Iran; Le pari calculé d’Israël

La situation est des plus tendues entre Israël et l’Iran dans la foulée de la frappe israélienne ayant coûté la vie à un haut gradé iranien à Damas. Si les deux camps semblent vouloir éviter une escalade incontrôlable, le risque d’un embrasement régional n’a jamais été aussi élevé.

Pour Tsahal, viser le bâtiment où se trouvait le général Mohammad Reza Zahedi relevait d’un pari calculé : l’Iran, bien que contraint de répliquer après cette perte majeure, chercherait à contenir la riposte. Une analyse partagée par les plus hautes sphères du pouvoir israélien : Téhéran ne voudrait pas d’un conflit ouvert.

Pourtant, les scénarios d’une contre-offensive iranienne par ses propres forces ou par milices interposées – du Hezbollah libanais aux Houthis yéménites en passant par les milices chiites d’Irak – sont autant d’épées de Damoclès au-dessus de la région.

Si l’Iran venait à frapper directement à partir de son territoire, Israël se verrait contraint de riposter de la même manière, au risque d’une guerre totale. Même une offensive du Hezbollah sur les grandes villes israéliennes, comme Haïfa ou Tel Aviv, rendrait presque inévitable un affrontement de grande ampleur.

A l’inverse, des frappes ciblées de moindre intensité sur des bases militaires pourraient permettre aux deux camps de clore le cycle de violences actuel sur une réponse symbolique. Mais là encore, aucun scénario n’est à exclure, y compris des attaques contre des représentations diplomatiques israéliennes à l’étranger.

Face à ces menaces jugées particulièrement crédibles, les Etats-Unis ont réaffirmé avec force leur soutien indéfectible à Israël. « Notre engagement pour la sécurité d’Israël contre ces menaces de l’Iran et ses supplétifs est inébranlable », a martelé Joe Biden, mettant de côté ses récents différends avec Benjamin Netanyahu.

Si ce discours offensif peut sembler un revirement, il s’inscrit en réalité dans la lignée des mises en gardes américaines dès octobre dernier visant à circonscrire le conflit gazaoui. L’objectif demeure d’éviter à tout prix l’embrasement régional.

En Israël, après la panique ayant déferlé la semaine passée avec les rumeurs de guerre, le ton se veut cette fois plus mesuré. Mais dans les faits, l’armée se prépare activement à toute éventualité, simulant des frappes de longue portée.

Car si l’hypothèse d’une destruction pure et simple d’Israël est à écarter, le spectre de lourdes pertes humaines et d’infrastructures n’en demeure pas moins une réalité selon les experts. Une perspective d’autant plus préoccupante que la menace du Hezbollah et de l’Iran à ses portes relève aujourd’hui de l’anormalité la plus totale pour l’État hébreu.

Si les derniers mois ont vu les deux camps œuvrer à contenir les tensions, la spirale actuelle démontre que le risque d’une déflagration massive ne pourra être durablement écarté. La guerre avec le Hezbollah et ses parrains iraniens, bien qu’indésirable à court terme, reste ainsi une perspective des plus concrètes.

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