En Israël, un impressionnant coup de filet chez les pilleurs d’antiquités
ARCHÉOLOGIE – Dans la région de Tel-Aviv, l’Autorité des antiquités a mis la main sur des milliers d’objets anciens. Trois suspects ont également été arrêtés.
Par Simon Cherner Publié il y a 8 heures, mis à jour il y a 2 heures

La valeur estimée de l’ensemble des pièces saisies dépasserait les dix millions de shekels (2,55 millions d’euros environ). YULI SCHWARTZ/Autorité des Antiquités d’Israël.

L’opération ressemble à un film d’aventures. Plusieurs mois d’une enquête de longue haleine, une action synchronisée menée à la pointe du jour par les forces conjuguées de la Police, de l’Autorité des antiquités et de l’administration fiscale israélienne, une poignée d’entrepôts cernés et, enfin, les trouvailles tant espérées : des cratères, des kylix grecs à figures rouges, des fragments statuaires, des ex-voto romains en terre cuite, des poteries peintes, des têtes ouvragées, du lapidaire funéraire, des pierreries incrustées en bijoux, des bustes finement ciselés, de la monnaie ancienne à perte de vue et même jusqu’à une colonne torsadée munie de son chapiteau… C’est peu dire que l’Autorité des antiquités a raflé le gros lot.

Cet important coup de filet minutieusement préparé s’est déroulé ce lundi dans la région de Tel-Aviv, au centre d’Israël, et a livré aux mains des enquêteurs des milliers d’antiquités les plus diverses, provenant non seulement du pourtour du bassin méditerranéen – Grèce, Italie, Afrique, Levant – mais aussi d’Amérique du Sud. La valeur estimée de cet ensemble foisonnant de pièces saisies dépasserait les dix millions de shekels (environ 2,55 millions d’euros).

«Nous avons été étonnés de découvrir dans les entrepôts et les maisons des suspects des milliers d’objets qui mériteraient d’être exposés dans les musées, y compris de nombreuses trouvailles rares datant du premier millénaire av. J.-C. au 11ème s. après J.-C.», a déclaré Amir Ganor, le directeur de l’Unité de prévention des vols au sein de l’Autorité des antiquités israélienne. Il s’agirait de l’une des plus importantes opérations de ce type à ce jour en Israël.

Une partie des objets retrouvés proviendrait d’un contexte funéraire. YULI SCHWARTZ/Autorité des Antiquités d’Israël

La majeure partie de ces antiquités proviendraient du pillage de tombes et de nécropoles. L’Autorité des antiquités d’Israël a annoncé collaborer avec Interpol et d’autres organismes internationaux afin d’identifier les différents sites de provenance du matériel retrouvé.

Le trafic des bien culturels en plein essor
Malgré le coup porté aux trafiquants et l’heureuse découverte de ce trésor, la perte historique qu’elle représente est d’ores et déjà un coup dur pour les spécialistes, l’intégralité du matériel ayant été arraché du contexte archéologique nécessaire à sa compréhension.

Ces dernières années ont vu une explosion spectaculaire du trafic illicite d’antiquités et de biens culturels en tout genre, alimenté par la multiplication des fouilles clandestines, le développement du commerce numérique, l’instabilité de certaines régions (Syrie, Libye, Yémen, Irak) et – en Europe – la résurgence de la précarité liée aux conséquences économiques de la crise du Covid-19.

Compte tenu de sa situation géographique, Israël est aujourd’hui une importante plaque tournante dans le domaine du trafic international de biens culturels et d’antiquités. Ce dernier figurait en 2020 au troisième rang en termes de volume, derrière le trafic de drogue et celui des armes.

https://www.lefigaro.fr/culture/en-israel-un-impressionnant-coup-de-filet-chez-les-pilleurs-d-antiquites-20210107

 

L’Autorité israélienne des antiquités a récupéré des milliers d’objets anciens volés i24NEWS

L’Autorité israélienne des antiquités (IAA) a annoncé lundi la découverte d’un réseau de contrebande soupçonné de trafic illégal d’énormes quantités d’artefacts anciens et rares provenant de plusieurs continents.
L’IAA a déclaré avoir récupéré des milliers d’objets rares dans trois entrepôts de la région de Tel Aviv, dans le cadre d’une opération conjointe avec la police et l’administration fiscale. Plusieurs suspects ont été arrêtés et interrogés.
Les artefacts auraient été volés dans des tombes situées dans le bassin méditerranéen, en Afrique et en Amérique du Sud.
Parmi les objets saisis figuraient des pièces de monnaie anciennes, des pierres précieuses incrustées dans des bijoux, des parties de statues, des poteries et des figures de divinités de l’époque romaine, qui, selon l’IAA, avaient environ 2000 ans.
Le chef de l’unité de prévention des vols d’antiquités de l’IAA a salué l’opération comme « l’une des plus importantes » de son histoire.
« Toute découverte archéologique détachée de son contexte archéologique [c’est-à-dire] entre les mains de voleurs d’antiquités produit un trou noir dans l’histoire et c’est ce que nous nous efforçons d’éviter », a déclaré Amir Ganor.
L’IAA a affirmé qu’elle chercherait à déterminer l’origine des objets et si ils avaient été volés sur des sites en Israël ou dans le bassin méditerranéen, soulignant qu’elle travaillera avec Interpol et d’autres organes internationaux.

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