La Russie de Poutine: un “colosse aux pieds d’argile”?

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“De Gaulle m’a appris une chose: c’est au moment où les autres vous croient faible qu’il faut crier le plus fort et faire preuve d’intransigeance!” Ce souvenir de Pierre Mauroy est-il devenu la devise de Vladimir Poutine?

 Le président russe, assuré d’obtenir un quatrième et dernier (?) mandat ce 18 mars, a fait toute sa campagne sur des thèmes martiaux et la politique internationale. En revanche, il est resté très discret sur les questions domestiques, à commencer par l’économie.

Et pour cause, son bilan est nettement moins flatteur. Même les enquêtes d’opinion russes montrent que la population n’est pas satisfaite de la situation économique. “L’indicateur est encore très bas”, décrypte Christopher Dembik, chef économiste de Saxo Banque.

 

Index of social moods ahead of the presidential election. “Satisfaction with life” and “Social optimism” are at the highest level since 2015 but the component “Economic situation” is still lagging behind

Voici en trois graphiques la preuve que le bilan de Vladimir Poutine est meilleur à l’international qu’à l’intérieur de ses frontières.

Un PIB qui ne relève pas la tête

Une superpuissance, la Russie? Peut-être d’un point de vue militaire, ou géopolitique, mais pas sur le plan économique. La figure de Vladimir Poutine ferait presque oublier la faiblesse de son PIB, à peine supérieur à celui de l’Espagne.

Il suffit d’additionner ceux des Pays-Bas et de la Suisse, respectivement peuplés de 17 et 8 millions d’habitants, pour dépasser celui généré par 144 millions de Russes.

Certes, le rouble a été très fortement dévalué par rapport à l’euro en 2015 et 2016, mais tout le système financier russe est malade, avec des faillites de banques se sont accumulées ces dernières années. D’après le Figaro166 des 581 banques du pays ont fini 2016 avec des pertes. Cette paralysie est inquiétante pour le financement des investissements des ménages et des entreprises…

Des exportations hyper dépendantes des hydrocarbures

C’est ici que l’échec de Vladimir Poutine est le plus flagrant. Presque 20 ans après son arrivée au pouvoir, l’économie russe est toujours aussi dépendante des exportations d’hydrocarbures. L’industrie russe n’a réussi à s’imposer dans aucun secteur stratégique.

“Ce genre de dépendance aux hydrocarbures se rencontre généralement dans les petits pays. C’est très rare pour un pays aussi grand que la Russie”, estime Christopher Dembik, de Saxo Banque.

Un pays en développement de taille comparable comme le Brésil est aussi très dépendant de ses matières premières (soja, café, maïs, sucre, minerais…), mais il a quand même développé une véritable industrie agroalimentaire, ou un champion de l’aéronautique comme Embraer.

“C’est sur ce point que Poutine m’a le plus déçu, admet Christopher Dembik. Quand il est arrivé au pouvoir pour reprendre en main l’oligarchie des privatisations sauvages, j’ai naïvement espéré. En fait, il a remplacé cette oligarchie par une autre.”

Une crise démographique encore sans réponse

L’avenir économique de la Russie est d’autant plus sombre que son président n’est pas parvenu à enrayer le déclin démographique de son pays. Il y a pourtant urgence. Les projections d’Eurostat, l’organisme de statistique européen, prévoit une baisse rapide de la population, comme le montrent ces projections.

De 2013 à 2050, elle passerait de 143 à 116 millions de personnes, une chute vertigineuse de 18%. Dans le même laps de temps, l’Allemagne passerait de 82 à 74 millions (-9%), et la France de 65 à 74 millions (+13%).

La Russie n’est pas seulement affligée par le vieillissement de sa population. Elle souffre d’un faible taux de natalité croisé avec une mortalité plus élevée qu’en Europe, notamment à cause de l’alcoolisme. Enfin, entre la crise économique et la pression de l’extrême droite, l’afflux d’immigrés ne permet pas de compenser cette tendance.

Or, une population en déclin implique une consommation qui suivra la même pente.

Par Jean-Baptiste Duval

1 COMMENT

  1. La Russie comme la chine se sont libérés du communisme – qui n’a jamais marché- pour devenir deux pays capitalistes après un virage à 180 degrés. La chine s’agrandit, territorialement en grignotant des Îles à droite et à gauche, économiquement lorsqu’elle colonise les pays qu’elle domine, et çà marche a tel point qu’elle dépasse presque partout les USA. En Russie le peuple ne fait plus la queue devant les épiceries et dispose même de grandes surfaces… mais n’arrive toutefois pas sortir son pays de la pauvreté et du marasme économique.

    Pourquoi ? Le “syndrome de la pyramide” dit le financier franco-américain “Charles Gave”.
    Pourtant la chine aussi est dirigée en système pyramidal, mais la Chine a su contrôler ses fonctionnaires. Parce que partout les fonctionnaires non contrôlés s’emparent des richesses du pays qu’ils transforment en capitaux dormant. (c’est pourquoi le communisme ne crée jamais que de la pauvreté – Charles Gave).
    Aussi la Chine a-t-elle donné le champ libre à ses entreprises, les seules qui savent créer des richesses et les faire prospérer.

    Or Poutine ne rêve que d’une chose, reconquérir la Grande Russie, il tranmet à son peuple ses rêves de grandeur… mais çà ne marche pas, sans doute a-t-il fait un grand nettoyage en arrivant, mais il a conservé dans son système l’homme qui bloque tout ! Lui ! Poutine !
    Et son peuple applaudit, alors il pense qu’il est le plus grand, le plus fort… il a oublié qu’il n’a qu’un seul cerveau et que son peuple de 300 millions d’individus n’a qu’un seul dirigeant, Lui.
    Tout le monde a vu Poutine devant la “Douma”, un parlement où personne ne parlemente, aucune mouche ne vole, nul ne conteste, c’est la dictature totale, le totalitarianisme, Poutine a montré la prospérité du pays, il a montré de faux missiles continentaux qui doivent détruire le monde, tout le monde il est content, mais tout le monde faisait fait la gueule pendant près de deux heures de discours… Ils avaient tous l’air malheureux… Seul Poutine paraissait heureux et fier d’être le maître du monde, nul ne doit plus l’ignorer désormais, ses missiles iront au bout du monde, les USA seront à genoux et lui laveront les pieds, comme Assad !
    Enfin Poutine pose la question clé… Il se demande et demande à la Douma pourquoi les Russes ne font plus d’enfants…. Personne ne répond, or la réponse est simple…
    Simple, Mr Président Poutine, c’est toi qui fait tout ! ils te laissent donc à toi, le soin de faire les enfants.
    La Russie a donné sa réponse, elle se laisse mourir…
    Pareil pour la France, colonisée par ses fonctionnaires, mais nous français, nous avons des idées, pour les enfants, nous avons fait venir les islamistes… l’autre façon de mourir nous dit Eric Zemmour…

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