Iran : neuf artistes condamnés à 74 coups de fouet

Neuf artistes iraniens, dont la chanteuse Parastoo Ahmadi, ont été condamnés à recevoir 74 coups de fouet chacun par les tribunaux criminels de la province de Qom. Cette sanction fait suite à une accusation d’atteinte à la décence publique liée à la diffusion en ligne d’un concert, où Ahmadi a chanté sans porter le hijab, ce qui est interdit par la loi iranienne. En plus des coups de fouet, les artistes font face à une interdiction de voyager et à une suspension de toute activité artistique pour une durée de deux ans.

L’affaire remonte à décembre 2025, lorsque la performance du groupe a été diffusée sur YouTube, provoquant l’arrestation des membres du groupe. Ils ont été inculpés sous plusieurs articles du Code pénal islamique, notamment l’article 638, qui sanctionne les actes jugés contraires à la décence publique, et l’article 743 de la loi sur les crimes informatiques, qui interdit la promotion de contenus immoraux via les réseaux numériques. La loi iranienne interdit également aux femmes de chanter devant un public masculin, une règle strictement appliquée et souvent punie par le fouet.

La défense, représentée par l’avocat Mohammad Hadi Jafarpour, conteste la qualification pénale de ces actes, affirmant que le chant féminin n’est pas explicitement criminalisé par la loi iranienne et que les interprétations actuelles sont infondées. Malgré ces contestations, les autorités ont maintenu leur position, soulignant que la vidéo diffusée violait les normes sociales et morales en vigueur. Cette décision a suscité une vive réaction internationale, notamment de la part d’activistes des droits humains, qui dénoncent une nouvelle forme de répression contre les femmes et les artistes en Iran.

Cette condamnation illustre la rigidité des lois sur la moralité en Iran et la répression des expressions artistiques jugées non conformes aux normes religieuses et sociales. Elle soulève également des questions sur la liberté d’expression et les droits des femmes dans le pays. Le cas de Parastoo Ahmadi et de ses collègues met en lumière les limites sévères imposées aux artistes, particulièrement aux femmes, dans un contexte où toute transgression des règles vestimentaires ou comportementales peut entraîner des sanctions corporelles et professionnelles lourdes.

En conclusion, cette affaire souligne la tension persistante entre les aspirations artistiques et les contraintes légales en Iran. Elle illustre aussi la difficulté pour les artistes de naviguer dans un environnement juridique strict, où la liberté d’expression est étroitement contrôlée. Les sanctions infligées à ces neuf artistes rappellent la vigilance des autorités iraniennes à maintenir un ordre moral rigoureux, au détriment souvent des libertés individuelles et artistiques.

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