Session de la Knesset, le 24 juin 2015 à Jérusalem GALI TIBBON (AFP/Archives)
Le projet de loi stipulant qu’Israël est l' »État-nation du peuple juif » a été voté mercredi par le Parlement israélien (Knesset) en première lecture, avec 48 voix pour et 41 contre.

Le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Avi Dichter (Likoud, droite), à l’initiative du projet de loi, a défendu le texte contre ses détracteurs qui ont fait valoir qu’il discriminait la minorité arabe.

« Israël est l’Etat de tous ses citoyens individuels. Ce n’est pas et ne sera pas l’État-nation d’une minorité qui y habite. (…) L’État d’Israël est le foyer national du peuple juif, dans lequel celui-ci réalise ses aspirations à l’autodétermination selon ses traditions culturelles et historiques. Il s’agit d’un droit que ce projet de loi donne au seul peuple juif », a déclaré Dichter, avant d’ajouter en arabe: « Israël est l’État-nation du peuple juif ».

« Il y a soixante-quinze ans, lorsque le meurtre de Juifs a brûlé dans une Holocauste, où les nazis voulaient détruire le peuple juif juste parce qu’ils étaient juifs, notre espoir d’un Etat-nation juif était un commandement pour ceux qui ont survécu et se sont installés en Israël. Cet espoir a poussé les Juifs qui vivaient dans des pays arabes et musulmans à immigrer en masse vers Israël (…) pour ne plus être persécutés à cause de leur judaïsme », a ajouté Dichter.

L’ex-directeur du Shin Beth israélien Avi Dichter
AFP

La loi stipule que Jérusalem est la capitale d’Israël et que l’hébreu est la langue officielle de l’État. Il offre un statut spécial pour la langue arabe, lui retirant toutefois son statut de langue officielle. Le projet de loi doit adopter en deuxième et troisième lectures par le parlement israélien avant de devenir une loi.

Si telle était le cas, cette loi deviendrait une des « lois de base » d’Israël, qui sont semblables aux lois constitutionnelles, ce qui les rend plus difficiles à abroger que les autres lois.

Dichter avait déjà tenté de faire passer ce projet de loi en 2011. Différentes versions du texte ont depuis été proposées par de nombreux députés.

Dichter a estimé que le vote du Parlement était « un grand pas vers la définition de notre identité, Non seulement aux yeux du monde, mais surtout pour nous-mêmes, les Israéliens « .

« Monter les Israéliens les uns contre les autres »

Lors de la présentation de la loi au Parlement, le responsable a mis l’accent sur l’article qui permet à toutes les communautés d’Israël de conserver leurs cultures, leurs patrimoines, leurs langues et leurs identités.

Faisant allusion à un récent tweet publié par la députée de Liste commune arabe Aïda Touma-Sliman, Dichter a suggéré qu’après la formation d’un Etat palestinien, certains députés continueront de se battre pour qu’Israël ne soit pas l’État-nation du peuple juif.

« Je ne sais pas s’il y aura un Etat palestinien, mais je suis certain que l’Etat d’Israël sera défini dans une loi fondamentale comme l’État-nation du peuple juif. C’était ainsi depuis sa fondation (…) et ça continuera de l’être avec cette loi « , a conclu Dichter.

Le président du groupe parlement du parti Yisrael Beitenou (droite nationaliste), Robert Ilatov, qui a coparrainé du projet de loi, a estimé que celui-ci est « la meilleure réponse à toutes ces organisations délirantes qui tentent de réécrire l’histoire et de semer des doutes sur notre droit historique à notre terre et à notre capitale éternelle, Jérusalem ».

Le leader de la Liste commune arabe, Ayman Odeh, a de son côté déclaré qu' »aucune loi d’apartheid, raciste et ultra-nationaliste, ne peut effacer le fait que deux nations vivent ici ».

« Ce gouvernement d’extrême-droite essaie d’allumer l’incendie de la haine nationaliste, mais je crois toujours qu’il y a ici une majorité qui veut vivre en paix, dans l’égalité et en démocratie, et cette majorité doit maintenant se battre avec détermination contre ce gouvernement dangereux « , a ajouté Odeh.

Ayman Odeh
Wikipedia

La députée Michal Rosin, du parti Meretz (gauche) a estimé quant à lui que « ce gouvernement a un désir insatiable de monter les Israéliens les uns contre les autres ».

Ce projet de loi n’a d’autre but, selon, que d' »humilier brutalement la population arabe et de créer une hiérarchie entre les citoyens ».

Lundi, le président israélien Reuven Rivlin a indiqué dans d’une interview à la radio de l’armée qu’Israël ne devrait pas s’éloigner des principes de la Déclaration d’indépendance du pays, faisant allusion au projet de loi de Dichter.

Selon un accord conclu entre Dichter avec le gouvernement, le projet de loi ne pourra pas être soumis en deuxième lecture avant deux mois.

En 2016, les Juifs représentaient 74,8% de la population israélienne, tandis que la population arabe comptait environ 1,771 million d’âles, soit 20,8% de la population du pays.

Source : I24 News

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4 Commentaires
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trender

Est ce un crime si grand que des parlementaires israéliens tente dimprimer dans la loi le caractère juif d’Israël …ca me dépasse…quand les pays arabes mettent leur religion en avanr cela ne choque personnes, quand les pays arabes on spolies, tues, chasses les juifs…cela ne choquait personne…alors ce que je pense des parlementaires qui n’ont pas voté la loi rejoint les commentaires ci dessus…ce sont des traitres…

tor

On en conclut qu’il y a 41 traitres .

mourad

Vrai gerardn , des enfants juifs vivent sous le seuil de pauvreté , tandis que les arabes ne manquent de rien , ça c est Israel .

gerardn

Les membres de la majorite ont certainement autre choses a faire que de travailler et voter une loi déjà existante dans la déclaration d’indépendance. Il devraient si ils ont le temps revoir à la baisse leurs indemnités et avantage pharaonique qui sont une honte par rapport aux 2 millions d’israeliens vivant sous le seuil de pauvreté.