La Démission de Deri rend possible l’accord gazier

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Israël : démission du ministre de l’Économie pour permettre un accord gazier majeur

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé …

Le ministre de l'Economie israélien Arye Deri, le 14 mai 2015 à la Knesset
Le ministre de l’Economie israélien Arye Deri, le 14 mai 2015 à la Knesset – Jim Hollander POOL

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche la démission du ministre de l’Économie Arye Deri, qui permet de lever un obstacle majeur à la conclusion d’un important accord gazier avec un consortium comprenant le groupe américain Noble Energy.

«Le ministre Deri m’a annoncé son intention de démissionner de son poste de ministre de l’Économie, qui va me revenir, et j’ai l’intention de confirmer l’accord», a affirmé M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

Un accord gazier pour l’exploitation de champs gaziers au large des côtes méditerranéennes est bloqué depuis des mois en raison d’objections soulevées par l’autorité de la concurrence, puis par le refus du ministre de l’Économie d’user de ses prérogatives pour passer outre à ces objections.

«Aujourd’hui nous avons franchi un grand pas pour faire avancer la fourniture de gaz à l’État d’Israël. Le gaz constitue le moteur de croissance numéro un d’Israël pour les prochaines années», a dit le Premier ministre.

Cet accord va permettre «d’assurer l’indépendance énergétique d’Israël. Nous ne serons plus dépendants de sources d’énergie d’origine étrangère», a ajouté M. Netanyahu.

Israël est lourdement dépendant des importations en matière énergétique. La découverte de champs gaziers au large de ses côtes en Méditerranée à la fin des années 2000 a suscité l’espoir de parvenir à l’indépendance énergétique pour plusieurs décennies et même d’exporter son énergie.

Noble Energy et l’Israélien Delek Group exploitent ensemble depuis 2013 le gisement offshore de Tamar, à environ 80 kilomètres au large de Haïfa, et sont associés pour développer Leviathan, vaste champ au large de cette ville côtière dont l’exploitation devrait commencer quand les réserves de Tamar commenceront à se tarir.

L’accord conclu entre le gouvernement et le consortium a cependant été remis en cause fin 2014 par l’autorité de la concurrence, inquiète d’une situation monopolistique.

Depuis, le gouvernement de M. Netanyahu pousse de toutes ses forces pour accélérer l’exploitation. Les termes de l’accord ont depuis été renégociés. Mais ils réclamaient l’approbation de l’autorité de la concurrence, à moins que le ministre de l’Économie n’emploie sa prérogative lui permettant de circonvenir le commissaire à la concurrence sur les dossiers dont il estime qu’ils relèvent de la sécurité nationale.

L’ultra-orthodoxe Arye Deri a obstinément refusé de le faire au nom de l’intérêt des consommateurs.

La transmission de son portefeuille à M. Netanyahu permet de contourner l’écueil et de conserver au gouvernement M. Deri et le parti Shass qu’il dirige. En compensation, l’autre portefeuille qu’il détient (celui du Développement de la Galilée et du Néguev) est élargi, a dit M. Netanyahu.

Ce dernier était sous pression. Noble Energy, lassé, a sous-entendu cet été qu’il était prêt à entamer une procédure de litige si l’accord restait bloqué. Les enjeux ont conduit Washington à intervenir pour qu’Israël maintienne ses engagements vis-à-vis de Noble Energy, disent les experts.

La pression s’est encore accentuée fin août avec l’annonce par le géant italien de l’énergie ENI de la découverte du «plus grand» gisement offshore de gaz dans les eaux de l’Égypte, jetant le trouble sur les perspectives internationales du gaz israélien.

Le ministre de l’Énergie Youval Steinitz s’est rendu le mois dernier aux États-Unis pour tenter de rassurer les dirigeants de Noble Energy.

© 2015 AFP

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