«Ils vont provoquer leur perte et devenir leur tombe»: Israël veut noyer les tunnels du Hamas à Gaza

DÉCRYPTAGE – Tsahal compte utiliser l’eau de mer pour détruire le réseau souterrain creusé par le groupe armé. Cette méthode présente toutefois des risques.

Tel-Aviv

L’eau de mer est sur le point de submerger en partie le «métro de Gaza» , le surnom d’un réseau de 500 km de tunnels creusés sous la bande de Gaza par le Hamas. Ce véritable labyrinthe souterrain, piégé de toute part et utilisé pour lancer des attaques surprises, reste le cauchemar de l’armée israélienne. Dans un premier temps, les militaires ont recouru au nec plus ultra de la haute technologie, dont des drones, robots ou capteurs, pour repérer les points d’entrée et de sortie, ainsi que les membres du Hamas qui en émergent.

Quelque 300 tunnels ont été détruits depuis le début de la guerre le 7 octobre. Mais des centaines d’autres restent en activité si bien qu’il ne se passe pas de jours sans que des soldats israéliens soient tués ou blessés par des membres de la branche militaire du Hamas sortant de terre.

Contre cette menace permanente aucune solution idéale n’a été trouvée. Finalement, Tsahal s’est décidé à recourir à une méthode des plus rudimentaire: inonder les tunnels. Plusieurs tests «réussis» ont été réalisés afin de déterminer l’efficacité d’une telle tactique, a indiqué l’armée sans plus de précision. «C’est une bonne idée», s’est contenté d’affirmer la semaine dernière le général Herzi Halevi, le chef d’état-major.

Selon les médias, cinq stations de pompage ont été installées par l’armée sur une plage du camp de réfugiés d’al-Shati, dans le nord de la bande de Gaza. «Les tunnels constituent l’élément central des capacités des terroristes du Hamas, ils représentaient jusqu’à présent un atout pour eux, mais ils vont provoquer leur perte et devenir leur tombe», prévoit un porte-parole militaire.

En recourant à cette option, l’armée israélienne reprend à son compte une méthode expéditive utilisée en 2015 avec succès par l’Égypte, qui a sabordé des centaines de tunnels reliant son territoire au sud de la bande de Gaza. Ce réseau souterrain très actif servait à un trafic de marchandises, d’armes, de munitions, tout en constituant une source de revenus importante pour le Hamas, qui prélevait des «droits de douane». Ils servaient aussi à l’infiltration d’islamistes auteurs d’attaques contre des troupes égyptiennes déployées dans la péninsule du Sinaï.

Un risque pour les otages

Cette méthode présente toutefois des risques. Les 135 Israéliens et étrangers encore détenus par le Hamas depuis la sanglante incursion de commandos islamistes en Israël, le 7 octobre, risquent d’être noyés en même temps que leurs geôliers. Toutes les précautions seront prises pour «déterminer la localisation de nos captifs» avant de passer à l’action, a répondu un porte-parole de Tsahal. Selon des médias israéliens, l’État hébreu a également pris cet engagement auprès des États-Unis, dont plusieurs ressortissants font partie des kidnappés. Mais il ne fait aucun doute que le Hamas continuera à utiliser des otages comme boucliers humains, y compris pour éviter l’inondation de tunnels.

Un tsunami souterrain soulève aussi de graves problèmes humanitaires comme pour l’environnement. L’eau de mer salée risque de s’infiltrer dans les nappes phréatiques alors que les 2,3 millions Palestiniens de cette enclave miséreuse souffraient déjà avant la guerre d’une pénurie permanente d’eau potable. De plus, l’eau salée va toucher les exploitations agricoles palestiniennes et fragiliser les fondations de bâtiments encore intacts après les bombardements aériens massifs israéliens. En d’autres termes, l’effet de ces inondations pourrait se faire sentir bien après la fin de la guerre.

JForum.fr avec www.lefigaro.fr Marc Henry

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Vigdor

Les russes avaient expérimenté lors de la prise d’otages du théâtre de Moscou, le gaz Fentanyl, un puissant anesthésiant. Plus facile que l’eau de mer et moins polluant, écologique.