Miki Zohar exige de l’Etat l’abandon de “l’Affaire 2000”

Miki Zohar exige que le procureur général enquête sur les fonctionnaires mentionnés dans un reportage télévisé ; il est question de dissimulation de conflit d’intérêts et de relations extra-conjugales avec une partie prenante, de la part du principal enquêteur

 

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le propriétaire du Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes (Photo composée)

Un député Likud, Miki Zohar, a formellement demandé à l’État d’abandonner les poursuites pénales contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans l’une des trois affaires de corruption dont il est accusé, après qu’un reportage télévisé a allégué qu’un enquêteur avait un conflit d’intérêts dissimulé depuis des années.

Dans le même temps, le ministre de la Justice Avi Nissenkorn a soutenu le démenti du parquet selon lequel il avait dissimulé le lien de l’enquêteur avec les proches de suspects criminels et a balayé les “théories du complot” disant que les affaires visaient uniquement à faire tomber le Premier ministre.

Le député Miki Zohar, chef de file de la coalition et considéré comme un proche allié de Netanyahu, a déclaré mardi matin qu’il avait demandé au procureur général Avichai Mandelblit d’abandonner les charges dans l’affaire dite « Affaire 2000 », dans laquelle Netanyahu aurait tenté de conclure un accord avec un propriétaire de journal pour renverser un rival politique, en échange d’une couverture plus positive dans ses médias.

« Ce matin, j’ai contacté le procureur général pour lui demander de clore immédiatement l’Affaire 2000 et d’annuler l’acte d’accusation ridicule déposé contre le Premier ministre », a tweeté Zohar. « Notre affirmation selon laquelle l’Affaire 2000 est totalement infondée a été confirmée la nuit dernière par la révélation d’un conflit d’intérêts et d’un haut degré de corruption dans l’enquête (de la part de l’enquêteur Avi Rotenberg). »

Dans une lettre à Mandelblit, Zohar a accusé du fait que « toutes les personnes impliquées dans les enquêtes sur Netanyahu et dans la décision de les ouvrir se sont révélées ici comme ayant eu une conduite inappropriée grave qui soulève de nombreuses questions et de nombreux doutes sur leur intégrité et leur processus de décision dans tout ce qui concerne les enquêtes sur le Premier ministre ».

« Une enquête doit être immédiatement ouverte » sur toutes les personnes impliquées, a-t-il ajouté, y compris l’ancien commissaire de police Roni Alsheich et l’ancien procureur d’État Shai Nitzan (censés être informés des faits établis dans le reportage et avoir continué à les dissimuler).

Le député Miki Zohar mène un débat en vue des prochaines élections, à la Knesset, le 9 septembre 2019. (Yonatan Sindel/FLASH90)

La Douzième chaîne a rapporté lundi que de hauts responsables des forces de l’ordre avaient déposé une plainte auprès du contrôleur de l’Etat ces derniers jours, alléguant que des officiers de police et le procureur de l’Etat s’étaient engagés dans une vaste opération de dissimulation d’un grave conflit d’intérêts concernant l’un des enquêteurs sur Netanyahu et sa femme, Sara, afin de ne pas faire dérailler les enquêtes sur la corruption du Premier ministre.

Netanyahu a qualifié le reportage de « choquant » et de véritable « bombe atomique », qui prouve que les affaires de corruption qui lui sont reprochées relèvent d’un complot. D’autres hauts responsables du Likud ont également demandé une enquête sur les accusations.

Nissenkorn, du parti Kakhol lavan, a déclaré mardi :

« Le système [d’application de la loi] doit constamment se vérifier, enquêter, rectifier et répondre de manière substantielle à toutes les critiques. Et c’est ce qu’il fera. Le reportage d’hier soir sur la Douzième chaîne, basé sur des rapports de 2017, a reçu une réponse détaillée du ministère public, qui parle d’elle-même », a-t-il écrit sur Twitter.

Le député Avi Nissenkorn

« Les théories du complot ridicules selon lesquelles les affaires sont montées de toutes pièces [pour incriminer Netanyahu] sont infondées, et s’ajoutent à d’autres appels incitatifs – pour enquêter sur les juges, les enquêteurs, le procureur général et bien d’autres encore. Tous ces éléments ont un objectif commun : détruire le système judiciaire. Cela n’arrivera pas », a-t-il déclaré. « Le système juridique continuera de fonctionner de manière indépendante et sans crainte, parce que c’est ainsi, et seulement ainsi, que la démocratie sera maintenue ici ».

Selon le reportage télévisé, les responsables affirment que le surintendant Avi Rotenberg, l’enquêteur en chef chargé des allégations selon lesquelles Sara Netanyahu aurait dépensé des fonds publics à son profit personnel, n’aurait pas révélé à ses supérieurs en 2016 qu’il entretenait une relation extra-conjugale avec Judy Nir-Mozes.

Nir-Mozes est la soeur du propriétaire de journal Arnon Mozes, accusé avec le Premier ministre dans l’Affaire 2000. Selon les procureurs, Mozes et Netanyahu auraient négocié un accord par lequel Mozes modérerait les critiques du journal à l’égard de Netanyahu, qui en échange initierait des lois pour affaiblir la circulation du journal rival Israel Hayom. Netanyahu a été accusé de fraude et d’abus de confiance, tandis que Mozes est accusé de corruption.

