La policière en charge de la vidéosurveillance à Nice n’a pas été en relation avec le cabinet de Bernard Cazeneuve, affirme lundi Europe 1. Dimanche, la fonctionnaire Sandra Bertin a accusé le ministère de l’Intérieur de lui avoir envoyé, le lendemain de l’attaque, un commissaire qui l’a « harcelée pendant une heure ». « On m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran », a-t-elle assuré dans le JDD. Un témoignage qui déstabilise Bernard Cazeneuve, accusé par Christian Estrosi -maire-adjoint LR de Nice- et une enquête de Libération d’avoir menti sur le dispositif réel mis en place par la police nationale le soir de l’attentat.

Or, Europe 1 assure ce lundi que la policière s’est trompée lorsqu’elle affirme avoir parlé à une personne du cabinet du ministre. Le courriel par lequel Sandra Bertin a adressé son rapport, envoyé le 15 juillet à 17h35, est adressé à une commissaire de police qui ne fait pas du tout partie du cabinet de Bernad Cazeneuve, selon la radio. La fonctionnaire de police travaille en réalité pour l’état-major de la direction centrale de la sécurité publique. Toujours selon Europe 1, son rôle consiste à centraliser l’information pour transmettre des notes internes à son directeur central et au directeur général de la police. La commissaire aurait par ailleurs demandé une version modifiable pour pouvoir la copier-coller plus facilement dans la note d’information de la sécurité publique, et non pas pour falsifier quoi que ce soit, se justifie-t-on à la direction de la police. D’ailleurs, cette note interne n’aurait pas de valeur juridique et n’aurait donc aucune incidence sur la procédure judiciaire.

lefigaro.fr

 


Nice : qui est Sandra Bertin, la policière qui accuse Bernard Cazeneuve?

Sur Facebook et Twitter, Sandra Bertin se révèle être une policière très engagée, n’hésitant pas à tacler le gouvernement et à soutenir Christian Estrosi.

Publié le | Le Point.fr

La polémique est devenue une affaire d’État. Un face à face entre le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et la policière municipale de Nice Sandra Bertin. Cette dernière, chargée de la vidéosurveillance de la ville, a affirmé au Journal du dimanche avoir subi « des pressions » de la part du cabinet de l’Intérieur après l’attentat qui a frappé la promenade des Anglais le 14 juillet au soir. Derrière cette affaire semble surtout se jouer un affrontement politique.

À en croire ses comptes Facebook etTwitter – désormais supprimés –, la policière s’engage politiquement. Comme l’a repéréLe Parisien, Sandra Bertin utilise un autre patronyme dans le cadre de ses fonctions à la ville de Nice : Sandra Tardeil. C’est avec ce nom qu’elle soutient le président de région Les RépublicainsChristian Estrosi. Elle n’hésite d’ailleurs pas à tancer la « pseudo-politique socialo » du gouvernement, sans oublier la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem. En février dernier, elle a partagé une publicité de « Monsieur Bibi, grand voyant médium » qu’elle a commentée : « Je crois que j’ai trouvé le bras droit de Najat… MDR » (sic).

Compte Facebook Sandra Bertin © Capture d’écran Twitter

Son nom apparaît également dans la liste des participants à une réunion publique du 6 mars 2015 – lors de l’entre-deux-tours de l’élection départementale – organisée par Lauriano Azinheirinha, adjoint au maire de Nice et vice-président du département des Alpes-Maritimes dirigé par Eric Ciotti.

Guerre de personnes

Dans une interview à France 2, dimanche soir, la policière a maintenu ses accusations en assurant avoir été « littéralement harcelée téléphoniquement : au fur et à mesure que le temps pass[ait], les appels [étaient] de plus en plus rapprochés ». Elle peut, en tout cas, compter sur le soutien de Christian Estrosi, qui a pris sa défense sur Europe 1 lundi, taclant une nouvelle fois Bernard Cazeneuve. « Heureusement que Sandra Bertin a dit ses vérités. Comment peut-on, dans une même journée, mobiliser le procureur de la République, le directeur général de la police nationale et le ministre pour lui répondre ? Quelle fébrilité ! Quel affolement ! » a lancé le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

De son côté, le ministre de l’Intérieur a déposé une plainte pour diffamation. Le pensionnaire de la place Beauvau a reçu le soutien du président François Hollande et aussi de ses collègues ministres. Les ténors socialistes se sont, eux aussi, rangés aux côtés de Benard Cazeneuve. Alors que la guerre de personnes fait rage entre le clan Estrosi, incarné par Sandra Bertin, et le gouvernement, d’autres questions restent en suspens : pourquoi si peu de moyens policiers dans une des villes les plus sécurisées de France ? Pourquoi avoir demandé à la ville de Nice de supprimer les images de vidéosurveillance du 14 juillet au soir ?

lepoint.fr

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