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Icône de la chanson française, Juliette Gréco est morte

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Concert de Juliette Grecoa la coupole de St Loubes le 6 Octobre 2001 - DAVID Thierry ( la Coupole de St Loubes )

 

© Fournis par Le Point

Icône de la chanson française, Juliette Gréco est morte mercredi à l’âge de 93 ans après plus de 60 années d’une carrière où elle a interprété les plus grands, de Vian à Prévert, en passant par Aznavour et Gainsbourg.

« Juliette Gréco s’est éteinte ce mercredi 23 septembre 2020 entourée des siens dans sa tant aimée maison de Ramatuelle. Sa vie fut hors du commun », a déclaré la famille dans un texte transmis à l’AFP.

« Elle faisait encore rayonner la chanson française à 89 ans », a-t-elle ajouté. Jusqu’à l’AVC (accident vasculaire cérébral) qui l’avait frappée en 2016, année où elle également perdu sa fille unique Laurence-Marie.

Encore tout récemment, celle qui a également triomphé à la télévision dans la série « Belphégor » en 1965, proclamait son amour inconditionnel de la chanson.

« Cela me manque terriblement. Ma raison de vivre, c’est chanter ! Chanter, c’est la totale, il y a le corps, l’instinct, la tête », déclarait-elle ainsi dans un entretien publié en juillet dans l’hebdomadaire Télérama.

« C’est une très grande dame qui s’en va », a réagi auprès de l’AFP Alexandre Baud, producteur de sa dernière tournée.

Née le 7 février 1927 à Montpellier, elle commence sa carrière dans l’après-guerre, dans un Paris libéré où la toute jeune femme séduit alors, par sa beauté et son esprit, les intellectuels et artistes de Saint-Germain-des-Prés.

« Saint-Germain a perdu sa muse. Saint-Germain a existé par Juliette. Saint-Germain est deuil et la pleure. Je suis très triste. Juliette était une interprète plus encore qu’une chanteuse. Elle disait les poètes », a déclaré Line Renaud à l’AFP.

« Transgressive »

Sur scène, Juliette Gréco chante d’abord Raymond Queneau ou Jean-Paul Sartre à qui elle doit ses premiers succès, » Si tu t’imagines… » et « La Rue des Blancs-Manteaux ». Dès 1954, c’est la consécration avec un premier passage à l’Olympia.

Elle élargit au fil du temps son répertoire avec Prévert, Desnos, Vian, Cosma. Ou encore Charles Aznavour qui signe « Je hais les dimanche », Léo Ferré sa « Jolie môme » ou encore Serge Gainsbourg qui lui offre « La Javanaise ».

« Elle était l’élégance et la liberté. Juliette Gréco a rejoint Brel, Ferré, Brassens, Aznavour et tous ceux qu’elle interpréta au Panthéon de la chanson française. Son visage et sa voix continueront à accompagner nos vies. La +muse de Saint-Germain-des-Prés+ est immortelle », a réagi Emmanuel Macron sur Twitter.

Beaucoup plus récemment, celle qui a survécu aux modes chantait aussi Olivia Ruiz et Benjamin Biolay, ou encore Miossec, qui avait écrit sa toute dernière chanson, « Merci », présentée en 2015, année où elle entame sa tournée d’adieux.

« Mon coup de coeur c’est évidemment la chanson +Déshabillez-moi+ », a commenté sur RTL la ministre de la Culture Roselyne Bachelot. « Juliette Gréco fait de tout un chef d’oeuvre, elle a fait de sa vie un chef d’oeuvre et cette chanson transgressive, c’est le symbole de cette casseuse de code, de cette casseuse d’image », a-t-elle ajouté.

Un « Déshabillez-moi » qu’elle chantait encore en fêtant sur scène à Paris, début 2016, ses 89 ans: « Je ne devrais pas le chanter, je sais, je sais mais je vais le faire », disait-elle alors, espiègle, au Théâtre de la Ville, où elle avait créé cette chanson en 1968.