Judy Nir-Mozes, mondaine, investisseuse et animatrice de talk-show israélienne

Netanyahu a nié les accusations dans les trois cas, qui incluent également une accusation de corruption concernant un autre accord médiatique, alléguant qu’il est victime d’un complot de la presse, des forces de l’ordre et du système judiciaire pour le renverser.

En juin 2019, Sara Netanyahu a été condamnée pour détournement de fonds publics dans le cadre d’un accord de plaidoyer, dans une affaire l’accusant d’avoir eu recours à un traiteur à la résidence du Premier ministre.

Le reportage télévisé a montré des documents internes de la police censés révéler que, confronté à des rumeurs sur sa relation, Rotenberg les a démenties, a déclaré qu’il n’y avait pas de conflit d’intérêts, et a eu accès aux documents de l’Affaire 2000.

Arnon Mozes  (Photo: Yaron Brener))

Selon le reportage, Roni Rittman, qui a dirigé l’unité anti-corruption du Lahav 433, a fini par apprendre la relation de Rotenberg avec Nir-Mozes, mais ne l’a pas signalée au département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice, ou PIID.

Au lieu de cela, Rittman a décidé de traiter la question « avec discrétion », et a suggéré à Rotenberg de changer de poste.

Le PIID – qui enquête sur les allégations de méfaits des policiers – n’a été informé qu’après que la femme de Rotenberg a contacté la police et menacé de rendre l’information publique.

L’unité du ministère de la Justice a été « horrifiée » par l’information et a demandé une enquête, selon la Douzième chaîne.

Les enquêteurs du PIID ont écrit que Rotenberg « était conscient de l’intérêt personnel de Nir-Mozes dans le résultat de l’enquête et la façon dont elle a été traitée, y compris de la relation étroite entre elle et son frère ».

Le procureur Shai Nitzan (Hillel Meir / TPS)

Mais les procureurs ont, par la suite conclu que malgré cette relation, il n’y avait aucune raison d’enquêter sur Rotenberg, puisqu’il n’y avait aucune indication qu’il travaillait au profit de Nir-Mozes au cours de l’enquête, selon le reportage.

Le reportage télévisé affirme que Nitzan a empêché la poursuite de l’enquête du PIID par crainte que l’information ne soit divulguée et ne fournisse à Netanyahu des munitions puissantes dans sa campagne visant à présenter les enquêtes comme un complot contre lui.

Toutes les personnes accusées dans le reportage de la Douzième chaîne ont nié ces allégations.

JForum avec agences

3 Commentaires

  1. Quant tout le monde est au courant de l’acharnement des enquêteurs à l’encontre du couple « Sarah et Bibi », tout le monde est au courant des 300 témoignages dont un grand nombre obtenus par la menace et le chantage… quand en outre nous sommes informés par la chaine 12 de faits gravissimes cachés par la police et la justice :
    « Le reportage télévisé affirme que Nitzan a empêché la poursuite de l’enquête du PIID par crainte que l’information ne fournisse à Netanyahu des munitions puissantes dans sa campagne visant à présenter les enquêtes comme un complot contre lui…. »

    Quand on apprend que ces informations sont connues de longue date et dissimulées par les services de police, par la Justice et par le Procureur Général en personne !!! « ….

    Et là, chacun voit clairement le complot dans la dissimulation !!!

    Les Gôchistes tel celui qui précède tentent de nous faire avaler des couleuvres…
    Leur raison ?
    Ils sont malades de jalousie parce que Bibi, depuis qu’il a pris le pouvoir, conduit Israël « d’un bras étendu et d’une main de fer » et réussit tout ce qu’il touche…
    excepté sans doute le covid-19 encore que… la encore la Gôche accuse Bibi… devant sa propre maison…
    sans doute ils pensent que Bibi… Machiah ???

  2. Le voleur qui crie au voleur ! Miki Zohar, lui-même impliqué dans un conflit d’intérêt -il a animé une séance enregistrée de formation à la vente de pages de pub dans un bulletin hebdomadaire local appartenant « officiellement » à sa femme, alors qu’il est député – monte au créneau pour le compte du boss. « Dis-moi qui tu fréquente, je te dirais qui tu es « .
    L’affaire 2000 n’a strictement rien à avoir avec le vol continu de nourriture et de boissons au détriment des deniers publics, par Mme Netanyahou et pour lequel elle a du passer un accord humiliant avec la justice. Le policier qui a enquêté sur cette affaire n’était pas du tout concerné par le dossier 2000- Yedihoth Aharonoth. Le fait qu’il ait entretenu – ou pas ! – de relations avec la soeur de Nouny Moses ajouté paradoxalement à la charge du clan Netanyahou. Car, en bonne logique, si complot il y a, cette dernière aurait du par intérêt familial jouer en faveur de Voleuse Netanyahou. Or c’est l’inverse qu’on lui impute ! Et de là on essaye d’impliquer son amant présumé dans un dossier qui n’a rien de commun. Au demeurant, tous les dossiers délictueux de dame Bibi sont distincts de ceux de son époux!
    Mais tout est bon de la part du clan délinquant pour salir la police et la justice. Tout est bon pour distraire le public israélien de l’échec abyssal de la gouvernance Netanyahou.
    Les citoyens découvrent grandeur nature qu’à la première véritable épreuve qu’il connait depuis qu’il est 1er ministre, Bibi s’avère nul, incompétent, hésitant et peureux ! Toute sa propagande de surhomme-demi dieu s’effondre d’un coup. Le Bibi fricotin s’avère tel qu’il est : un Bibi fricoteur.

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