I looked up Surgisphere (mysterious data corp behind hydroxychloroquine Lancet study) in the Internet Archives and it’s not there.

I’ve never seen this before, and some quick research shows that this only happens around shady companies…https://web.archive.org/web/*/https://surgisphere.com/ 

Voir l'image sur Twitter
541 personnes parlent à ce sujet

https://twitter.com/JamesTodaroMD/status/1266061879002247169

Un autre article complet sur le blog freerangestats, conclut que les données ont probablement été fabriquées.

http://freerangestats.info/blog/2020/05/30/implausible-health-data-firm

 

Auteur(s): FranceSoir


Ça sent le roussi pour The Lancet.

L’étude, portée au pinacle il y a 8 jours, semble vouée aux gémonies une semaine plus tard.

Souvenez-vous, le week-end dernier, c’était la meute sur le professeur Raoult. Étude en main, portant sur 96.000 cas, ils se relayaient quasiment tous, à quelques exceptions notables, pour expliquer que nous la tenions, la preuve irréfutable du charlatanisme de Raoult, de sa dangerosité, de son gouroutisme et populisme dangereux. Sans bémol, sans nuance.

Immédiatement appuyés par la haute autorité qui concluait à l’arrêt de l’hydroxychloroquine, arrêt validé par le Ministre de la Santé. Tout cela en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

En coulisses, les protagonistes étaient encore plus virulents « c’est fini pour Raoult. C’est le dernier clou sur le cercueil », « Enfin, on va en terminer avec la Raoult mania ! », ajoutait un autre.

Et bien non !

On n’en termine pas et il faudra bien aller au bout de cette affaire.

Car une semaine après, tout se retourne contre les auteurs de cette étude. Seulement 4 médecins pour traiter 96.000 données.

Des doutes sur le recueil de ces données, émis par le très sérieux journal britannique « The Guardian » et puis des tribunes, 150 experts internationaux qui demandent à avoir accès aux données car ils relèvent des indicateurs peu clairs. Et puis des blogs de professeurs prestigieux, de Columbia notamment qui émettent des doutes. Le professeur Froguel pourtant très sévère avec Raoult mais qui lance « cette étude, c’est de la m… ». Et le Professeur Jacques Reynes à Montpellier, qui refuse d’interrompre son essai clinique, tout comme l’étude Recovery au Royaume Uni qui continue.

Tout cela en moins d’une semaine.

Un retournement total de situation qui embarrasse forcément l’exécutif français, si prompt à se ranger derrière The Lancet. Si prompt, en ce qui concerne Olivier Véran, à interpeller directement Didier Raoult en vidéo.

Que nous arrive-t-il ? Pourquoi une telle folie sur cette molécule ?

Guerre de laboratoires ? C’est certain mais ça n’explique pas tout.

Peur que les citoyens demandent des comptes, sur le mode de « pourquoi ne l’a-t-on pas appliqué ? » si le traitement de Didier Raoult était validé ? Peut-être mais pas suffisant.

Jalousies irrépressibles entre grands égos du corps médical ? Peut-être.

Désir tout simplement de bien faire et de ne pas prendre de risque avec un médicament dont on connaît les méfaits sur le plan cardiaque ? Peut-être.

Volonté de couper les ailes d’un chercheur brillant qui maîtrise l’art de la parole et peut s’avérer dangereux politiquement ? Peut-être,

Un peu de tout ça ou encore autre chose ?

Peut-être.

Pardon d’opposer un doute car la polémique sur l’hydroxychloroquine a provoqué un tel séisme, un tel clivage en France que nous ne saurions rien affirmer avec certitude. En revanche, on peut en avancer une : ce déferlement de rage contre Didier Raoult n’a pas grandi la médecine, la recherche et le politique. Et creuse un peu plus le fossé entre les citoyens et ceux qui les gouvernent. L’affaire Raoult va rester pour très longtemps dans la mémoire française. Et Didier Raoult personnellement figurera dans les livres d’histoire à côté du mot « masque », l’autre anti-star de cette pandémie.

2 Commentaires

  1. On peut louer la curiosité des journalistes de France Soir qui ont été les premiers à faire une petite recherche sur la réalité de la société Surgisphere. Votre article est fort intéressant car il complète bien les premières observations de France Soir en relayant les recherches d’un individu: James Torado qui a eu la même intuition et curiosité. Il souligne également la décrépitude du monde politico-médiatique français qui effectue ses indignations sélectives, sans aucun sens de la mesure, et sans vérification. Bravo et bien cordialement.

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