« Juliette était une très grande dame de la chanson française, iconique du Paris de Saint-Germain-des-Près. C’est une merveilleuse et fabuleuse interprète qui nous quitte », a déclaré à l’AFP la chanteuse Mireille Mathieu.

Divorcée du comédien Philippe Lemaire, père de sa fille unique, puis de l’acteur Michel Piccoli, Juliette Gréco avait épousé en 1988 son pianiste et arrangeur Gérard Jouannest, décédé en 2018.

« Juliette, mon coeur est lourd mais il s’allège en pensant à celui de Gérard qui frétille de te retrouver », a commenté la chanteuse Olivia Ruiz sur Instagram avant d’ajouter, « Merci mademoiselle. Pour tout ».

23/09/2020 21:38:31 –          Paris (AFP) –          © 2020 AFP

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6 Commentaires

  1. Une anecdote ( vraie , je l’ai vécue ) :

    On aimait aussi l’accent parisien et rares étaient ceux qui voyageaient ou allaient à Paris .

    La Goulette été 55 :
    Un de nos amis rentre de Paris et ravi de nous raconter ses aventures nous rejoint au  » café Vert  » notre lieu de rencontres .

    Je ne me souviens plus pour quelle raison brusquement il s’accroche avec un de nos amis , et en pleine dispute ( verbale ) il lui sort menaçant :  » ne fais pas le chintoque ou je te couche dans le muguet  » ……..avec l’accent parisien…. en pleine Goulette Casino .

    Nous étions morts de rire , personne n’a pigé ce qu’il voulait dire mais on a compris qu’il voulait frimer et jouer le parisien .

    On a failli l’enfermer dans un asile psychiatrique ( je plaisante ) mais sérieusement il nous a fait vraiment de la peine.

    On l’a raccompagné chez lui pour qu’il se repose et qu’il reprenne ses esprits .

    Le lendemain il est revenu avec son accent tunisien normal et tout le monde l’a pardonné .

  2. Aprés guerre les juifs tunisiens étaient pro américain et suivaient leurs modes .

    Quelques exemples

    Au niveau musical , nous étions au courant de tous les derniers disques de Bill Haley , The Platters , Nat King Cole , Elvis Presley , Brenda Lee , Everly Brothers , Paul Anka et tous les autres .
    Quant aux chanteurs français nous écoutions surtout Bécaud et Aznavour .

    Nous ne rations aucun film américain :
    On adorait les westerns avec Randolph Scott , Alan Ladd , Gary Cooper , Burt lancaster etc…

    Et James Dean avec la  » fureur de vivre  »

    Puis vint le cinémascope avec son premier film :  » La Tunique  » avec Victor Mature , ce film est passé au cinéma  » Le Paris  » ( avenue de Paris )

    Tous les dimanches nous pouvions assister à des  » James Session  » . La jeunesse juive était vraiment à la  » pointe  » de la mode américaine .

    Je me souviens on allait acheter des Jeans  » Lévis  » et des chemises au souk , au surplus américain .

    Nous avions même une plage ( prés du Kram ) qu’on a surnommé  » Bikini  » en souvenir du fameux Atoll avec ses essais atomiques ( à vérifier ) .

    Tout çà pour dire que nous Juifs tunisiens vivions à l’heure américaine .

    Et en parallèle nous faisions partie de mouvements Juifs et sionistes comme l’Ashomer Hatzair , le Dror , le Bné Akiva etc….

    Ça bougeait quand même chez les Juifs et nous n’avions rien à envier au  » Flore  » ou aux  » Deux magots  » .

    Ceci dit nous ne regrettons rien et sommes heureux être venus en France car c’est elle qui nous a libérés….aussi .

  3. Le Flore , les caves de Saint Germain où l’on jouait du jazz et on dansait le Bebop .
    Boris Vian , Françoise Sagan etc….
    Le  » tourbillon de la vie  » .

    Comme à Tunis dans les années 50 … nous avions eu nous aussi notre  » libération  » le 7 mai 1943 .

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